A la veille de la nouvelle campagne de la Banque alimentaire, l’e-bb a rencontré Caroline Brault, présidente de l’unité locale de la Croix Rouge.

Cet après-midi-là, c’est atelier cuisine et budget à l’espace Bébé-Maman de la rue de l’Est. Une dizaine de mamans échangent des recettes simples (velouté de courgettes, soupe poireaux-pommes de terre, compote de pommes) avec deux bénévoles, qui en profitent pour leur donner des conseils sur la gestion de leur budget. « Toujours regarder le prix au kilo » rappelle Ghislaine, « et comparer le prix des produits du haut du rayon et celui des produits du bas ! » A la fin de l’atelier, on partage de cette délicieuse compote « sans sucre, c’est important pour les enfants » souligne Caroline, et on prend le temps de se détendre dans une atmosphère d’une immense bienveillance.
L’espace Bébé-Maman, qui accompagne chaque année près de 200 mamans avec leur bébé, est l’une des multiples actions sociales menées par la Croix Rouge à Boulogne.

e-bb : Pouvez-vous nous présenter l’unité locale de Boulogne-Billancourt ?

Caroline Brault goûte la cuisine concoctée par les mamans

Caroline Brault goûte la cuisine concoctée par les mamans

Caroline Brault : Ele existe depuis des décennies, et compte 166 bénévoles actifs à ce jour. Je l’ai rejoint il y a dix ans. A l’époque, hormis les maraudes, il avait peu d’activités sociales, mais devant le besoin, nous les avons développées. Je suis présidente depuis deux ans, et je dois dire que c’est un investissement à plein temps.

e-bb : Vous avez une devise, « L’homme est fait pour être debout, » c’est la philosophie de la Croix Rouge ?
Caroline Brault : Oui, il est très important que les personnes que nous accompagnons se prennent en main. L’assistanat, ça ne marche pas. C’est un discours qui n’est pas facile à tenir, mais c’est important, on est vraiment là pour ça, pour aider les gens à se remettre debout, à retrouver le goût de vivre, et à prendre le chemin de la réinsertion et de l’épanouissement personnel.

e-bb : Quels sont les champs d’action de la Croix Rouge à Boulogne ?

Caroline Brault : Ils sont au nombre de trois : la formation, l’action sociale, et l’urgence-secourisme.
L’urgence et le secourisme couvrent l’encadrement des manifestations publiques, comme le forum des activités ou le semi-marathon. C’est ce que l’on appelle les postes locaux. Par ailleurs, nous tenons également des postes routiers, qui correspondent à notre travail à l’appel du 18 ou du 15. Enfin, nous pouvons intervenir dans des circonstances extraordinaires, en cas d’incendie par exemple, pour aider à évacuer la zone et pour encadrer les sinistrés.
L’action sociale est désormais très développée, en direction d’un public varié : il y a l’espace Bébé-Maman, les maraudes bi-hebdomadaires auprès des sans-abris, y compris les 24 et 31 décembre, l’implication au sein du Rameau, où nous animons un atelier de réparation de téléphones portables. Avec trois appareils, on en fait un, qui peut servir aux bénéficiaires. Nous intervenons aussi à la maison de retraite Sainte-Agnès, pour des visites et des animations, et nous aidons les personnes handicapées isolées à maintenir le lien avec leurs familles, en les accompagnant en visite et en organisant des sorties. Nous tenons également des permanences pour remplir des dossiers DALO, et nous proposons des micro-crédits pour financer des projets d’insertion professionnelle, comme le passage du permis de conduire. Enfin, nous lançons un partenariat avec Recyclivre : nous récoltons es livres dont les Boulonnais souhaitent se séparer et ils nous reverseront une part des bénéfices de leur revente sur internet.
La formation, enfin, s’adresse à nos bénévoles mais aussi à toute personne intéressée. Je pense à l’utilisation des défibrillateurs. Tout le monde peut sauver une vie, mais on ne le sait pas, c’est pourquoi nous saisissons toutes les occasions de former du monde.

Les maraudes dans la rue, deux fois par semaine - CR P. Moore

Les maraudes dans la rue, deux fois par semaine – CR P. Moore

e-bb : Combien de personnes bénéficient de votre aide ?
Caroline Brault : Si je me limite aux personnes que nous accompagnons régulièrement sur une année, je dirais 200 mamans, une vingtaine de sans-abris, 80 personnes âgées, et une trentaine de personnes handicapées. Maintenant, si on parle d’un secours ponctuel, il y en a beaucoup beaucoup plus.

e-bb : Vous comptez parmi les initiateurs de la Campagne Logement, pouvez-vous nous en parler ?
Caroline Brault : Oui, c’est une initiative de Damien Dupont, du Secours Catholique, en partenariat avec des associations de Boulogne. L’idée semblait simple au premier abord : nous rencontrons tous les jours de plus en plus de gens qui ont besoin d’un logement, alors que nous savons qu’il existe des logements libres. La question était : comment les mobiliser ? comment sensibiliser les Boulonnais à ce problème ? Mais en réalité, ce n’est pas simple du tout. Nous adressons des lettres aux candidats durant les campagnes électorales, pour rendre le problème visible entre autres choses, et au quotidien, nous tenons donc ces permanences DALO.

e-bb : Qu’attendez-vous d’un bénévole ?

A la fin de l'atelier

A la fin de l’atelier

Caroline Brault : Qu’il se sente libre de donner de son temps pour les autres à sa convenance, c’est très important. On peut s’impliquer une heure par mois et rendre de grands services. Chaque mois, nous organisons une réunion pour les nouveaux bénévoles. Ces derniers présentent la caractéristique d’être jeunes – 50 % ont moins de 35 ans – ce qui entraîne un certain turn over.
Une personne qui souhaiterait nous rejoindre n’a qu’à nous indiquer le domaine qui l’intéresse, et ensuite, on peut s’adapter à ses contraintes, à ses envies, et à nos besoins, y compris pour des tâches très spécifiques. L’important est d’être heureux dans son bénévolat ! j’en profite pour remercier tous les boulonnais qui donnent de leur temps en s’engageant dans des associations.
Quant aux bénévoles plus aguerris… Nous aurions besoin qu’ils prennent des responsabilités, pour pérenniser nos actions. C’est indispensable.

e-bb : La grande collecte de la Banque alimentaire se tiendra cette semaine, avez-vous des attentes en particulier ?
Caroline Brault : Je voudrais en rappeler le fonctionnement : la Banque alimentaire est une organisation nationale. A Boulogne, les responsables de la collecte sont Daniel Rouvery et son épouse. Ils font un immense travail pour récolter dans les supermarchés, les écoles, les crèches… toutes les denrées demandées par la banque alimentaire et qui seront redonnées aux personnes les plus démunies. Dans ce cadre, la Croix Rouge se charge traditionnellement de la collecte au supermarché des Passages.
Ensuite, tout est mis en commun avant la répartition : le plus gros part à la Banque alimentaire régionale, la plupart des produits pour bébés nous sont destinés, et une grande partie des récoltes va à l’entraide familiale.
C’est pourquoi, pour la Croix Rouge, j’insisterais sur les produits suivants : du lait en poudre pour les biberons et des petits pots, mais aussi, bien qu’il ne s’agisse pas d’aliments, des couches… Et par ailleurs, tout ce qui peut être consommé sans avoir besoin d’être ni cuisiné, ni réchauffé : des conserves de poisson, de salades, de fruits… pour les personnes sans abri ou pour des mamans, hébergées dans des hôtels.

Et si vous avez du matériel de puériculture, l’espace Bébé-Maman sera preneur !