En avoir ou pas ? L’argent poserait réellement des problèmes à ceux qui disposent du nécessaire pour vivre, mais redoutent de perdre ce superflu qui constitue leur art de vivre. La famille, recomposée, l’argent volatile, l’héritage menacé sont les thèmes dominants de la pièce de Nathalie Fillon « A l’Ouest », jouée au TOP, après avoir été montée au Théâtre des Célestins à Lyon.

A l'ouest, nouveau point cardinal des familles modernes

Le frère et la sœur, d’une vingtaine d’années, viennent se plaindre, auprès de leur grand-mère, des prodigalités de leur père, probablement sous influence d’un anti dépresseur particulièrement efficace. Ont-ils des souvenirs d’enfance qui les attachent à cette maison de la Baule ; menacée de vente ? Non, ils ont seulement peur de voir l’héritage familial ainsi dilapidé. Ils ne sont pas cyniques. Ce sont seulement des enfants de ce siècle très matérialiste qui décortiqueront avec effarement les comptes de la famille, victime collatérale la crise financière de 2008.

Ce ne sont pas des réactionnaires. Le père dépressif vit avec une compagne qui a l’âge de sa fille et accueille chez lui le fils de sa deuxième épouse et sa compagne. La jeune fille trouve l’attention compréhensive de sa grand-mère, quand elle lui annonce son homosexualité.

Cette question, essentielle, à leurs yeux, de la transmission est vécue dans une joyeuse cacophonie, autour d’un grand père atteint d’Alzheimer, mais qui suscite les scènes les plus touchantes, d’une grand-mère réaliste, véritable pilier d’une famille qui a perdu tous ses repères, d’un père qui ne maîtrise plus rien, de mères parties chercher leur vérité en Orient ou en Afrique, sans négliger les subsides qu’elles peuvent obtenir de leurs bases familiales.

Fallait-il cette accumulation de thèmes et sous thèmes qui rendent la pièce inutilement bavarde, sans échapper à certains clichés ?

On se laisse cependant entraîner par l’humour, l’autodérision, l’enthousiasme d’une équipe d’acteurs qui parvient à nous faire croire en une certaine vérité de leurs personnages, un peu trop à la mode.

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Gilbert Veyret

Gilbert Veyret

Il pensait ne rester que peu de temps à Boulogne-Billancourt. Cela fait plus de 40 ans que ça dure. 5 de ses petits enfants y vivent. Il commence donc vraiment à se sentir Boulonnais et à en connaître les contours ! Mais il aime aussi en sortir (Bordeaux, en arrière plan)