Seine ouverte : premier événement de la Seine musicale, par les jeunes, pour les jeunes

Le 18 mars, les jeunes du collectif Insulab envahiront tous les espaces de la Seine musicale pour Seine ouverte, une soirée de musique partagée.

Première soirée in situ pour Insulab

Jeudi 2 mars, dans un salon attenant aux espaces de répétition de la Seine musicale. Une trentaine de jeunes du collectif Insulab ont pénétré pour la première fois dans le bâtiment, nouvelle demeure de l’Insula Orchestra. Devant eux, Thomas Meugnot, responsable de l’action culturelle, récapitule les idées lancées pour la Seine ouverte. A l’extérieur, Blandine Berthelot, responsable des nouveaux publics, va à la rencontre des égarés de la pointe aval. Sur son chemin, elle croise quelques joggers du quartier, qui font des steps le long de l’escalier monumental, indifférents à la bruine.
Laurence Equilbey, qui dirige les dernières répétitions de La Création de Haydn avant la première à Aix, passe une tête – « Y’a des bonbons ? »

Seine ouverte

De la Jam Session au Drakar musical, le brainstorming a fonctionné à plein pour la Seine ouverte !

L’ambiance est détendue, mais le programme est sérieux. Le 18 mars, pour la Seine ouverte, 40 groupes occuperont en avant-première le nouvel équipement musical du département pour une soirée de musique et de partage réservée aux jeunes.
Jam session avec des instruments atypiques, sessions pop et électro, fausse répétition d’un orchestre complet (avec l’aimable participation du conservatoire d’Issy-les-Moulineaux), impros de danse… Les projets s’égrènent, classiques, conceptuels (« Une fausse note, un shot »), audacieux, ou totalement barrés. C’est précisément cela qu’on attend d’Insulab, le grain de folie. Blandine Berthelot précise : « C’est un laboratoire, alors n’ayons pas peur d’essayer, ni même de nous planter. » En passant, elle bat le rappel des fiches techniques que chaque groupe doit élaborer avant le grand jour.

A la découverte de la Seine musicale

Une fois les présentations faites et les mémoires réchauffées, Blandine et Thomas prennent la tête du groupe pour une visite exceptionnelle des lieux. « Restez groupés ! Il y a encore des trous et des portes sans poignée. »

Seine ouverte

Dans le studio de musique, autour d’un piano forte de toute beauté

Ici, une lampe de chantier pend du faux plafond. Là, un seau et une serpillière sont plantés sur un palier. Accessoires d’autant plus dérisoires et vivants qu’ils peuplent seuls des espaces immenses et vides autant qu’immaculés. Des odeurs de peinture, de câbles, et les entêtantes fragrances du bois se succèdent d’un espace à l’autre, conférant à l’ensemble la touche finale d’une visite de chantier.

En réalité l’objectif est double. Tout d’abord, confirmer que les jeunes seront un public privilégié de la Seine musicale, avec ses entrées. Rares sont ceux qui, comme eux, auront découvert le décor conçu par La Fura dels Bauss avant le premier lever de rideau de La Création. Auront caressé le plateau de la grande salle, esquissé un pas de danse dans le gigantesque lobby, ou goûté le confort des fauteuils de l’auditorium. En un mot, eu la chance d’arpenter la Seine musicale comme s’ils étaient chez eux. 

Seine ouverte

Dans l’auditorium, face au décor de La Création

Plus pragmatiquement, la visite permet aux intervenants du 18 mars de visualiser les espaces de la Seine ouverte. 7 zones ont été retenues, à l’exception de la Grande Seine, encore en travaux. Blandine et Thomas détaillent les caractéristiques de chacune, sa destination future et son occupation possible lors de la Seine ouverte. C’est d’un œil exercé que certains jaugent les lieux.

Mais bientôt, la curiosité des jeunes visiteurs fait place à l’exaltation : « Ça c’est vraiment stylé. Ces couleurs, j’les trouve dar ! » s’exclame l’un devant l’enveloppe si singulière de l’auditorium conçu par Shigeru Ban : toute de mosaïque chatoyante, elle évoque la carapace d’un tamamushi. Un fort contraste avec le capiton chaleureux et boisé de l’intérieur. 

Insulab, prescripteur de spectacles

Seine ouverte

Laurence Equilbey et Blandine Berthelot commentent la saison 2017-2018

De retour dans le salon, tout le monde est ravi. C’est l’heure d’un nouveau moment fort : la présentation inédite de la prochaine saison, en présence de Josquin Macarez, le directeur artistique de l’orchestre, et de Laurence Equilbey.

Le détail donne envie de planter sa tente sur l’île Seguin. De quatre « îlots » jusqu’à présent, Insula Orchestra va passer à sept dès la saison prochaine. Sept thématiques privilégiant les rencontres entre œuvres, formations et publics. On est impressionné sans être étonné, tant, depuis sa création en 2012, l’orchestre de Laurence Equilbey a cultivé ce sens du partage. Il ne manquait qu’un lieu d’accueil pour lui donner sa pleine mesure.

Dans cette programmation étourdissante, les jeunes d’Insulab sont priés de sélectionner une demi-dizaine de spectacles susceptibles d’intéresser particulièrement leurs congénères. Ils seront estampillés Insulab.

Le 18 mars, rendez-vous à la Seine ouverte !

La soirée se prolonge, mêlant les jeunes invités et l’équipe de l’orchestre.

Seine ouverte

Josquin Macarez échange avec des membres du collectif

Anne, ingénieure de profession et choriste amateur, est enthousiaste. Habitant à Issy-les-Moulineaux, elle est séduite par le concept de la double salle de spectacle installée dans un tel environnement. On ne la verra malheureusement pas le 18 mars, au contraire de la Boulonnaise Imaan. La jeune musicienne, intronisée au festival BBMIX, est tout bonnement ravie. Enchantée par la visite du lieu, elle a attentivement suivi le reste. A cet égard, elle salue la mixité de l’équipe, comme la place accordée aux femmes dans la programmation de la prochaine saison. 

Dans son approche des œuvres et des artistes comme dans son rapport au public, l’Insula Orchestra s’est toujours distingué par son ouverture. Il démontre que l’on peut jouer de la grande musique sur des instruments d’époque et être abordable. On peut, toujours, rechercher de nouvelles oreilles et vivre de nouvelles expériences musicales. Il n’est donc pas étonnant que les jeunes, pas toujours musiciens, et pas toujours classiques, trouvent si facilement leur place au sein d’Insulab.

Alors pour tout dire, on ne sait pas exactement de quoi sera faite la Seine ouverte du 18 mars. Mais en écoutant les uns et les autres, on n’a qu’une envie, c’est d’en être.
Pour ce faire, deux critères. Tout d’abord, appartenir à la bonne tranche d’âge (17-26 ans). Et ensuite, être invité par un participant ou par un spectateur, dans la limite des places disponibles. 
Jeunes musiciens ou mélomanes, jeunes tout court, ne perdez pas de temps ! Rejoignez vite la page Facebook d’Insula Orchestra !

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