La ville de Boulogne Billancourt a des attaches de tout premier plan avec la Tunisie. Au moment où le pays s’affranchit d’un régime dictatorial qui terrorisa les gestes et musela la pensée, notre ville et ses habitants pourraient aimer raviver les liens anciens qui nous rapprochent du peuple tunisien.

Dans les ruelles de Sousse

Georges Gorse, camarade d’Aimé Césaire à l’Ecole normale supérieure, ministre du général de Gaulle et député-maire de Boulogne Billancourt, a entamé une histoire d’amour avec la Tunisie en 1957, quand il y fut nommé par Guy Mollet, premier ambassadeur de France dans ce pays nouvellement indépendant, auprès de Habib Bourguiba. De retour au pouvoir en 1958, le Général de Gaulle le confirma dans cette fonction.

C’est Georges Gorse, maire de Boulogne Billancourt de 1971 à 1991, qui a établi le jumelage entre notre ville et Sousse en Tunisie, en 1977.
Ville de 110 000 habitants à l’époque, Sousse est un port situé dans le golfe d’Hammamet, à 130 km de Tunis. Sa population a presque doublé depuis. Des liens d’amitié à la coopération décentralisée, notre jumelage s’est renforcé au fil des ans : ainsi, sous Jean-Pierre Fourcade, des délégations se sont respectivement rendu visite, et Boulogne Billancourt a accompagné la réhabilitation de la vieille ville de Sousse et des son enceinte avec des fonds européens. 
Depuis 1988 en effet, la médina de Sousse est inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité. Dénommée Hadrumète sous les Romains, qui lui ont légué de nombreux vestiges à commencer par un cirque de toute beauté, la ville de Sousse a plus de 3000 ans. Elle fait partie des sites occupés par les mystérieux « peuples de la mer, » tout comme la Corse, la Sicile et la côte toscane, avant l’institution des premiers rois de Rome. Après la chute de Rome, elle rejoint le giron byzantin. Son musée expose une collection exceptionnelle de mosaïques romaines, et les catacombes, nécropole des premiers chrétiens, sont un site archéologique remarquable.

le ribat de Sousse, forteresse, refuge pour les voyageurs et demeure des ascètes

Dans les siècles suivants, devenue un important port commercial et militaire sous les Aghlabides (800-909), « la perle du Sahel, » devenue Sousse, est un exemple typique de ville des premiers siècles de l’islam. Avec sa casbah, ses remparts, sa médina et sa Grande Mosquée, la mosquée Bu Ftata et son ribat typique, à la fois fort et édifice religieux, elle était l’un des éléments d’un système de défense de la côte. A cette époque, Sousse, port de commerce et chantier naval, tient un rôle de premier plan en Tunisie. Les revers de fortune et les occupations furent nombreux au cours des siècles, enrichissant toujours la ville d’un nouveau pan d’histoire.  

l'odoriférant marché de Sousse

A Boulogne Billancourt, nombreuses sont les familles dont au moins un parent a des origines tunisiennes… et parmi eux, de nombreux Soussiens. Les événements de ces dernières semaines ne laissent personne indifférent. Peu à peu, les Tunisiens expatriés se risquent à raconter comment, loin du pays, la dictature parvenait à peser sur eux.
Dans la marche vers la démocratie que la population de Tunisie a entamée, nous pouvons l’aider de notre amitié, et marquer notre soutien à l’économie du pays en y passant nos vacances : il ne faudrait pas que l’espoir si cher payé par la jeunesse tunisienne ne tourne court, étouffé par la récession.

Pour en savoir plus : les Tunisiens de Boulogne Billancourt et leurs amis se réunissent au sein de l’association Tunisie Demain, Jasmin de Liberté, ouverte à tous. Contact : tunisiedemain@yahoo.fr

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