La galerie Mondapart se prête au jeu de la confrontation de propositions artistiques qui entrent en résonance. Aujourd’hui, il s’agit de construction, au sens du bâti bien réel tel qu’il figure représenté dans la peinture d’Amélie Le Grelle ou suggéré et recréé dans les sculptures de verre de Pauline Bétin. Les images étonnamment construites d’architectures structurées en pleine lumière jusqu’à en devenir abstraites de l’une se confrontent aux constructions minimalistes en pâte de verre de la seconde, petits joyaux d’intimité irradiant d’une lumière intérieure.

 

Amélie Le Grelle, le silence assourdissant de l’inhabité

 

Ce qu’on ne peut éluder de prime abord dans le travail d’Amélie Le Grelle c’est cette absence totale de toute présence humaine, et même du moindre signe d’une présence quelconque. Aucun objet ni détail, pas même un rideau n’est suggéré dans ces découpes d’architecture d’une netteté implacable. Les architectures sont à l’image de constructions du Bauhaus, de ces stations-service des années 50 ou des piscines ordinaires de nos villes. Le point de vue radical de chaque tableau inscrit le spectateur au milieu de l’espace. C’est à lui désormais qu’il incombe de se projeter dans cet univers et de l’apprivoiser. La lumière radieuse, saturée l’y invite. Une impression d’étrangeté circule dans l’atmosphère et lorsqu’un trou de verdure se fait jour dans la fenêtre de béton brut, c’est une coulée de sens, «  un peu de temps à l’état pur  » que l’on retrouve. Le paysage urbain confine alors à l’abstraction pure, essentielle.

Amélie Le Grelle

Amélie Le Grelle

Les œuvres d’Amélie le Grelle sont réalisées à l’huile sur bois avec sans doute un long travail de préparation du support et de technique de fresque. La touche particulière du peintre donne un effet de matière qui restitue la rugosité du béton comme une seconde peau. Dans cet univers minéral, les bleus turquoise ou «  piscine  » se marient avec des jaunes, sables, grèges et parfois des mauves. La perspective est éminemment construite avec un point de fuite marqué.

 

 

Pauline Bétin, l’âme de la maison, figure de l’intime

 

Les créations verrières de Pauline Bétin paraissent enfermer dans de petits formats toute l’âme de la maison. Pour celle-ci, c’est presque toujours un arbre suggérant une matière organique enfermé dans la masse de verre qui constitue le cœur vivant de l’habitation. D’autres blocs évoquent plus précisément la construction avec des grues qui partent à l’assaut du ciel ou reflètent une promiscuité joyeuse de l’habitat collectif à travers une sérigraphie posée en relief. Une lumière cristalline illumine ces bijoux de transparence. Avec d’autres pièces, des sortes de bunkers bruts ou polis, de couleurs différentes se profile une réflexion sur la matière plus abstraite. Le rayonnement sur le bloc de verre sablé reflète alors des opacités terrestres plus troublantes.

Pauline Bétin

Pauline Betin

 

Pauline Bétin utilise le verre ou le cristal pour ses sculptures. Elle fabrique d’abord un moule comme les fondeurs de bronze puis coule le verre. Elle applique souvent des sérigraphies qui sont ses propres créations. Chaque pièce est unique.

Voilà une exposition qu’il ne faudrait pas réserver aux seuls architectes ou férus de construction, car il s’agit plutôt d’une invitation à découvrir l’invisible à travers la représentation.

L’atmosphère n’est-ce pas l’air (atmos) qui souffle dans un lieu et lui prête vie  ?

 

Prix  : de 100 à 2800 euros

Exposition Atmosphères en construction
Amélie Le Grelle et Pauline Bétin
du 12 Septembre au 5 Octobre 2019

Galerie Mondapart

80 rue du Château

92100 Boulogne-Billancourt

Tél : 09 52 77 76 41

contact@mondapart.com

Horaires d’ouverture :

Du mercredi au samedi

de 14h30 à 19h30

le dimanche sur RDV