Hébergée comme d’autres associations au 82 rue du Point du Jour, sur le terrain de la CAT, l’association des anciens travailleurs de Renault (ATRIS) doit quitter les lieux, sans solution de repli.

Un hébergement compromis à court terme

En 2012, la municipalité a détaillé le projet d’aménagement qu’elle avait pour le terrain dit « de la CAT, » rue du Point du Jour. Il était évident qu’à plus ou moins court terme, les associations qui y étaient hébergées auraient à être relogées ailleurs, ce que la Ville leur avait signifié.
Cette nécessité est devenue urgence au cours de l’été 2015, alors que le chantier était sur le point de débuter. Si la plupart des associations ont trouvé un nouveau local plus ou moins idoine pour poursuivre leurs activités, ce n’est pas le cas de l’ATRIS, l’association des anciens travailleurs de Renault.

Areski Amazouz, président de l'ATRIS

Areski Amazouz, président de l’ATRIS

Pas de solution de relogement pour l’instant

« En 2014, un représentant de la Ville nous a proposé un local d’environ 20m² rue de la Belle-Feuille, et un box de quelques mètres carrés pour nos archives place Jules Guesde, sans engagement écrit » explique Arezki Amazouz, président de l’association. Ce qui est écrit en revanche, c’est la démarche de Marie-Laure Godin, adjointe en charge de la vie associative, auprès de l’entreprise Renault. Las ! « Face à une première réponse défavorable, je vous invite à relancer l’entreprise directement » conclut l’adjointe au maire dans un courrier daté du 28 juillet dernier, enjoignant à l’association de quitter les locaux au 31 juillet.

Les membres d’ATRIS ont frappé à diverses portes : ils ont effectivement écrit à Renault, dont ils attendent une réponse, et ont aussi sollicité le député Thierry Solère, dès le mois de février. Ils continuent pour l’instant de jouer la montre, mais un nouveau courrier leur a rappelé de quitter les lieux mi-octobre. Et depuis, le chauffage a sans surprise été coupé.

Un fragment de l'exposition "Mémoires vives" réalisée autour de la place Jules Guesde en 2014

Un fragment de l’exposition « Mémoires vives » réalisée autour de la place Jules Guesde en 2014

Des années d’archives régulièrement exploitées

« Nous avons beaucoup d’archives, que nous mettons à la disposition des artistes et des chercheurs qui viennent nous voir. Nous conservons d’ailleurs toutes leurs thèses, ainsi que notre matériel pour l’exposition itinérante Mémoires vives, dont des modèles réduits de voitures. Nous détenons aussi des documents, des livres, les portraits réalisés par Gérald Bloncourt, qui a également immortalisé l’usine, et les photos d’Hélène Beccaria, qui ont fait l’objet d’une exposition dans le quartier l’an dernier » énumère Monsieur Amazouz. A ceci s’ajoute le matériel ordinaire, armoires, chaises et ordinateur, pour le fonctionnement de l’association au quotidien. Il estime qu’il faudrait environ 40m² pour tout contenir.

Le président se désespère : « Plusieurs associations ont obtenu d’être relogées dans d’autres locaux de Boulogne, en général avec moins de surfaces et de possibilités, mais elles l’ont été. Mais l’ATRIS non ! »
Si cette association historique ne trouvait pas de solution de relogement, ce serait un nouveau coup de canif à la mémoire ouvrière de Boulogne-Billancourt.