City Lights est le nouveau nom des « Tours du Pont de Sèvres, » construites en 1975 face au pont de 1963 qui nous relie à Sèvres. Cet ensemble rénové vient d’être inauguré dans l’immense lobby d’entrée du complexe, cœur et poumon de 85000 m² de bureaux.

City Lights

Illumination de City Lights

 

Un peu d’histoire

Les « Tours du Pont de Sèvres, » signal fluo dont la couleur orange marquait l’entrée de la ville, l’enracinaient dans le siècle précédent. Elles furent érigées en même temps que le quartier du Forum sur dalle, hors sol, hors vie, une ville à part dans la ville développée en frontière presque absolument étanche au bord des usines Renault (ce que l’on appelle aujourd’hui Le Trapèze – 37,05 ha) et de l’ile Seguin.
Ce quartier fut conçu en 1972 comme innovant par la composition mixte d’habitations HLM, d’habitations « bourgeoises » et de bureaux, par les architectes Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut pour les tours, et Pierre Vigneron pour l’habitat. Ils furent les créateurs concepteurs et metteurs en œuvre de 2150 logements (1200 logements HLM et 950 privés), 79000 m² de bureaux (les tours) et 10000 m² de commerces.
Le Forum fut peuplé en grande partie par Renault, qui y logeait ses travailleurs immigrés, et dont les petits-enfants y vivent encore.
En 30 ans,le rêve de mixité s’étiola, le vieillissement des bâtiments, la fermeture des commerces, les circulations en traboules confinèrent ce quartier.
La décision de remodeler « La tête du Pont de Sèvres » fut prise avant 2000 par Jean Pierre Fourcade, pour aérer ce quartier frontière, le réinsérer dans la ville active et le transformer en solution de continuité entre la ville ancienne et son métro, et le nouveau quartier qui s’édifiait. Il monta un partenariat avec l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation Urbaine) et les bailleurs sociaux de l’habitat HLM du forum.

Les tours s’étaient vidées de leurs occupants. L’obsolescence des bureaux en cycles de 12 à 15 ans condamnait ceux-ci malgré un emplacement idéal, à l’entrée de la ville avec le métro à leurs pieds. C’est alors qu’en 2007, Dominique Perrault remporta le concours pour la restructuration des tours. Après désamiantage, 4 ans d’études complémentaires, et la prise en main du foncier par BNP PARIBAS REAL ESTATE, voici le nouveau visage de l’entrée de notre ville : baptisée City Lights, rayonnante le soir, et toute en discrétion le jour, dans les lumières du ciel.

City Lights aujourd’hui

Ce 30 mars 2016, l’ensemble City Lights était inauguré dans l’immense lobby d’entrée du complexe, cœur et poumon des bureaux devenus 85000 m².

L’extérieur d’abord, que tout le monde peut voir, les tours désormais habillées d’une façade couleur inox cristallisé, qui reflète le ciel et s’y fond, au lieu d’imposer forme et couleur dans ce paysage urbain. Les tours City Lights sont discrètes bien que 20 % plus vastes.
L’entrée de 5000 m² – l’Agora, dit Perrault –  est ouverte sur la ville, toute de lumière et de transparence, et dotée de lieux de vie et d’échanges.
City Lights est partie prenante de la ville, jusqu’à ses parkings souterrains que Dominique Perrault qualifie de rhizomes. Ce grand architecte s’est montré soucieux des utilisateurs de ses constructions, et par ce vocable il exprime l’intégration des sous-sols de l’immeuble au milieu, comme le sont les racines d’un organisme.
City Lights, les lumières de la ville, exprime cette volonté de bureaux lumineux, de convivialité humaine, de lieux de vie où nous passons le tiers de notre temps.

de droite à gauche, Dominique Perrault, Philippe Zivkovic, (BNP) Mafdame El Krief (BNP) , Madame Roux Dorlut, P-C.Baguet maire de BB

de droite à gauche, Dominique Perrault, Philippe Zivkovic, (BNP) Madame El Krief (BNP) , Madame Roux Dorlut, P-C.Baguet maire de BB

Qui dit inauguration dit discours

Trois orateurs se sont succédé ce 30 mars 2016.

D’abord le promoteur qui a tout acheté et financé, BNP PARIBAS REAL ESTATE, dont le Président Philippe ZIVKOVIC remercie la ville et l’architecte, et rappelle opportunément qu’une « belle opération immobilière est d’abord un succès commercial. » Ce sont des bureaux conçus pour ceux qui y travailleront. Leur environnement quotidien contemporain et confortable est pensé pour les servir : un pôle de conférence, une crèche interentreprises, une conciergerie, un centre de fitness, cinq espaces de restauration et des plateaux de bureaux modernes, sobres et d’une grande flexibilité. City Lights répond naturellement à une démarche environnementale ambitieuse. Il est certifié HQE « Passeport Exceptionnel », BREEAM « Excellent », et titulaire du label BBC.
City Lights a trouvé preneurs avec General Electric, Solocal Cardif et Gecina, c’est un succès commercial, et nous savons à Boulogne-Billancourt combien un projet peut demeurer virtuel quand il ne correspond pas au marché.

20160330perrault2

Dominique Perrault

Dans un discours limpide et sans notes, Dominique Perrault dit ses valeurs : modernité et humanisme, culture et références, et décrit son principe pour ce type de chantier : la rénovation dans le respect des prédécesseurs.

Enfin le maire de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, remercie Madame Roux-Dorlut, sans l’acceptation de laquelle, les modifications apportées à l’œuvre originale de son mari n’auraient pas été possibles. Il reprend son discours du 14 mars à la mairie et se félicite de la concomitance des chantiers City Lights, Cité Musicale de l’ile Seguin, gare du métro du Grand Paris, et « 57 métal. »
Philippe Zivkovic l’a qualifié de « maire bâtisseur, » un rôle qu’il accepte.
En vérité, certains de ces chantiers sont à peine engagés, quand d’autres sont livrés. On comprend le mal-être  des habitants du Trident, stratégiquement placés au centre de ces grands travaux, qui peuvent encore compter sur une dizaine d’années de nuisances.

Quant à Dominique Perrault, il n’en a pas fini avec Boulogne, ni avec ce quartier. BNP PARIBAS REAL ESTATE, a acquis le « 57 métal » construit par Claude Vasconi C’est le dernier immeuble Renault du Trapèze. Face au Trident et à la Cité Musicale, derrière City Lights, inscrit à l’inventaire,  l’avenir de cet immeuble a fait couler beaucoup d’encre et suscité moult polémique.
Il va être rénové par Dominique Perrault dans le consensus des héritiers de Claude Vasconi et de la Ville, selon l’esprit et les principes affirmés par l’architecte.

JLC.

The following two tabs change content below.
lecteur invité
Associatifs, professionnels ou particuliers, les lecteurs invités de l'e-bb nous envoient de temps en temps leurs articles. Pourquoi pas vous ?