Quelle aventure ! Des années de non tri entassé dans ma cave qui n’en peut plus, des années de culpabilité repoussée – et si je m’y mettais cette année ? – l’incitation des amis formidables organisateurs, un élan printanier, un marchandage avec les enfants pour qu’ils me donnent un coup de main – c’est long une journée ! – en échange de bénéfices putatifs et voilà, j’y suis !

Samedi matin 8h30 pétantes, je suis  déjà en attente la voiture pleine à l’entrée de la villa Marie Justine avec toutes les autres voitures ; organisateurs perplexes devant les velléités des uns et des autres, razzia des acheteurs habitués qui n’attendent pas, déballage anticipé des exposants arrivés les premiers et tentatives embarrassées des voitures juste devant moi pour se frayer un chemin – ça promet …  Heureusement il fait beau, et chaud, très chaud  même ; il y aura plus de 30° dans l’après-midi et cela conjugué à la finale dames de Roland Garros nous assurera un flux de visiteurs proche d’un filet erratique. J’ai eu la chance d’avoir un parasol, de l’eau et une bonne crème solaire, c’est déjà cela.

Bien, me voilà en pleine créativité de stand, arrangeant harmonieusement les jupes et chemises d’enfant, les jouets et le cartable neuf jamais utilisé et pourtant bien à la mode avec son joli chat tout blanc bien connu dessiné sur le devant. Je me rends compte que je me suis mal préparée – malgré les heures passées à trier et la soirée de la veille dédiée à la constitution des sacs et des prix, que mon stand est joli – j’ai mis un drap banc et du tulle violet, mais que cela ne suffira pas.

Des personnes passent, touchent les objets, discutent les prix – 2 euros le pantalon, vous me le faites à 1,5 euro ? , je dis non en général, parfois oui, vends un peu et surtout je fais cadeau à une petite fille d’un petit « Monsieur Patate » qui la faisait rêver ; pas un rond mais un si beau  sourire, que demander de plus ?

Nous papotons d’un stand à l’autre, des amis passent, des officiels font leur tournée, les enfants jouent, le soleil nous écrase et les heures passent. Je vends encore, une amie m’offre un ravissant collier, je fais un prix cadeau à une autre petite fille pour le joli cartable qui la fait tant rêver : le pire est qu’il m’a fallu un peu de temps pour me dire que quelques euros de plus n’avaient pas d’importance et que j’avais dit non par principe à sa mère qui marchandait par contrainte financière. J’ai réalisé que j’étais à côté de l’important et j’ai couru dans la rue le cartable à la main pour le proposer à celle qui le voulait au prix où elle le voulait. Et elle l’a pris et la petite fille a souri largement – Merci Madame …

L’heure a passé, mes enfants ont fait un rapide aller-retour, mon mari s’est abstenu fidèle à sa religion anti-kermesse, et nous avons encore bavardé entre amis et voisins de stand. Et voilà de questions en petits évènements la journée s’est écoulée.

Alors quel souvenir ressort de tout cela ? Un son, celui d’une poupée électronique qui a chanté tout l’après-midi deux stands plus loin ; une image, le sourire malicieux de la petite fille qui l’activait lorsque son voisin d’en face, de guerre lasse, lui a demandé à combien elle vendait son baigneur ? La transaction a eu lieu à 2 euros et la poupée s’est enfin tue. Excellente leçon de commerce, donnée par la benjamine du vide grenier !

Et enfin, je garde le souvenir d’un jour de chaleur, d’échange et de partage. Ai-je bien vendu ? Bof … J’ai bien débarrassé ma cave, essentiellement parce que les invendus sont partis pour les Orphelins d’Auteuil, de là à dire que j’ai bien vendu… Est-ce que malgré tout je reviendrai l’année prochaine ? Oui, évidemment, pour tout ce que j’ai raconté et pour le plaisir de boire un verre le soir en mangeant une délicieuse brochette avec les autres exposants là où, quelques heures plus tôt, nous guettions le chaland.

Voilà, j’ai fait mon premier vide-grenier !