« Des égarements » de Cerise Doucède aux « Contes photographiques » de Malo à la galerie Mondapart

Surprendre, étonner, sans jamais choquer ; c’est le défi que semble s’être fixée la Galerie Mondapart, depuis sa création. Pari réussi, avec son exposition actuelle (du 21 novembre au 10 janvier), consacrée à deux photographes et une céramiste.  Un joli cadeau de Noël !

Œuvre de Malo   - Crédit photo Aline Brun

Œuvre de Malo – Crédit photo Aline Brun

« Les contes photographiques » de Malo :

 Des personnages, assez guindés, dans un château au décor suranné. Oui, mais les hommes ont des têtes de lion. Sont-ils perçus comme des prédateurs en puissance ?  Ou bien ils n’ont pas de corps. On ne voit que leurs vêtements dans la série «  La vie ordinaire de l’homme invisible » Un cadre raffiné, des lumières très élaborées, une pellicule très travaillée, donnent un climat onirique assez fascinant. Etes-vous dans un film de Buñuel, dans une illustration d’un conte de Perrault ?  A vous d’y projeter vos propres références… ou fantasmes.

En réalité, vous êtes littéralement plongé dans une photo de Malo, photographe né en 1972, exposé notamment au Musée de la ville de Remiremont, à la biennale de Nancy…  Il a bénéficié d’une large couverture de presse internationale entre 2012 et 2014. C’est un puissant narrateur qui met son travail, très élaboré, au service d’histoires.  Quelles histoires ? Celles que vous serez probablement amené à y projeter. Je suis prêt à parier que vous y prendrez un plaisir raffiné !

 

« Les égarements » de Cerise Doucède.  :

Cette jeune photographe (1987) a déjà remporté le prix du Royal Monceau pour la jeune photographie en 2011 et le prix HSBC en 2013.

L’univers de ses « égarements » est celui du rêve éveillé. Vous plongez dans des scènes de la vie quotidienne de gens, aux regards dans le vague. Ils rêvassent pendant que leurs

Oeuvre de Cerise Doucède Crédit photo Aline Brun

Oeuvre de Cerise Doucède
Crédit photo Aline Brun

objets usuels volent autour d’eux, dotés d’une vie propre que les personnages ne semblent plus percevoir. Cet univers, à la fois banal et fantastique, est le résultat d’un travail minutieux de l’artiste qui a patiemment et habilement suspendu par des fils ces objets qui volètent autour  de nos personnages présents/ absents.  La marionnettiste ne cherche pas à dissimuler ses fils. Leur reflet argenté participe à la fantasmagorie de ces situations banales et magiques, dans lesquelles chacun d’entre nous peut se projeter.

D’autres photos, j’allais écrire toîles, plus sombres, montrent des personnages statiques devant un fouillis de meubles et d’objets qui pourraient sortir d’une peinture Flamande. « Ces projections de pensée », écrit Cerise Doucède, «  permettent aux personnages de se déconnecter un instant de la monotonie de leur quotidien et de prendre la vie avec plus de légèreté » N’est ce pas une excellente définition des effets que ne manqueront pas de procurer ces deux expositions sur des visiteurs, un peu curieux, acceptant de sortir, un instant, d’un monde trop normal, trop normé ?

Fragilité du grès et pureté des formes des coquilles monolithes et objets du quotidien de Anne- Soline  Barbaux.

Céramique d'Anne-Soline Barbaux Crédit photo Aline Brun

Céramique d’Anne-Soline Barbaux
Crédit photo Aline Brun

Née en 1988, ce sculpteur/ céramiste a été lauréate du concours « jeunes créateurs »  des Ateliers d’art de France. Elle présente ses « objets du quotidien retravaillés, ses coquilles proches de la nature, ses monolithes harmonieusement fendus et ouverts. Elle obtient ces formes subtiles par « la soustraction, la construction, la déformation »  Elle joue sur « l’arête, fragile frontière entre l’intérieur et l’extérieur ».

Dans ses monolithes « les brèches deviennent perspectives, passerelles ou séparations » Ses couleurs sont douces et contrastées par des jeux de lumière.

Oserais-je ajouter que ses prix sont (encore ?) très raisonnables.  Mais ne le lui dites pas !

 

Expositions de Cerise Doucède et  Malo, photographes et  Anne-Soline Barbaux céramiste

Galerie Mondapart  80 rue du Château Boulogne- Billancourt

du 21 novembre 2014 au 10 janvier 2015

 

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