La chanteuse islandaise est perchée depuis 30 ans pour l’éveil de notre conscience musicale. Marquée probablement par l’esprit insulaire septentrional de son lieu de naissance, Björk débute sa tournée Biophilia sur l’ïle Seguin en apportant une énergie, une vision et la paix, là où nous en avons bien besoin.

Bjork à Boulogne, d'une île à l'autre.

Bjork à Boulogne, d’une île à l’autre.

Dans « Dancer in the Dark » en 2000, selon Catherine Deneuve, le réalisateur danois Lars Von Trier, pour exploiter sa fêlure originelle, avait malmené Björk sur le tournage. On découvrait Björk actrice et gravement crédible. On s’était dit qu’elle nous avait tout fait. C’était sans compter sur le génie nordique de notre elfe islandais. Progrès faisant, après l’avènement du numérique et trois albums plus tard Björk prend le tournant de l’interactivité entre les images et le son pour nous servir l’expérience Biophilia. Exploration multimédias de la musique, de la nature et de la technologie.Punk tu restes. La tenue déjantée, le maquillage outrancier et sa transformation physique ne nous laissent pas deviner le charme inuit de la chanteuse, mais le lien est encore là. Et le public de ce dimanche, initié, va jusqu’au bout des notes et des silences avant d’applaudir.
Cette communion entre le public et la chanteuse participe toujours de la performance globale. Célébration d’images et de notes, le ton est donné. Objet de curiosité, le Testa Coil, descend, c’est un arc magnétique géant commandé un synthétiseur inventé par des Catalans, le Reactable produit un son absolument unique.

Bjork, une Fée électro-punk-géothermique

Bjork, une Fée électro-punk-géothermique

A 47 ans Björk (amusez-vous à le prononcer : Guðmundsdóttir fille de Guömund), franchit les époques parce qu’elle transcende les genres,  d’aucuns disent, avec des arguments écolo-hippie. Les voix président et Björk maintient l’apport d’instruments désormais customisés dans une démarche totalement Geek. Pour preuve le Gamelan Celeste, clavecin que l’on pourrait qualifier de bio-électronique, accompagne la chanteuse dans ses volutes minimales, le temps d’un retour au calme dont Björk a le paradoxe.L’expression de simplicité de la scénographie est parfois envoûtante en diable, ce concert tient lieu à la fois de prophétie écologique, expérience de musique bio-recevable célébrant la vie, dans un accord cosmo-tellurique parfait. Avec ses mots Björk confirme à sa manière que la musique adoucit les mœurs. Je cite : « La musique peut nous aider à collaborer avec la nature »

Bjork et le choeur Graduale Nobili

Bjork et le choeur Graduale Nobili

Cette sacralisation de la terre, c’est très islandais. Comme si vivre sur une Île donnait une leçon de vie. Pour l’anecdote, la ville de Reykjavik joue le jeu avec l’administration des routes en signant un accord. Celui-ci stipule qu’il faudra contourner les demeures des Elfes… C’est très sérieux, on ne construit pas n’importe quoi sur une île. Pour un peu, cette dimension sur l’importance tellurique nous renverrait presque à ce débat sur l’Île Seguin qui finit par nous rendre chèvre ? Aurons-nous à cœur dans une proportion suffisante de faire de notre île ainsi foulée par un elfe écolo-punk, un lieu de loisir, de recueillement et de communion avec les éléments ?
Notre fée électro-punk a choisi son lieu et son moment pour nous rappeler, hier le 24 février, cette hypothèse de travail. A méditer… Encore deux dates avant la tournée en province de la chanteuse. C’est Bien, c’est Biophilia, c’est Björk (je n’ai pas résisté), dépêchez-vous La Roue Tourne©

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