Hier, alors que j’essayais de poser quelques questions à une amie sur les élections, elle m’a gentiment demandé d’éviter de lui parler de choses fâcheuses. En effet, les municipales lui rappellent trop le sujet du concours de pré-sélection pour entrer en 2014 aux Arts Déco sur lequel elle est en train de plancher : « La ville, couleur des vies. » Je ne l’ai pas embêtée plus longtemps, mais quel beau sujet (et quel bonne introduction pour mon article) ! Et quelle bonne idée de demander à de jeunes étudiants entre 18 et 20 ans de rendre un projet artistique et créatif dessus. Au-delà du clin d’œil politique, ces nouveaux majeurs peuvent nourrir une vraie réflexion sur l’animation d’une ville, comment les vies s’y entrecroisent, à différents rythmes…
On m’a proposé de faire un « micro trottoir » pour prendre la température de ces nouveaux électeurs. J’ai alors interrogé des amis, des connaissances et des inconnus, pour savoir ce que représentaient les municipales pour eux, et ce qu’ils en attendaient.

Pour la première fois, toute une génération passera aux urnes !

Pour la première fois, toute une génération passera aux urnes !

Personnellement, je considère qu’on a de la chance que notre premier vote soit pour les élections municipales. En tant que néophyte, je trouve ça plus concret de faire entendre sa voix pour sa ville, car on réalise mieux les effets au niveau local plutôt qu’au niveau national directement. Marina aussi est ravie de pouvoir enfin voter pour la toute première fois, «  ce sera un grand moment !  »
Toutefois, ce n’est pas l’avis de tout le monde. En effet, certains iront voter car c’est un droit et un devoir, mais sans vouloir rien de précis de la part du prochain maire. Ophélie explique ainsi «  très honnêtement, je n’attends pas grand chose des municipales, tout simplement parce que je ne vis pas ma vie d’étudiante à Boulogne, mais à Paris. »

Par ailleurs, si certains comme Marina ne se sont pas encore préoccupés de jeter un œil au programme des différents candidats, ou tout simplement leur nom, ou leur parti, ils sont nombreux à être décidés à aller voter quoi qu’il arrive, comme Grégoire qui explique : «  Je ne me pose pas la question d’aller voter ou non. C’est dans la logique des choses pour moi : si je n’ai pas d’opinion, je voterai blanc mais je voterai quand même. » Et Karl d’ajouter : «  Le droit de vote est un droit civique chèrement acquis, c’est le cœur même de la démocratie. Étant étudiant en droit, j’en saisis d’autant plus l’importance. »

La cérémonie des bacheliers, en octobre dernier. Nombre d'entre eux voteront pour la première fois en mars.

La cérémonie des bacheliers, en octobre dernier. Nombre d’entre eux voteront pour la première fois en mars.

En discutant entre nous, j’ai remarqué à quel point les thématiques que l’on juge essentielles avaient changé. Il y a six ans, nous voulions pour notre ville plus d’espaces verts et de pistes cyclables, des quartiers aux architectures modernes, un centre culturel animé… Aujourd’hui, les enjeux qui nous concernent sont plus terre à terre : que la bibliothèque Landowski ferme plus tard, que les tarifs étudiants au cinéma soient encore plus intéressants… Par exemple, Karl attend du nouveau maire « qu’il réussisse le difficile pari de mettre en place des partenariats avec des entreprises boulonnaises pour proposer des stages rémunérés aux étudiants qui habitent Boulogne. » Sur ce sujet-là, Louis qui vient tout juste d’avoir 18 ans, pense à ses amis du lycée qui se trouvent encore dans la situation de voir leur CV refusé pour un job de vacances, simplement parce qu’ils sont mineurs. La loi est la loi, certes, mais «  il n’y a vraiment rien qu’on puisse faire ? » se demande-t-il.

Pour ce qui touche aux sujets plus légers, Hugues espère voir plus d’animation la nuit à Boulogne : « On est de nombreux jeunes, alors pourquoi ne pas encourager fiscalement l’implantation d’un bar dans une de nos rues boulonnaises ? » Nous sommes étudiants, mais nous sommes surtout jeunes avant tout ! Un endroit où sortir et se retrouver avec de la bonne musique près de chez nous, c’est quand même plus pratique que de prendre le métro jusqu’à Paris.

Il en faut pour tous les goûts, la ville est aux couleurs des vies.

En tous cas ce qui est sûr, c’est qu’on se retrouve devant les urnes le 23 et 30 mars (et après on va boire un verre) !