11 novembre 2009, premier jour de sortie du film 2012 de Roland Emmerich.
Ma compagne Sarah avait décidé de me « trainer » au cinéma voir ce fameux film dont tout le monde parle depuis 2 semaines. Ma sœur et sa meilleure amie nous accompagnent. Je suis cinéphile, détenteur du Pass illimité et pourtant, 2012 ne m’inspire pas.
Arrivée 20h30, la séance est à 21h il y a déjà une queue digne de celle de Space Mountain à Eurodisney. Oh joie ! Autant dire que mon humeur, déjà peu engageante à l’idée de passer 2h40 dans une salle de cinéma pour voir un film « catastrophe », s’est un poil dégradée.
Cerise sur le gâteau, une petite dizaine de « loulous » de 16 ans commence à se faire remarquer dans la file d’attente scandant haut et fort « Y’a des racailles au cinéma ! ».
Petit aparté, histoire de vous remettre dans le contexte : J’ai 26 ans, jeune donc, mais s’il y a bien une chose que je supporte peu, surtout quand mon humeur est déjà « très engageante », c’est une minorité se faisant remarquer (ça doit être de famille !).  Mes trois comparses me sentant bouillir, me font signe de rester sage et de ne rien dire ; après tout ils seront certainement calmes pendant le film. Je m’exécute. Nous allons enfin nous installer dans la salle. Je prends place, dépose mes affaires et  alors que je commence à me faire une raison sur les 2h40 à venir, une clameur se fait entendre : «  Oooh  y’a des racailles dans la salle ! ». Argh ! 2 rangs derrière nous, notre groupe d’intéressants alignés chahute gaiement ! Les bandes annonces n’ont pas encore commencé !

Bande annonce, quelques commentaires épiques, mais bon après tout ce ne sont que les pubs.

Le film commence, «  Ah le film commence ! », ils commencent à m’agacer.
Après quelques regards assassins, sans succès,  Je lance un « Oh ! Chut ! » suivi directement d’un « qu’est ce qu’il y a oh ! ». Je ne relève pas, me disant comme tous dans la salle, qu’ils vont finir par se calmer. Mais non ! Les commentaires, les « vive l’Algérie ! » Les « eh Machin t’as vu c’est ton père ! » et autres lectures de sous-titres ont bien duré 30-45 minutes, ponctués de quelques lancers de pop-corn (c’est tellement plus drôle).

Je fulmine comme toute la salle et soudain, ma compagne excédée,  dans un élan de fureur, lance un sonore « pauvres types ! ». Evidemment amusés, ils ont relancé. Quelle erreur !  Dans un élan collectif, ma sœur, son amie, ma compagne et moi-même nous nous levons pour incendier les irrespectueux  et là… toute la salle suit ! Je lance un poignant « quand on veut faire des commentaires entre copains on attend la sortie du Dvd et on le regarde chez soi ! » mes trois voisines incendient à tour de rôle les fautifs les sommant de dégager, et toute la salle s’y met ! 3 à 5 minutes se passent avant qu’ils ne soient virés par la sécurité de la salle 3 du Pathé Boulonnais.

 

Flavie Solignac pour l'e-bb

Flavie Solignac pour l'e-bb

 

Oh, ils ont bien tenté de se défendre en employant des stratégies différentes. Les uns tentent de lancer une bagarre contre quelques spectateurs, vite calmés par la foule en colère prête à en découdre ; les autres subitement sages se tassent au creux de leur siège. Enfin, tous sont  mis à la porte sous les

 applaudissements d’un public soulagé !
Nous avons loupé quelques minutes du film, peu cruciales je vous rassure, mais les 2 heures restantes furent agréables et sans dérangement. A la fin de la séance, applaudissements de nouveau, le film est bon et la salle se congratule de nouveau (enfin, je me plais à le croire)

Finalement, je ne suis pas déçu.

Premièrement, parce que 2012, malgré mes réticences est un film à voir. Les 2h40 en ont paru 1h.
Certes, il est serti de quelques « bonnes paroles » à l’américaine, avec ses héros et ses quelques méchants. Mais il est poignant et ne ménage pas son auditoire. Les effets spéciaux coupent le souffle, et presque rien ne prête à rire, voire sourire. Science fiction ou anticipation, en tous les cas cette fin du monde là nous a paru presque réelle et fait prendre conscience de la fragilité du monde et de l’humanité. Alors, si jamais comme moi au début, vous n’êtes pas tenté par 2012, laissez vous faire tout de même vous ne le regretterez pas.

Deuxièmement, la réaction collective nous a fait un bien fou. Non pas parce qu’il y a eu cet effet « défoulatoire » (quoique…) mais il nous a également prouvé que nous sommes encore capables de ne pas laisser faire. Certains, critiques, diront que c’est normal, et pourtant combien d’entre nous (moi compris) ont souvent laissé faire, de peur de ?
La petite bande attendait à la sortie (étonnant, non ?), a tenté quelques intimidations sans succès… Avaient-ils compris ? Peut-être, peut-être pas…

Mais un grand Bravo pour ce mouvement collectif,  il en faut d’autres !

Boulognement vôtre.

 

Merci à Flavie Solignac pour l’illustration, son blog de dessin est  ici

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