Samedi 26 septembre à midi, l’association des Anciens travailleurs de Renault Billancourt et de l’Ile Seguin (ATRIS) invite les Boulonnais à venir rendre hommage aux 150 ouvriers de Renault emprisonnés, déportés ou fusillés durant l’Occupation.

Ce samedi 26 septembre devrait voir l’aboutissement d’une longue mobilisation de la part des anciens travailleurs de l’usine Renault-Billancourt. A midi, ils apposeront à l’entrée de l’ancienne usine, place Jules Guesde, une plaque à la mémoire des quelque 150 ouvriers de Billancourt déportés, et de 24 fusillés durant l’Occupation, pour avoir été résistants.
Tous les Boulonnais sont invités à cette cérémonie.

Areski Amazouz, président de l'ATRIS, a travaillé 40 ans chez Renault

Areski Amazouz, président de l’ATRIS, a travaillé 40 ans chez Renault

« L’ATRIS s’est constituée à la fermeture de Billancourt, rappelle Areski Amazouz, son président. Elle a pour vocation d’entretenir l’esprit de fraternité et de solidarité qui régnait dans l’usine, entre des salariés de 58 nationalités différentes. Avec le temps, l’ATRIS souhaite aussi transmettre cette mémoire ouvrière, qui a fait la richesse de la ville de Boulogne-Billancourt et de l’entreprise Renault. »

Et de cette mémoire, récemment célébrée par une exposition de photos, mais aussi par un documentaire et des livres, les 150 ouvriers résistants ont leur part. Tant que l’usine est demeurée en activité, un hommage leur était rendu chaque 8 mai dans la cour de l’usine, avec un dépôt de gerbe. Lorsque la fermeture a été confirmée, les salariés du site ont cherché un moyen de préserver ce souvenir. « Le maire de l’époque, Paul Graziani, s’était intéressé au sujet au point de préfacer un livre d’historien établissant les faits, poursuit Monsieur Amazouz. Mais nous ne sommes jamais parvenus à obtenir de lui, ni de ses successeurs, l’apposition d’une plaque commémorative. » Le sujet, certes, est délicat, puisque l’industriel Louis Renault qui dirigeait l’usine à l’époque avait fait le choix de la collaboration. « Le groupe Renault s’honorerait aujourd’hui de saluer la mémoire de ces hommes qui se sont battus pour notre liberté » estime le président de l’ATRIS, qui a convié à la cérémonie les édiles boulonnais et la responsable du patrimoine de Renault.

En ce 70ème anniversaire de la libération des camps, les 600 membres de l’ATRIS ont décidé de ne plus attendre, et de prendre les choses en main.

La place Jules Guesde du temps des usines sera bientôt le lieu de rendez-vous des lycéens, sous l'égide du majestueux portique

La place Jules Guesde du temps des usines sera bientôt le lieu de rendez-vous des lycéens, sous l’égide du majestueux portique

C’est donc à leur initiative, encouragée par un comité d’honneur comptant notamment Louis Cortot, compagnon de la Libération, Marie-Jo Chombart de Lauwe, grand croix de la Légion d’honneur et Cécile Rol-Tanguy, grand officier de la Légion d’honneur, qu’une plaque sera apposée samedi midi aux anciennes portes de l’usine.
L’infatigable Robert Créange, ancien secrétaire général de la Fédération des déportés et internés, résistants et patriotes, sera également présent lors de cette cérémonie. Lui qui accompagne chaque année des lycéens lors des journées de la Déportation, fut aussi longtemps associé au comité d’entreprise de Renault, dont il dirigea les activités sociales.
Dans l’esprit de transmission qui anime l’ATRIS, c’est un collégien qui en lira le texte. Une initiative qui fait sens, les portes de l’usine devant à l’avenir marquer l’entrée du futur lycée.