Maïda Chandèze-Avakian est à la recherche des souvenirs du jardin d’Albert Kahn depuis avril 2014. Elle va continuer la collecte des photos et des témoignages jusqu’à la fin septembre, et nous découvrirons le fruit de son travail dans le JAK au cours de l’année 2015. Pourquoi ces recherches, et quel est son projet ?

Lors d’une fin d’après-midi de semaine, dans un coin du jardin français où il n’y a plus beaucoup de monde, après un entretien avec l’ancienne boulangère du quartier, la jeune femme nous accorde un petit interview sur le projet « Souvenirs du jardin » mené par le Musée Albert-Kahn.

Depuis avril, Maïda Chandèze-Avakian est chargée des collectes des souvenirs des habitants du quartier, des visiteurs, des amateurs des jardins, des jardiniers et des personnes qui travaillent à JAK. Elle les écoute en se promenant, les prend en photo dans un coin des jardins, et reçoit des photos personnelles ou des cartes postales qui montrent ce lieu aux époques différentes. Elle souhaite reconstituer, à la veille du réaménagement du musée et de ses alentours, la vie quotidienne de ce lieu qui était déjà ouvert au public en 1936 avant la mort du créateur, et qui a subi plusieurs transformations importantes depuis.

Maïda Chandèze-Avakian

Maïda Chandèze-Avakian

C’est la transmission de la mémoire collective de ce lieu qui porte un grand dilemme en lui-même : des jardins privés destinés à la promenade solitaire et à la réception des invités du banquier philanthrope, des jardins donc fortement liés à ses souvenirs intimes, transformés en espace public, qui attirent de plus en plus de monde par leurs charmes, et acquièrent aujourd’hui une renommée internationale (si vous restez assis sur un banc le dimanche après-midi, vous vous amuserez d’entendre les visiteurs parlent de langues si variées). Aujourd’hui, les visiteurs doivent ouvrir leurs sacs avant de passer à la caisse, et ils ne peuvent pas pique-niquer, ni entrer avec la poussette le week-end. Or la chercheuse des souvenirs, montrant les photos et les témoignages qu’elle a déjà recueillis, présente le JAK d’antan qui est totalement différent. Le statut du jardin a évolué au fil des années : jardin de ville privé à son origine, il est devenu un square de quartier puis un jardin-musée et les usages varient en regard de ces transformations végétales et architecturales.

Plus que les images du jardin, elle cherche à mettre en valeur la relation tissée entre le lieu et les gens, ou l’image du jardin vivant grâce à la présence des visiteurs. Elle donne donc la priorité à la parole des gens qui divulguent des récits personnels du jardin, et collecte surtout les photos qui montrent des visiteurs, ce qui semble aller très bien avec l’esprit du fondateur des Archives de la planète qui préférait les photos des gens aux photos artistiques des lieux célèbres.

L’appel à collecte des souvenirs est affiché sur le site du musée, et des prospectus sont distribués aux visiteurs. Mais ce qui pourrait enrichir encore plus ses archives serait des témoignages des gens qui ne s’y rendent plus mais qui le fréquentaient autrefois. Si vous êtes un ancien promeneur du jardin ou si vous connaissez quelqu’un qui puisse fournir ses récits sur le jardin d’antan, n’hésitez pas à contacter cette collectrice sympathique des souvenirs par mail : souvenirdujardin@gmail.com dans les prochains jours.

« Des bouquets des images collectées ainsi que des extraits de témoignages seront exposés dans les jardins, » et nous aurons le plaisir de découvrir des souvenirs florissant au long de la promenade en 2015, pendant les travaux du musée. En effet, pendant les travaux, le musée ne ferme pas, et l’exposition et les jardins restent ouverts. Si vous voulez imaginer son travail, visitez son site pour voir ce qu’elle a réalisé pour la ville de Coulommiers.