« On a le temps » répétait encore Pierre-Christophe Baguet lors du conseil du 22 septembre. Le site d’information sur la fusion Boulogne-Issy vient d’être mis en ligne, les réunions publiques débuteront la semaine prochaine.

Des arguments à la portée de tous

Fusion remplacé par Rapprochement

Si le temps d’une réflexion approfondie n’était pas venu lors du dernier conseil municipal, c’est peut-être parce que la décision est déjà prise. Depuis quelques jours, un site d’information sur le rapprochement de Boulogne-Issy a été mis en ligne. En termes particulièrement simples et didactiques, le support reprend l’argumentation des maires Pierre-Christophe Baguet et André Santini. C’est donc pour « sécuriser les finances » et « construire la ville exemplaire du futur » que la fusion est envisagée. A noter, du reste, que le mot « fusion » lui-même n’est certes pas un mot-clé. Il est même banni du site. On lui a préféré « rapprochement. »Comprenez donc bien qu’il s’agit d’une phase d’étude…

Boulogne-Issy

Le mot « fusion » fait peur et apparaît comme trop définitif. Il a donc été remplacé par « rapprochement »

Une apparence factuelle et dépassionnée

A l’appui des deux grands arguments, des termes forts, mais non dramatisés : « partager ce que chaque ville fait de mieux, » « Nos villes ne veulent pas être sacrifiées. » Pas d’exclamations, par d’hyperboles, pas de formules choc et fortement modalisées du type « se faire ubériser par Google » comme on a pu en entendre en conseil.
Une apparence factuelle servie par des chiffres ronds, qu’importe s’ils ne ressortissent pas aux mêmes mécanismes. Ainsi des ponctions de l’État, « 140 millions d’euros à Boulogne-Billancourt entre 2014 et 2020. » C’est astronomique et ça fait peur, mais on n’y insiste pas. On se contente de ne pas détailler le partage entre baisse des dotations et hausse des péréquations, lesquelles sont essentiellement départementales et régionales.
On ne contextualise pas ce phénomène à l’échelle nationale, si ce n’est au détour d’une seule phrase.

Le site, de toute évidence, est appelé à être enrichi dans les mois qui viennent.

La rhétorique de la consultation

Dernier point, mais il a son importance : pour éviter tout sentiment de diktat, c’est le mot « ensemble » qui a la faveur graphique. Il est d’autant plus précieux que, en conséquence d’une savante analyse sans doute, le reste du contenu est totalement dépersonnalisé. Les édiles ne sont pas nommés, aucune référence aux hommes n’est faite. Le projet de fusion Boulogne-Issy apparaît alors comme sui generis, impossible à rattacher à la volonté d’un homme – ou de deux.
Le pronom « Nous » recoupe ainsi habilement le visiteur impliqué par l’injonctif du titre « Étudions ensemble » et les initiateurs anonymes et abstraits qui s’engagent : « Nous nous engageons à vous écouter et à vous consulter. » D’une page à l’autre, la confusion opère : toi visiteur, t’inclus-tu ou non dans « Nous partageons la même ambition ? » As-tu, d’ailleurs, le choix ? Magie du déictique non identifié.

La fusion Boulogne-Issy semble acquise

Le type de questions proposé au visiteur annonce assez que le principe même de la fusion n’est pas en question. Florilège : « Y aura-t-il une période transitoire ?« , « Quel sera le nom de la commune ?« , « Les adresses postales vont-elles changer ?« , « Qui sera maire ?« , « Combien aurons-nous de conseillers municipaux ?« , « Qu’est ce qu’un maire délégué ?« , « Comment vont s’organiser les services et les personnels municipaux ? »

La question est donc bien « Comment ? » et l’on suppose que les habitants n’ont que des préoccupations du dernier pratique. On attend le concours de noms sous le slogan « Baptisez votre commune ! » sans doute prévu à la mi-2017…
Cela dit, rien ne vous interdit de poser des questions plus précises et plus techniques, à commencer par la démonstration des deux arguments phares. A savoir la démonstration que la fusion préservera les ressources et améliorera la qualité de services. Mais aussi des questions sur la gouvernance réelle et la représentativité par exemple.

Des réunions de quartier entre octobre et novembre

Boulogne-Issy

La version parodique

Notez-les (Notons-les ?) dans vos agendas : entre le 15 octobre et le 29 novembre, 6 réunions publiques seront organisées à Boulogne, et 4 à Issy-les-Moulineaux. Les adresses ne sont pas encore indiquées, simplement les quartiers et les dates.

Pour terminer, la fusion ne faisant pas l’unanimité, signalons le site parodique apparu immédiatement après.
Quant au site officiel, le voici.

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