Mercredi 9 avril, les 91 élus des 9 villes de GPSO étaient convoqués pour le premier conseil communautaire du mandat. Retour.

Il est revenu à André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux et doyen d’âge de l’assemblée, de présider à l’élection du président de GPSO. Mais, contre toute attente, il a débuté par un discours de politique générale, dressant le bilan de 10 années d’intercommunalité avant de tracer les perspectives du nouveau mandat.

Les élus font la queue pour le trombinoscope

Les élus font la queue pour le trombinoscope

Les objectifs de la communauté d’agglomération se distribuent selon 5 axes ; le travail, la mobilité durable, le cadre de vie, la maîtrise budgétaire, et le développement de la vie culturelle et sportive. Les quelque 20 000 entreprises, 160 000 emplois privés et 2,7 millions de mètres carrés de bureaux sont à la fois un effet et un facteur de cette réussite. Autre effet : la future implantation sur le territoire de 3 gares du Grand Paris Express, qui doit beaucoup à Santini lui-même, par ailleurs président du Conseil de surveillance de la Société du Grand Paris.

Le contrat de développement territorial signé cet automne conjugue, d’après Monsieur Santini, ces différents objectifs, tout en ouvrant à GPSO de nouvelles perspectives : la communauté doit devenir le pôle d’innovation numérique du Grand Paris.

Ce succès est reconnu par les électeurs, qui ont massivement reconduit les maires sortants lors des municipales, souvent même dès le premier tour. Cependant, André Santini a recommandé à tous la vigilance, contre les envieux et les risques de « spoliation » auxquels s’expose une telle prospérité. En ligne de mire, le projet de Métropole du Grand Paris, « une belle intention qui porte en germe, dans son fonctionnement, la négation de tout ce qui a été fait dans notre agglomération depuis 10 ans » a jugé Monsieur Santini. Pour l’ancien ministre, le projet, voulu par Nicolas Sarkozy, est mal mené par l’actuel gouvernement, qui « souhaite aller trop vite et ne respecte pas le rythme des élus. » Au rythme s’ajoute la hantise des riches collectivités, également exprimée par Patrick Devedjian au Conseil Général : faire les frais d’une péréquation excessive. André Santini a donc appelé les élus de GPSO à s’impliquer dans le Conseil de préfiguration de la métropole, afin de « faire évoluer le projet » et de « s’attacher au conseil de territoire. »

89 élus étaient présents lors de ce premier conseil

89 élus étaient présents lors de ce premier conseil

Ces grandes lignes passées, on est passé au vote proprement dit, André Santini émaillant le scrutin de saillies sur les Corses, les polytechniciens et le mariage pour tous. Sans surprise, Pierre-Christophe Baguet, candidat unique, a réuni la totalité des voix de la majorité, ainsi que deux voix supplémentaires, soit 80 sur les 89 suffrages exprimés.

Reprenant le siège du président, le maire de Boulogne-Billancourt a alors complété les propos tenus par son confrère isséen. Il a rappelé les grands chantiers de GPSO : la trame verte et bleue, le programme local de l’habitat, le contrat de développement territorial, ainsi que « les actions quotidiennes et de proximité » : la propreté, l’éclairage public, les 195 agents en charge des 108 hectares d’espaces verts, les 18 millions d’euros consacrés aux 250km de voirie, le plan de 7 ans et 42 millions d’euros pour l’assainissement… Il a insisté sur le fait que GPSO permettait de réaliser des économies d’échelle (pour le secteur de la voirie et de l’assainissement, notamment), et sur la réduction du personnel permanent : de 1170 en 2010 à 1050 aujourd’hui. Mais il n’a pas, en revanche, précisé la portée de la sous-traitance, contrats de prestation de services externes qui, d’après les contribuables de GPSO, ont beaucoup augmenté.

Lui aussi redoute les retombées de la péréquation, qui devrait augmenter considérablement dès 2016. Il est enfin revenu sur le projet de Métropole, vilipendant « l’instrument jacobin qui nous a été imposé » avant de citer… Othello.

Les 8 vice-présidents de GPSO ont ensuite été élus. Isabelle Weill, élue de Boulogne-Billancourt, s’est portée candidate contre André Santini, mais sans succès. Les vice-présidents sont donc les maires des 8 autres communes, ayant chacun obtenu entre 78 et 81 voix. Le groupe d’opposition PS compte 7 élus, et on ne sait pas encore comment vont s’organiser les élus d’opposition de droite de Boulogne, Vélizy et Sèvres.