Inspirée de faits réels, Roberto Zucco ne laisse pas indifférente.  Jusqu’au 14 mai, dix-huit comédiens amateurs de la troupe Scène 92 incarnent avec subtilité le texte de la dernière pièce écrite par Bernard-Marie Koltès, dramaturge français le plus traduit dans le monde (en 30 langues).

De Roberto Succo à Roberto Zucco : le glissement littéraire

Ici, le sujet est grave  : il relate l’histoire du tueur en série italien Roberto Succo qui fit la Une des journaux dans les années 80. La pièce n’est pas scrupuleusement biographique, comme l’atteste le glissement si significatif du S au Z à l’initiale. Robert Zucco, 24 ans, est emprisonné pour le meurtre de son père. Il s’échappe et retourne chez sa mère récupérer quelques affaires. Les adieux tournent au meurtre. Sa cavale est une succession de rencontres sanglantes, avec une exception de taille : elle est jeune, perdue, c’est « la gamine » qui n’aura de cesse de retrouver l’homme mortifère auquel elle s’est attachée…

La pièce est surtout l’occasion d’aborder des thèmes de la condition humaine autour du bonheur, des liens familiaux, des illusions, de la liberté, de la mort, et de la justice.

Roberto Zucco

La troupe Scène 92 dans Roberto Zucco

18 comédiens en scène

Un parti pris par Marité Gaudefroy qui a monté sa troupe boulonnaise il y a presque 30 ans  : « Le choix de notre répertoire n’est pas anodin, explique-t-elle. Il reflète notre ambition de présenter des textes forts, poétiques, ne laissant pas le spectateur indifférent. Nous privilégions différentes palettes de textes, légères ou graves.
Nous cherchons à créer diverses atmosphères, à faire découvrir à chaque fois de nouvelles créations au public, à lui faire profiter de notre curiosité et de notre éclectisme de comédiens sachant jouer. »

Pari réussi dans cette pièce audacieuse, à la mise en scène sobre et efficace. Peu à peu, on se laisse happer par l’ambiance dans laquelle oscillent le suspens, l’affection, la haine, la dérision. Les disparus planent au-dessus des têtes, comme une menace.
La folie de Roberto envahit progressivement l’espace. Jusqu’à l’issue, fatale, jouée avec justesse et force par Viktor Perreau.

Le public adhère. A la sortie, les commentaires affluent  : « Étonnant, » « différent, » « ça fait réfléchir, » « original, » « fort, » « à recommander…. » En un mot, à voir.

Petit Carré Bellefeuille
Dimanche 14 mai -15 h
Réservations 06 32 96 94 69 – www.scène 92.fr