Il y a quelques semaines, la peintre Sophie Sigorel nous quittait. La galerie Mondapart, qui la représente depuis des années, lui rend hommage jusqu’au 18 mars avec l’exposition de ses dernières œuvres, sur le thème de la danse.

Sophie Sigorel ou la peinture du mouvement

Lors de ses précédent passages à la Galerie Mondapart  l’artiste nous livrait sa vision d’un monde contemporain. Dans un environnement flou mais relativement identifiable, toute liberté était laissée au regard pour imaginer la trajectoire des corps emportés dans un mouvement qui ne laisse aucun indice ni sur sa trajectoire, ni sur une probabilité de rencontre entre des personnages qui ne se regardent pas.

sophie sigorel

Never More – Sophie Sigorel – 100×81

Depuis « Le Fil » (2012), œuvre réalisée spontanément en hommage à Pina Bausch, Sophie Sigorel parlait de la danse, de la scène, des corps en mouvement. Cette idée lui avait permis dans un premier temps de s’abstraire de l’espace urbain, puis de mettre l’emphase sur ses personnages. 

Comme une dernière danse

Ses dernières toiles montre le mouvement du corps induit par les activités focalisées sur les arts : la danse, le chant, le théâtre baignant dans de chaudes couleurs se substituant à toute autre forme d’environnement concret. En se concentrant sur l’humain l’artiste est parvenue à son essentiel.

A l’entrée de l’exposition, quelques dessins au fusain célèbrent le mouvement qui déplace toute ligne… une force de vie anime encore ses danseuses toutes vêtues de noir. Ce sont les toutes dernières œuvres de Sophie Sigorel.

Sophie Sigorel

Les derniers dessins de Sophie Sigorel

Une protestation de vie

Cette série exposée à la galerie Mondapart plonge dans une profonde émotion. Parce que Sophie Sigorel y témoigne de l’être de l’artiste, pour qui la création est véritablement expression.

Sophie Sigorel

Comme un derviche –
Sophie Sigorel

Quel message nous livre-t-elle ? Chacun le comprendra à sa façon. Pour nous il est multiple. D’abord, la peinture est une forme de vie, un défi à tous les affres. C’est pourquoi sans doute elle a peint jusqu’aux derniers jours, protestant par la vivacité de ses toiles. Ensuite, l’art est une émanation de soi-même. Ces toiles de Sophie Sigorel conservent les stylèmes caractéristiques de son oeuvre, les alliances chromatiques audacieuses, outrées même parfois, la rencontre du mouvement et de la lumière, la scénographie des figures. Mais sur ce fond commun, quelques signes témoignent de la femme à l’oeuvre et de ses tourments, à l’instar de ces trois corbeaux qui viennent peser, surajoutés, sur Never More.

Sophie Sigorel avait pour habitude de titrer et signer ses tableaux d’un même geste. Plusieurs des toiles présentées sont vides encore de cette marque définitive. Entre toutes, Isabelle Lefort a retenu un petit format pastel, très flou, vaporeux, comme une ébauche, où se devinent les vagues contours de silhouettes à venir. A l’image de son sujet de prédilection, l’oeuvre de Sophie Sigorel est ainsi célébrée, dans Let’s Dance, en mouvement. Le mouvement fût-il à jamais suspendu.

 

Galerie Mondapart

80 rue  du Château  Boulogne- Billancourt

Exposition jusqu’au 18 mars 2017

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h et sur rendez-vous tous les jours