La dernière question orale du conseil municipal du 10 juin dernier portait sur le sujet sensible de l’implantation des antennes-relais.

martine even

Martine Even (@lternance) s’est inquiétée du lieu d’implantation des antennes qui auraient dû initialement être fixées sur les toits de la cité du Square de l’Avre et des Moulineaux, le long de l’avenue Pierre Grenier. Elle a rappelé que le premier adjoint de Boulogne Billancourt avait affirmé, quelques mois après les élections, la volonté de transparence et de prise de précaution de la majorité en la matière, des déclarations qu’elle estimait entrer en contradiction avec la réalité des faits : c’est par hasard, a-t-elle déclaré, que les locataires de logements sociaux apprennent l’implantation d’antennes sur leur toit, alors que le groupe de travail constitué par la mairie pour réfléchir à la question ne s’est réuni qu’une fois en un an.

thierry solère

Face à ces évidents reproches, le premier adjoint Thierry Solère a protesté. Il a réaffirmé que la Ville appliquait un principe de précaution, dans la limite légale. Ainsi, a-t-il expliqué, le processus qui conduit à l’implantation des litigieuses antennes est le suivant : un opérateur de téléphonie se met en quête d’un espace à louer pour son antenne. Il a donc affaire à des propriétaires ou des copropriétaires. Il suffit du veto d’un copropriétaire pour que l’affaire tombe à l’eau. En revanche, si, comme dans le cas évoqué par Martine Even, le propriétaire (en l’occurrence, l’Office public départemental des HLM – OPDHLM) donne son accord, il reste à déclarer le projet à la Ville. Cette dernière dispose de deux mois, soit pour accuser réception du projet, soit pour le bloquer, à condition de motiver cette position, Code de l’urbanisme à l’appui.

antenne-relais - CR Mehdi Bouteiller

Dans le cas du Square de l’Avre, il semblerait que le député-maire ait trouvé à redire. On ne sait pas, à écouter Monsieur Solère, s’il a pu s’appuyer sur le Code de l’urbanisme ou s’il s’est contenté de dissuader l’OPDHLM d’accepter l’offre de l’opérateur. Quoi qu’il en soit, ce dernier est à présent en quête d’un autre lieu d’implantation. Mais tant qu’il n’aura pas déposé sa déclaration en mairie, Thierry Solère affirme que l’on ne peut savoir où il a l’intention de planter son antenne.

Plus globalement, l’adjoint a rappelé que la Ville accueillait pour l’heure 60 de ces antennes, soumises à des mesures et des contrôles réguliers, y compris à l’initiative de la municipalité. Il a reconnu que le sujet était porteur d’inquiétudes et d’incertitudes, qui ont conduit le gouvernement à organiser un Grenelle (sic) des ondes, dont les conclusions devraient être rendues dans les prochaines semaines. Il a donc proposé que le groupe de travail sur les antennes-relais se réunisse de nouveau à l’issue de ce Grenelle, tout en répétant : « Nous sommes dans une économie de marché, personne n’a encore proposé d’interdire la téléphonie mobile. »
Retenons de tout cela que les habitants locataires n’ont pas leur place dans le processus, et que dans l’état actuel de la législation, les villes ont une marge de manœuvre limitée pour repousser au loin l’inévitable revers de la téléphonie mobile (pour mémoire, la France comptait en 2009 plus de 61 millions d’abonnés…).