Lors du conseil municipal du 15 décembre 2011, les élus ont examiné les montants des subventions versées aux associations. Certaines – destinées à l’agence pour la Vallée de la Culture, au TCBB et à Cirque en chantier – ont été mises en question par les élus d’opposition.

Avant de lancer la discussion, le rapporteur de la commission des finances élargie (i.e ouverte à tous les élus) consacrée au vote des subventions a précisé trois points : le groupe RPBB, qui comprend notamment l’ancien adjoint à la Culture, n’était pas présent ; la subvention destinée l’an dernier au Festival Premier Regard (festival de courts-métrages réservé aux jeunes réalisateurs) n’a pas été versée, le festival n’ayant pas eu lieu ; et la pertinence d’une subvention à l’Agence pour la Vallée de la Culture a été mise en cause.
On a ensuite assisté à un festival… d’interventions :

agnès bauche

Agnès Bauche (UPBB) a lancé le débat sur deux associations. Après avoir pu consulter le rapport d’activité annuel de l’Agence pour la Vallée de la Culture – organisme financé par l’État, le Conseil Général du 92 et la ville de Boulogne Billancourt pour élaborer un schéma directeur de l’aménagement culturel dans toute la boucle de la Seine* – Madame Bauche l’a jugé « un peu mince, » en soulignant que l’Agence avait à son actif cette année le dépôt d’un avis favorable sur le registre du commissaire-enquêteur en charge de la révision du PLU de l’île Seguin, en des termes qu’elle a estimé « tendancieux. »
Autre sujet de discussion, le renouvellement d’une subvention à Cirque en chantier : Madame Bauche a souligné que toutes les associations disposant d’un fonds de trésorerie suffisant voyaient leurs subventions diminuer de 15 % en 2012. Or, a-t-elle ajouté, personne ne connaît la situation budgétaire de Cirque en Chantier, qui doit rendre son rapport financier en mars 2012 seulement. Elle a donc préconisé de ne pas lui verser de subvention avant cette date.

jean-michel tisseyre

Jean-Michel Tisseyre (@lternance) a renchéri sur le cas de l’Agence pour la Vallée de la Culture, s’indignant que la Ville lui verse « un chèque en blanc » de 85 000 euros de subventions alors que, dans le même temps, certaines associations boulonnaises « dont le mérite est indiscutable » s’en voyaient refuser 500. Il a exposé ses efforts vains pour obtenir « des informations concrètes » sur l’activité de l’agence, et souligné que son site Internet était suspendu depuis des mois.

Marie-Hélène Vouette (@lternance) n’a pas été en reste, soulignant elle aussi la vacuité du rapport, au regard du montant de la subvention. Non sans ironie, elle a tenu à en lire l’extrait rapportant le transfert de la maquette de la Vallée de la Culture à l’entrée du président du Conseil Général : « Je trouve ça parfaitement intéressant pour la ville de Boulogne Billancourt » a-t-elle asséné.

marie-hélène vouette

Plus sérieusement à la lecture du rapport, elle a appris que l’Agence dispose de 400 000 euros de trésorerie placés en biens mobiliers, et que les salaires et charges de personnel sont très élevés. Financée par la Ville, le Conseil Général et l’État, l’Agence en 2010-2011 s’est occupée de Sèvres, Meudon, Issy-les-Moulineaux, Gennevilliers, la Défense et Paris. En dépit des interruptions du maire l’accusant de « faire une fixette » sur ce sujet, elle a poursuivi en rappelant qu’aucun représentant de l’opposition ne siégeait dans cette instance, et en annonçant que l’État avait réduit cette année sa subvention de 48 %, « comme quoi eux aussi ont des doutes » a-t-elle conclu.

Marc Fusina (@lternance) a confirmé que son groupe voterait contre cette subvention, ainsi que contre le versement d’une subvention complémentaire au TCBB. Celle-ci correspond à un transfert de charges. Mais pour Monsieur Fusina, le TCBB disposant de 800 000 euros de trésorerie, il serait en mesure de l’absorber.

philippe tellini

Thierry Solère (RPBB), administrateur de l’Agence, n’a pas cherché à prendre sa défense. Il s’est borné à annoncer qu’il ne prendrait pas part au vote de la subvention, compte-tenu de son statut.
Philippe Tellini (majorité), de son côté, a annoncé qu’en tant que président de l’association qui organise Premier Regard, il ne prendrait pas part au vote de sa subvention. Il est ensuite revenu sur le cas de l’Agence, pour rappeler qu’elle avait été créée en 2006 par Jean-Pierre Fourcade et qu’ « à l’époque, personne ne s’en étonnait. »

jean-pierre fourcade

Jean-Pierre Fourcade (UPBB) a immédiatement réagi à cette insinuation en expliquant que c’est parce que l’Agence ne faisait pas son travail que son groupe voterait contre cette subvention : « Nous estimons qu’elle a été assez largement payée. »

Jean-Michel Tisseyre, pour en finir avec ce sujet, a tenu à rappeler que son groupe avait toujours été opposé à cette instance.

Jonathan Papillon (majorité) a ensuite pris la parole pour annoncer qu’un certain nombre d’élus de la majorité et d’@lternance ne prendraient pas part au vote de la subvention à l’association In vivo, dont ils étaient tous administrateurs. Comme d’autres mains se levaient, le maire a apporté une information qui ne va pas simplifier les votes à l’avenir : tout élu membre – pas même administrateur, simplement membre – d’une association, ne peut plus lui voter de subvention. Il a donc appelé l’ensemble des élus du conseil à passer voir la responsable des assemblées pour établir au cas par cas les votes et non votes… On imagine la file et le temps consacrés à ce tri.

pierre-christophe baguet

Pierre-Christophe Baguet a ensuite répondu aux remarques : pour l’Agence, il a regretté les votes défavorables, estimant que « Boulogne Billancourt est très concernée par ce projet, » pour Cirque en chantier, il a expliqué que, sans disposer du bilan financier, il savait que l’association avait obtenu « des résultats, » citant notamment le partenariat établi entre Madona Bouglione et l’école du cirque de la ville. Sur le TCBB, enfin, il a expliqué que ce transfert de charges intervenait en compensation du salaire de l’homme d’entretien, dont 10 % seraient tout de même payés par le TCBB.

Au terme de ce débat, on n’en sait pas beaucoup plus sur l’action de l’Agence pour la Vallée de la Culture. L’assistance du conseil demeurait dubitative. On l’a vu quelques délibérations plus tard : évoquant les navettes fluviales Vogueo, Agnès Bauche a demandé s’il serait possible d’avoir une station côté ville, dans un secteur particulièrement mal desservi par les transports en commun. Le maire lui a répondu que ce serait difficile, l’installation de chaque station coûtant 250 000 euros. « 250 000 euros, c’est trois ans de subvention à l’Agence pour la Vallée de la Culture » a alors soufflé un Boulonnais dans l’auditoire.

Le logo de l'agence pour la vallée de la Culture

*L’Agence pour la Vallée de la Culture a des missions annexes, énumérées par le président du Conseil Général en 2008 :

  • contribuer à la réflexion sur la mise en valeur notamment des espaces verts (île Saint-Germain, île Seguin, île de Monsieur, parc de Saint-Cloud, berges et rives de la Seine…) ;
  • approfondir la programmation générale, en veillant à la cohérence et à la qualité de l’ensemble des projets ;
  • contribuer à la définition des montages juridiques et financiers ;
  • contribuer à l’élaboration des statuts pour les structures juridiques et financières qui pourraient assurer la maîtrise d’ouvrage puis l’exploitation des différentes composantes de l’aménagement de la Vallée de la Culture ;
  • rechercher des partenariats publics et privés ;
  • organiser toute manifestation ou tout événement au titre de la préfiguration de la Vallée de la Culture.