Pour commémorer la Première Guerre mondiale, un grand appel est lancé au public afin de numériser des documents datant de cette période. Cette initiative a été lancée en 2013. Pour la dernière fois du 5 au 9 novembre 2018, vous avez la possibilité de déposer vos souvenirs aux archives départementales de Nanterre. 
Cet article est la mise à jour de notre article de 2013.

Quatre ans de commémoration en France

Grande Collecte

Soldats en campagne, par Louis Camier – CR S. Pauthier

Depuis 2014, la France commémore le centenaire du premier conflit international, confié à Joseph Zimet et la Mission Centenaire. Ce conflit, en mobilisant les populations sur tous les continents, ne s’est pas simplement démarqué par ses 19 millions de morts. L’instauration d’une économie de guerre, les recrutements massifs dans les empires, le développement de nouvelles technologies, ont bouleversé le fonctionnement des sociétés. En France, les femmes ont remplacé les hommes dans les centres de production. Au Mali, presque toute une classe d’âge s’est enrôlée dans l’armée française, provoquant une rupture dans la transmission orale bien décrite par Amadou Hampaté Bâ. En Serbie, le tiers des hommes de 18 à 27 ans sont morts. Une expérience collective et individuelle traumatisante.
Le retour à la paix a eu pour conséquence en Europe un phénomène de « brutalisation des sociétés » finement analysé par par George Mosse.

Les écrivains ont été nombreux à relater et les scènes de front, et les scènes de l’arrière. On pense à Henri Barbusse et Le Feu, à Apollinaire et ses Lettres à Lou, ou encore à Proust, qui publie le premier tome de la La Recherche en 1913 et qui situe Le temps retrouvé en pleine guerre.

L’occasion d’une collecte d’archives historique

Grande Collecte

« La visite médicale » : scène de vie croquée par le soldat Henri Camier durant la guerre – CR S. Pauthier

Voilà pour la grande histoire. Mais, à l’initiative de l’Université d’Oxford, un autre projet a vu le jour, Europeana 14-18. Une grande collecte d’archives personnelles a été organisée à travers toute la Grande Bretagne. Devant le succès de l’opération, le mouvement a pris une nouvelle ampleur. Ce sont désormais les services d’archives nationales et autres grandes bibliothèques européennes qui pilotent Europeana Collections 1914-1918 : l’objectif est de constituer pour le centenaire une bibliothèque européenne d’archives numériques de la période, abondée par les institutions culturelles et les particuliers et consultable par tous.

L’idée est de demander à chacun de fouiller dans les archives familiales, à la recherche de lettres, de journaux, de dessins, de photos, de carnets, de recueils de chansons, d’affiches, de films même, témoignant de la vie au jour le jour des soldats et des populations civiles. Des archivistes spécialisés se chargeront de numériser ces précieux documents, avant de les rendre aux familles. Ils recueilleront par la même occasion les souvenirs et histoires familiales attachés aux documents. 

325 000 documents recueillis à ce jour en France

grande collecte

L’ouvrage issu des précédentes collectes présente une sélection de 1200 documents

En cette dernière année de collecte en France, le premier bilan est remarquable. Ce sont pas moins de 20 000 personnes qui ont déposé leurs archives familiales, ce qui correspond à plus de 300 000 documents. L’ampleur de ces contributions justifie le nom donné à l’opération en France : la Grande Collecte. Reconnaissante, la Mission Centenaire en a fait un ouvrage exceptionnel paru la semaine dernière, La Grande Guerre des Français, à travers les archives de la Grande Collecte (11,90€).

En France, une dernière session est organisée pour la « Grande Collecte » du 5 au 9 novembre 2018.
Dans les Hauts de Seine, le point de collecte se situe aux archives départementales à Nanterre, 137 avenue Joliot Curie. Il accueillera les particuliers et leurs archives de lundi à vendredi, de 9h à 17h.
Vous pouvez également vous rendre à Paris, aux Archives nationales, le 10 novembre de 9h à 16h45. Ce peut être l’occasion de découvrir l’exposition virtuelle montée à partir des documents récoltés à Paris lors des précédentes sessions.

Cent ans se sont écoulés et beaucoup de témoignages ont été perdus. Pour l’histoire, ne laissons pas passer plus de temps ! A vos archives…