Après 25 ans de bons et loyaux services aux bricoleurs du dimanche, BRICORAMA, victime d’une procédure engagée par un syndicat minoritaire, est contraint, depuis le 4 novembre dernier, de fermer le jour sacré où l’on s’occupe de son chez-soi et de son jardin. Une procédure qui frappe de plein fouet le magasin boulonnais.

Après 6 mois de fermeture, un triste bilan

1. Une baisse des salaires : La plupart des salariés qui travaillaient certains dimanches par mois selon leur choix (dans la limite de 27 par an), ont perdu plus de 10 % de leur salaire, car le dimanche était payé double. Ils ont dû réorganiser leur vie de famille car le dimanche travaillé ajoutait un jour de congé supplémentaire en semaine, (par exemple le mercredi). Enfin, pour certains qui avaient des emprunts en cours de remboursement, ça confine au drame.

2. Des suppressions d’emplois : Ouvert 7 jours/7, le BRICORAMA de Boulogne-Billancourt avait besoin de 72 salariés. Maintenant, 62 suffisent. Les emplois en CDD n’ont pas été renouvelés. 15 % du personnel va pointer au chômage.

3. Une baisse du chiffre d’affaires : Le magasin a perdu 21 % de son chiffre d’affaire, et les 88 000 clients du dimanche ne reviennent pas en semaine. C’est facile de les identifier car ils avaient souvent une carte de fidélité… Ces clients, orphelins de leur visite dominicale au magasin, sont-ils perdus pour tout le monde ? Certains d’entre eux (dans Boulogne, parmi les amis ou simplement les passants, on trouve beaucoup d’anciens clients du dimanche), disent renoncer à leur activité, ou avouent aller à Rueil, ou sur la route de Dreux, pour le bricolage (30 Km Bonjour le CO2 !), ou à Parly 2 pour le jardin.

Donc, la fermeture du dimanche a réussi à enlever du pouvoir d’achat aux salariés de BRICORAMA, à priver d’emploi 15 % d’entre eux, à mettre les magasins BRICORAMA en difficulté dans cette période de crise, et, cerise sur le gâteau de gâchis, à priver des centaines de clients de leur enseigne. BINGO ! ! ! !

Direction et salariés surpris par l’action d’un syndicat minoritaire

Cet état de fait est d’autant plus amer que seuls 4 pour 1000 des salariés de BRICORAMA sont syndiqués chez Force Ouvrière (FO), l’auteur du dépôt de plainte. Avant d’attaquer l’entreprise, en janvier 2012, ce syndiquat n’a pas consulté les salariés qui travaillaient le dimanche sur la base du volontariat.

Les salariés du Bricorama de Boulogne ont multiplié les actions pour protester contre la décision du tribunal.

Les salariés du Bricorama de Boulogne ont multiplié les actions pour protester contre la décision du tribunal.

D’après le directeur du magasin de Boulogne, Monsieur Degot, dont les propos sont confirmés par les salariés eux-mêmes, le problème consistait à arbitrer entre tous les volontaires plutôt qu’à en trouver suffisamment.
Les autres syndicats étaient favorables au travail du dimanche. Après la décision du tribunal de Cergy Pontoise, les salariés des 31 magasins BRICORAMA d’Ile de France sont allés manifester devant le siège du syndicat. Baroud d’honneur !
FO ne s’en est pas tenu là et a demandé une amende de 37 millions €…, au motif que certains magasins auraient maintenu leur ouverture durant la période d’appel. Le syndicat est débouté pour l’instant, mais il fait appel… Une épée de Damoclès qui pourrait mener à la fermeture de plusieurs magasins.

Mobilisation locale

Maintenant, c’est aux clients de manifester : plus de 30 000 signatures paraphent la pétition boulonnaise pour la réouverture des dimanches. Parmi eux, 80 % de Boulonnais et quelques Isséens, Parisiens… La pétition est systématiquement présentée en caisse par les salariés. Jean Claude Bourrelier, président de BRICORAMA a écrit au président de la République, au premier ministre, aux ministres, aux parlementaires. Il a même offert une boite à outils à chacun d’entre eux… Symbole, sans doute du dernier discours du président qui a dit « Les outils sont là ».
Les associations de commerçants de Boulogne ont apporté leur soutien au magasin, les maires et politiques de tous bords s’efforcent de convaincre le préfet d’accorder à ce magasin le statut d’un PUCE.
En effet, les ouvertures le dimanche sont autorisées par dérogation dans les zones touristiques, et dans 33 PUCE (Périmètres d’Usage de Consommation Exceptionnel, qui définissent notamment les centres commerciaux). Le BRICORAMA de Boulogne-Billancourt, contrairement à ses principaux gros concurrents, n’a bénéficié d’aucun de ces PUCE.
Les ouvertures dominicales sont aussi autorisées pour les magasins d’ameublement et les jardineries. Il y a beaucoup de références dans ces domaines parmi les 37 000 produits présentés dans notre magasin BRICORAMA. Mais le bricolage est notoirement exclu ! Où est la logique ?

Loin de se laisser abattre, le magasin propose désormais des nocturnes.

Loin de se laisser abattre, le magasin propose désormais des nocturnes.

Face à l’adversité, un magasin réactif

Que faire pour récupérer la clientèle perdue ? Sébastien Degot joue de toutes les possibilités.

BRICORAMA a ouvert déjà exceptionnellement 2 dimanches, en janvier et en avril, et il ouvrira 3 dimanches en décembre (les 8, 15 et 22). BRICORAMA est le premier marchand de sapins de Noël… Mais n’oubliez pas qu’un beau ruban autour d’une perceuse la transforme en cadeau glamour !
En plus, BRICORAMA propose maintenant des nocturnes. La prochaine est le 30 avril pour y faire le plein de matériel et de plantes pour occuper les longs week-ends qui s’annoncent !
Des promotions, une nouvelle carte 10/10 sera en vente, pour 10 € à partir du 8 mai. Elle donnera droit à 10 % de remise sur tous les achats effectués avant le 15 août. Et aussi la possibilité d’échanger un achat pendant 30 jours avec le ticket de caisse, et aussi des paiements en 4 fois sans frais…

Bref l’imagination et le bon accueil sont à la tâche.
Mais les gens aiment les choses simples. Tous les dimanches. C’est simple. 5 dimanches par an, c’est compliqué. Une nocturne de temps en temps… Faut pas que ça tombe un jour de match de foot à la télé, ni en concurrence avec un bon film… Et puis ça ne marche que l’été, quand les jours sont longs. Je ne me vois pas acheter une plante la nuit. Tiens, pourquoi pas ?

 

Moi, je ne vais pas ménager mes efforts pour montrer aux parlementaires élus dans notre département, qu’il y a une piste pour le maintien de l’emploi en libérant les ouvertures le dimanche aux magasins de Bricolage. Vous pouvez leur écrire comme moi au Sénat et à l’Assemblée Nationale. Depuis le mois de novembre, sous l’action des élus et des magasins, 5 Bricorama d’Ile de France ont obtenu le statut de PUCE. A quand le nôtre ?

P-S (24 mai) : vous pouvez envoyer un mail de soutien au magasin de Boulogne-Billancourt : boulogne@bricorama.fr

 

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