Difficile d’ignorer, le 30 mars dernier, la situation dramatique des habitants du nord du Japon, pris entre les ruines, les morts non décomptés, et les réacteurs en surchauffe de la centrale de Fukushima. Fidèle à sa tradition, Boulogne Billancourt devait donc faire parvenir une aide au pays sinistré. Dans un tout ordre d’idée, le 30 mars 2011, on était à un peu plus d’un an des jeux olympiques et paralympiques de Londres, une échéance qui concerne également la Ville.

Aide au Japon

esther kamatari

Boulogne Billancourt a une telle tradition de coopération qu’elle s’est dotée en 2008 d’une conseillère municipale déléguée à la Solidarité internationale. Il est donc revenu à Esther Kamatari de présenter cette première délibération, qui visait à verser 22 600 euros, soit 20 centimes par Boulonnais, à la Croix Rouge française pour soutenir son action au Japon. Madame Kamatari a souligné les nombreux liens existant entre Boulogne Billancourt et le Japon : outre le jardin Albert Kahn, qui reçoit chaque année plus de visiteurs japonais que de n’importe où ailleurs, la Ville accueille les sièges français des entreprises Nissan, Shiseido et Hitachi. Par ailleurs, l’association Eveil Japon prend en charge les enfants dès la maternelle à Boulogne Billancourt, tandis que les plus grands peuvent suivre des cours au collège du Parchamp.

agnès bauche

Si la délibération a été adoptée à l’unanimité, elle n’en a pas moins suscité une réaction sur la politique d’aide internationale menée par la Ville.
Agnès Bauche (UPBB) a remercié le conseil pour cette initiative, bien que, a-t-elle ajouté, cette aide soit bien modeste. « J’imagine que si vous aviez pu faire mieux, vous l’auriez fait, » a-t-elle commenté. Surtout, elle a regretté que la Ville se montre sélective dans ses actions de solidarité et ait ainsi, récemment encore, oublié « d’autres damnés de la Terre. » Elle a rappelé le sort des 21 millions de victimes des inondations au Pakistan cet été, dont Boulogne Billancourt, malgré les intercessions en commission d’Esther Kamatari et Rosaline Laureau à l’époque, ne s’est pas émue. Elle a souhaité qu’à l’avenir la Ville ne se détourne pas de tels désastres.
A cette remarque, le maire a reconnu que la Ville aurait pu faire un geste pour le Pakistan. Mais il a expliqué que, si l’aide boulonnaise n’avait pas d’exclusive, elle requérait cependant un minimum de relations avec les pays concernés, comme c’est le cas pour le Japon, ou pour Haïti, que Boulogne Billancourt a soutenue suite au tremblement de terre de l’an dernier.

Préparation des JO 2012

pascal louap

Dans un tout ordre d’idée, à un peu plus d’un an des Jeux Olympiques de Londres, les athlètes se préparent pour les sélections. Pascal Louap, maire-adjoint au Sport, a présenté dans cette perspective la délibération n°11. On sait que la Ville compte de nombreux athlètes de haut niveau, susceptibles de prendre part aux compétitions olympiques ou paralympiques. Seulement, a expliqué l’adjoint, les qualifications elles-mêmes requièrent un fort investissement de la part des sportifs, en temps bien sûr, mais aussi en argent dès lors qu’il faut se déplacer pour les compétitions intermédiaires. Afin de les aider, la Ville a décidé de signer avec l’ACBB un Contrat olympique et paralympique de deux ans, sous la forme d’une subvention exceptionnelle de 100 000 euros par an pour contribuer aux frais de matériel, de déplacement, d’hébergement, d’engagement aux épreuves nationales et internationales, et d’encadrement sportif, mais aussi éventuellement pour constituer un complément de rémunération pour les sportifs.
Il revient à l’ACBB de passer une convention d’objectifs individualisés avec les neuf sportifs concernés pour le moment, à savoir :

Loic Korval médaille de bronze aux mondiaux de Tokyo - CR Reuters - Toru Hanaï

  • Chloé Poumailloux (aviron)
  • Laurent Cadot (aviron)
  • Stéphane Tardieu (aviron)
  • Gilles Bonhomme (judo)
  • Nicolas Bresson (judo)
  • Loïc Korval (judo)
  • Thierry Fabre (judo)
  • Pierre Robin (judo)
  • Flora Manciet (kayak)

De leur côté, les sportifs s’engagent en outre à participer aux opérations sportives, communicationnelles et pédagogiques organisées par l’ACBB et la Ville, à rendre visible le logo de la Ville sur leurs équipements, et à observer un comportement conforme à la Charte du Sportif de Haut niveau.

marc fusina

Suite à cet exposé, Marc Fusina (@lternance) a pris la parole pour signaler que deux nageuses de l’ACBB présentaient également de grandes chances de se qualifier, regrettant donc qu’elles ne figurent pas dans cette première liste. Par ailleurs, il a rappelé à Pierre-Christophe Baguet, non comme maire, mais comme président de GPSO, que le sport de haut niveau était une compétence communautaire optionnelle, qui s’exerçait notamment pour certains équipes de Vanves et d’Issy-les-Moulineaux. Il a jugé regrettable que Boulogne Billancourt exerce ainsi une compétence communautaire, mais a précisé que, compte-tenu de l’objet de la délibération, son groupe la voterait.

pierre-christophe baguet

Pierre-Christophe Baguet a alors précisé quel était le fonctionnement de GPSO sur ce point. Il a expliqué que la compétence « sport de haut niveau » existait avant 2010 pour la communauté Arc de Seine (Vanves, Chaville, Issy, Ville d’Avray, Meudon), mais par pour Val de Seine (Boulogne Billancourt, Sèvres). C’est donc à l’occasion de la fusion entre ces deux communautés que la compétence a été adoptée par GPSO. Or, au sein d’Arc de Seine, le sport de haut niveau concerne essentiellement des sports d’équipe (handball, notamment), alors que Boulogne Billancourt comprend plutôt des athlètes de sports individuels. L’harmonisation entre ces différentes natures sportives ne s’est pas encore faite, d’où le choix opéré par la Ville de procéder directement pour l’instant. Enfin, a-t-il ajouté, et toujours compte-tenu de cette non-harmonisation, si c’est bien GPSO qui soutient le sport d’équipe d’Issy, dans les faits cela reviendrait au même si la ville d’Issy versait directement la subvention à ses équipes.
Marc Fusina s’est élevé contre cette démonstration : « La communauté d’agglomération n’est pas un simple système de vases communicants, » a-t-il estimé. Elle devrait bénéficier d’une marge d’action autonome, puisque l’objectif des communautés d’agglomération est « de faire mieux et moins cher. »
Face à ce rappel aux statuts, le maire s’est échauffé : « Monsieur Fusina, vous êtes loin d’être un idiot. L’objectif est bien de dégager des marges collectives, GPSO doit apporter un plus et c’est déjà le cas puisque ça nous a permis d’acheter le stade Marcel Bec, mais cela demande du temps ! »
Refusant d’en démordre, Marc Fusina a alors estimé que l’on aurait dû d’abord établir un état des lieux du sport de haut niveau dans la communauté d’agglomération, afin d’envisager la constitution d’équipes sportives à l’échelle de GPSO. Une proposition qu’il avait d’ailleurs formulée lors du conseil communautaire de juin 2010. Pascal Louap lui a rétorqué que ce travail avait été fait.
S’en est suivi un échange de petites phrases entre eux que nous qualifierons de non sportives.

Bref, affaire à suivre, et en attendant, tous nos encouragements aux sportifs qui préparent les sélections olympiques et paralympiques !