On en finit avec le conseil municipal du 7 octobre, les épisodes précédents sont à suivre ici, ici, et là aussi… Pour terminer, donc, retour sur la réorganisation à l’étude de tout un quartier, Billancourt-Glacières, et sur la nouvelle composition du CESL.

Délibération n°17

gauthier mougin

La délibération n°17, présentée par Gauthier Mougin, maire-adjoint à l’Urbanisme, faisait suite à la délibération n°18 du 12 novembre 2009. Après avoir défini un périmètre d’études au cœur du quartier Billancourt-Glacières, avoir nommé les trois cabinets en charge du projet (Quintet, Grumbach et La fabrique urbaine) et décidé de leur façon de travailler (pour 70 000 euros d’honoraires chacun, un diagnostic commun est élaboré puis chaque cabinet mène une étude en parallèle aboutissant à trois propositions différentes), il s’agissait cette fois-ci de lancer une révision simplifiée du PLU spécifiquement sur le parc des Glacières.
Monsieur Mougin a exposé le raisonnement de la majorité : ce quartier central constitue « le trait d’union entre la ville actuelle et le futur quartier de la ZAC Renault, » ce qui explique les études en cours pour sa totale réfection. Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux habitants sur le Trapèze ne fera qu’accroître la demande en équipements sportifs sur la ville. D’ores et déjà, a indiqué Monsieur Mougin, les activités de tennis, de football et d’athlétisme débordent. L’idée est donc de développer le football et l’athlétisme déjà pratiqués au stade Le Gallo et, pour ce faire, de déplacer les courts de tennis. Après avoir envisagé un temps de les installer sur le nouveau parc de Billancourt, c’est sur le parc des Glacières que la majorité a jeté son dévolu.

Deux raisons à cela : le parc de Billancourt est stratégique dans l’équilibre du nouvel éco-quartier (récupération et filtrage de l’eau, notamment), et le parc des Glacières est insatisfaisant, ou plus exactement, « insécurisant. » On a déjà eu l’occasion d’en parler ici.
Il s’agirait donc de faire d’une pierre deux coups : réaménager le parc, notamment en écrasant ses buttes et ses « zones d’ombre, » et construire un vrai complexe tennistique de nature à satisfaire l’énorme demande des habitants.

Le projet a suscité de nombreux échanges.

dorothée pineau

Jean-Michel Tisseyre (@lternance) s’est d’abord interrogé sur « la réorganisation de la trame verte à l’échelle du quartier. » Judith Shan (@lternance) est ensuite revenue sur l’implantation des tennis. Elle voulait savoir si d’autres lieux avaient été envisagés pour cet aménagement, par exemple sur l’île Seguin ou sur le Trapèze.
C’est Dorothée Pineau (UPBB), ancienne adjointe à l’Urbanisme, qui lui a répondu : la précédente majorité avait lancé des études de réaménagement du quartier dès 2003. Elle avait étudié la possibilité d’installer les tennis au stade Le Gallo – hypothèse écartée depuis, donc – et sur le terrain CAT*, très étroit. Elle ignorait en revanche si d’autres études, sur d’autres emplacements, avaient été entreprises depuis. Quoi qu’il en soit, elle a annoncé que le groupe UPBB, considérant lui aussi qu’il s’agit d’un quartier charnière et d’un espace mal employé, voterait la délibération après s’être fait confirmer que le terrain de l’ex-collège du Vieux Pont faisait bien partie du périmètre d’étude.

marie-hélène vouette

Marie-Hélène Vouette (@lternance) a rebondi sur le sujet litigieux des équipements sportifs de la ville. Elle a jugé « regrettable » que la majorité n’ait pas profité de l’aménagement des terrains Renault pour doter la ville de nouveaux équipements, alors même que c’était l’un des thèmes de la campagne des municipales. Résumant les choses ainsi : « Vous augmentez les bureaux sur les terrains Renault et vous diminuez la surface d’un parc, » elle a annoncé que le groupe @lternance voterait tout de même la délibération, compte-tenu des besoins en équipements sportifs des habitants. Enfin, elle a voulu connaître des détails quant à l’avenir de la bibliothèque de la rue de Clamart, dans le secteur concerné, puisqu’il est question de la fermer au profit de la nouvelle médiathèque du Trapèze.

pierre-christophe baguet

A la suite de ces prises de parole, Gauthier Mougin a tenu à repréciser les choses : d’une part, une vaste étude est lancée à l’échelle de tout le quartier Billancourt-Glacières et confiée aux trois cabinets sus-cités, et d’autre part, en l’occurrence, on lance une révision simplifiée du PLU sur un territoire plus petit, inscrit dans ce quartier, et qui concerne le parc des Glacières et les différents équipements sportifs du secteur (piscine, patinoire, gymnase, tennis…).
Enfin, le maire, Pierre-Christophe Baguet, a rappelé que la ville était propriétaire d’une grande partie du foncier du secteur : établissements scolaires et sportifs, parc, ainsi que des commerces et des immeubles. Ce qui en facilite naturellement le réaménagement. A Judith Shan, il a confirmé qu’il avait fait faire des études de faisabilité, mais n’a pas précisé sur quels secteurs. Il n’a apparemment jamais envisagé d’installer des équipements sportifs sur le Trapèze, compte-tenu du coût du foncier. Renault était prêt à céder une parcelle du parc de Billancourt pour un euro symbolique à cet effet, mais comme l’a expliqué Gauthier Mougin, cela aurait pu compromettre l’équilibre écologique d’ensemble de cet espace. Le parc des Glacières lui est donc apparu comme la meilleure solution et surtout la solution la plus « rapide » pour pallier le manque d’équipements sportifs.

Délibération n°18***

gauthier mougin

La délibération n°18, également présentée par Gauthier Mougin, s’inscrivait dans la continuité de la précédente. Dès lors que l’on décide d’installer des tennis sur le parc des Glacières, encore faut-il les construire. La délibération consistait donc à attribuer la maîtrise d’œuvre pour un projet de club de tennis comprenant 12 courts, dont la moitié semi-enterrés afin de les superposer, ainsi que des vestiaires et autres accessoires.

jean-pierre fourcade

Jean-Pierre Fourcade (UPBB), tout en se félicitant de ce que le parc de Billancourt fût préservé, s’est élevé contre cette délibération. Il n’a pas jugé « cohérent » de lancer un concours de maîtrise d’œuvre pour ce chantier alors même que la procédure de révision du PLU vient d’être lancée. Peu sensible à l’argument méthodologique selon lequel, en lançant les deux processus en parallèle (révision du PLU et maîtrise d’œuvre), ils aboutiraient en même temps et permettraient donc d’aller plus vite « sans que la phase de concertation ne soit sacrifiée, » il a annoncé que le groupe UPBB s’abstiendrait sur cette délibération. Poursuivant sur sa lancée, il a énuméré toutes les difficultés du projet, qui ne permettaient pas de faire fi de la concertation : la hauteur des constructions pour des riverains habitués à vivre devant un parc, et le coût élevé de l’opération d’enterrement des tennis.

Judith Shan

Judith Shan (@lternance), de son côté, a voulu obtenir la garantie que la surface de l’espace vert public ne serait pas amputée par ce projet. Par ailleurs, évoquant les 4 courts de tennis publics déjà présents sur le terrain des Glacières, elle a voulu savoir s’ils demeureraient en accès libre à l’avenir, permettant à des joueurs non membres d’un club d’y pratiquer leur sport.
Vittorio Bacchetta, conseiller municipal délégué à la démocratie de proximité, a abondé dans son sens. Il a insisté sur l’importance de préserver le libre accès aux courts pour les joueurs non membres d’un club, et notamment pour les riverains.

marc fusina

Marc Fusina (@lternance), enfin, a exprimé la désapprobation de son groupe, pour les mêmes motifs que le groupe UPBB : la concomitance malvenue de la révision simplifiée du PLU et de l’attribution de la maîtrise d’œuvre. Il a ajouté que l’emplacement leur semblait inadéquat, et, puisqu’il est dit que c’était la soirée des archives pour Monsieur Fusina, il a malicieusement exhumé un article paru dans Le Parisien en 2007 dans lequel Pierre-Christophe Baguet, qui n’était pas encore maire, regrettait que l’équipe alors en place n’aménage pas un terrain de football sur l’île Seguin. « J’étais totalement d’accord avec vous ! » a lancé Monsieur Fusina, et de déplorer à son tour que Monsieur Baguet devenu maire n’ait pas mené à bien ce projet.

pierre-christophe baguet

Le maire a répété son credo méthodologique : en lançant les deux procédures en même temps, on pourrait voir les tennis sortir de terre d’ici deux ans, ce qui lui paraît d’autant plus important qu’il s’agit d’opérations imbriquées. Lorsque les tennis auront déménagé de Le Gallo, d’autres terrains de football pourront être aménagés, et le bâti vendu afin d’équilibrer l’opération.
Il a expliqué à Judith Shan que le parc des Glacières serait bel et bien amputé, mais que « cela ne [lui] parai[ssait] pas choquant, » étant donné qu’entre le parc de Billancourt et l’île Seguin, les habitants disposeraient de 15 hectares d’espaces verts à proximité. Quant à laisser des courts en libre accès, la question mérite réflexion selon lui, étant donné d’une part « qu’ils ne sont pas utilisés que par des Boulonnais » et d’autre part que, la Fédération de tennis, voire le TCBB, pouvant être appelés à contribuer au financement de l’opération, il faudrait leur donner une contrepartie. On semble s’acheminer vers une convention avec le TCBB, qui accepterait d’accueillir les enfants de l’école municipale des sports, et peut-être même des particuliers amateurs de tennis. A suivre.

Des familles jouent au tennis au parc des Glacières

Enfin, en réponse à Monsieur Fusina, Monsieur Baguet a justifié son changement de cap depuis ses déclarations de 2007 : entretemps, a-t-il expliqué, il a fallu acheter l’île Seguin 43 millions d’euros**. « On ne peut me reprocher à la fois de chercher un équilibre financier sur l’île Seguin et de ne pas y construire de terrain de football, » a-t-il déclaré. Il a par ailleurs tenu à rappeler que la Ville avait depuis acheté en partie le stade Marcel Bec à Meudon et, revenant sur sa politique sportive globale, il l’a estimée satisfaisante : entre Marcel Bec, ces courts, le réaménagement de Le Gallo et deux nouveaux gymnases, son mandat aura marqué le plan sportif.
Judith Shan (@lternance) a tenu à souligner l’inconfort des habitants de ce quartier, qui se voient peu à peu dépouillés de tous leurs équipements, de la bibliothèque de la rue de Clamart au parc à présent. Ce à quoi le maire a répondu que les habitants de « ce quartier qui souffre depuis trente ans » avaient toute son attention, et que le projet d’aménagement de Billancourt-Glacières leur donnerait entière satisfaction.
Au moment de passer au vote, Philippe Tellini, qui était encore membre du groupe UPBB, a fait savoir que Jean-Pierre Fourcade s’était « exprimé un peu vite » en annonçant l’abstention du groupe. Il s’est déclaré tout àf ait favorable au projet et a voté pour.

EDIT 16-01-11 : à l’appel des associations locales Intégrer Billancourt et Verlaine environnement, une pétition a été mise en ligne contre ce projet.

Délibération n°21

La délibération 21 portait sur le nouveau découpage des quartiers avec leurs nouveaux élus. A noter qu’Agnès Bauche (UPBB) a plaidé en vain pour que les quartiers les plus peuplés disposent de davantage de conseillers de quartier.

Délibération n°22

vittorio bacchetta

Dernière délibération à retenir, la 22, présentée par Vittorio Bacchetta, conseiller délégué à la Démocratie locale. Il s’agissait de présenter les nouveaux membres du CESL. En effet, si cette instance doit être totalement renouvelée en avril prochain, sept défections ont eu lieu au cours du premier mandat, ainsi qu’un décès. Comme le conseil fonctionnait avec 76 membres alors qu’il peut en compter jusqu’à 80, il a donc été décidé d’intégrer au CESL des candidats spontanés.
Monsieur Bacchetta a rappelé que depuis son installation en février 2009, le CESL s’était réuni 6 fois en séance plénière. Le conseil est divisé en six sections, animées chacune par un vice-président :

  • Santé et Solidarité (Jacques Varnier),
  • Education et Formation (Yvette Achitouv),
  • Espace Public et Environnement (Philippe Galy),
  • Culture et Sports (Véronique Gaudoux-Dauvillier),
  • Développement Economique (Alain Dumont)
  • Evaluation des Services Publics Locaux (Arnaud Jutier)

21 personnes avaient adressé leur candidature spontanée pour siéger au CESL, et il y avait 12 postes à pourvoir. La commission d’examen des candidatures en avait retenu 11 mais, en séance, le maire a vivement insisté pour qu’un candidat retoqué par la commission rejoigne tout de même les bancs de l’assemblée, ce qui a été accepté. Dernière à prendre la parole sur le sujet, Marie-Hélène Vouette (@lternance) a tenu à rappeler que son groupe avait toujours soutenu la création du CESL, et souhaitait la bienvenue aux nouveaux conseillers.

* Terrain situé rue du Point du Jour, jadis occupé par la filiale CAT de Renault, spécialisée dans les engins de construction. Le projet de Madame Pineau consistait à y aménager des tennis couverts en lieu et place des bâtiments du CAT, ainsi qu’un espace vert pour enfants.
** On a été surpris par ce montant : dans le Journal officiel du 15 mai 2003, au cours de la délibération n°7 qui présentait l’ensemble de l’accord avec Renault et la formation de la ZAC, le maire d’alors, Jean-Pierre Fourcade, avait annoncé que le montant de l’acquisition de l’île Seguin était de 33 millions d’euros. Ces détails sont consultables sur le site de la Ville.
*** Les Verts de Boulogne Billancourt ont déposé un recours gracieux contre cette délibération auprès du maire au mois de décembre 2010.