On a déjà un peu parlé du conseil municipal du 7 octobre, au sujet du nouveau découpage de la ville en 6 quartiers et du remaniement afférent, et des aménagements qui attendent le parc des Glacières. Mais le conseil comptait 22 points en tout, nous revenons ici sur les principaux.

C’est le premier adjoint, Thierry Solère, qui a ouvert le conseil ce soir-là. Pierre-Christophe Baguet a rejoint ses élus après 20h. Avant de commencer, l’assemblée a offert une ovation à Marie-France de Rose, adjointe territoriale, de retour d’une longue convalescence. L’e-bb se félicite également du rétablissement de Madame de Rose. Puis, avant d’entamer l’ordre du jour, trois questions orales ont été posées.

marie-hélène vouette

La première question, posée par Marie-Hélène Vouette (@lternance), portait sur le survol de la ville par les hélicoptères. Madame Vouette a expliqué que, chaque année depuis 2007, 15 000 vols, pour l’essentiel commerciaux,  (70 %) venaient enrichir de leur bruit l’environnement de Boulogne Billancourt. Elle a précisé que la perception du bruit d’un hélicoptère était bien plus étendue que celle de toute autre source de bruit de moteur : 2 minutes. Ces nuisances, a-t-elle expliqué, sont dues au mépris de la loi, qui prévoit aussi bien que les zones habitées ne doivent pas être survolées (d’où le tracé d’un couloir pour mener à l’héliport d’Issy-les-Moulineaux), que la limitation des vols touristiques dès lors qu’ils sont inférieurs à une heure. En l’occurrence, le sud de la ville est régulièrement survolé, et les baptêmes de l’air de moins d’une heure, ou le transport jusqu’à Versailles, sont monnaie courante. Par ailleurs, a-t-elle ajouté, le projet de création de nouveaux sites héliportuaires destinés à soulager le trafic d’Issy-les-Moulineaux semble être resté dans les cartons. Reconnaissant que le maire avait déjà interpellé toutes sortes d’autorités à ce sujet, Madame Vouette a souhaité savoir quelles mesures concrètes (« J’insiste sur le mot concrètes, » a-t-elle martelé) il souhaitait prendre pour atténuer ces nuisances.

christine bruneau

En son absence, c’est Christine Bruneau, adjointe au Développement durable, qui a tenté de répondre. Madame Bruneau s’est voulue rassurante et optimiste. Elle a expliqué que ces questions étaient suivies avec beaucoup d’attention par les membres de la commission consultative de l’environnement de l’héliport d’Issy, où la Ville est représentée. Elle a de plus estimé que les démarches du député-maire commençaient à porter leurs fruits, annonçant les progrès suivants :

  • Contrairement à Madame Vouette, Madame Bruneau, s’appuyant sur les chiffres de la Direction de l’Aviation Civile (DGAC), affirme que les vols sont en constante réduction, et demeurent sous le seuil de la charte de l’héliport (12 000 vols par an). On comprend que ces chiffres ne prennent pas en compte les 5 000 vols de transit que Madame Vouette intégrait à son calcul. Pour ces derniers, il serait prévu de contraindre les pilotes à emprunter des itinéraires alternatifs en 2011.
  • Par ailleurs, des mesures ont été prises pour inciter les propriétaires de vieux appareils, les plus bruyants, à remplacer leurs modèles. Madame Bruneau espère qu’une prochaine modulation de la redevance sur les critères acoustiques accentuera la tendance.
  • Depuis l’an dernier, il a également été recommandé de voler à plus haute altitude : le passage de 450 mètres à 600 mètres entre la porte de Gentilly et Meudon a permis de réduire la nuisance sonore entre 1,5 décibel et 2 décibels. Elle se félicite également de la réduction des vols à plus de 70 décibels : ces derniers représentaient 65 % des cas l’an dernier, contre seulement 40 % cette année, d’après les mesures de l’observatoire du bruit en Ile de France.
  • De plus, la DGAC a défini de nouveaux itinéraires permettant de contourner le sud de Boulogne Billancourt. Insistant sur la difficulté de l’exercice (prendre en compte les nuisances sonores, les impératifs de sécurité et les paramètres environnementaux), Madame Bruneau a annoncé que ces itinéraires devraient être pratiqués dès la fin du mois d’octobre, entraînant une sensible diminution des nuisances en ville.
  • Enfin, on peut attendre une pluie de bonnes nouvelles dans les prochains mois : l’interdiction des vols touristiques ou d’entraînement dans notre zone, et, en effet, le développement de nouvelles zones de décollage et d’atterrissage pour les vols commerciaux.

jean-michel tisseyre

La question suivante, posée par Jean-Michel Tisseyre (@lternance), tendait à dresser un bilan de la Journée de la mobilité organisée en septembre. Ce bilan, d’après lui, est peu réjouissant : une zone piétonne sur le boulevard Jean Jaurès « clairsemée et peu animée, » trop peu de stands accordés aux associations au regard des stands mis à disposition des concessionnaires automobiles, pas d’information sur les mesures du Grenelle de l’environnement telles que le co-voiturage ou les plans de déplacement entreprise, et une promotion « ratée, résultat d’une communication inefficace. » Et d’évoquer aussi bien la surprise des automobilistes s’apercevant que le boulevard était fermé, que la faible fréquentation des piétons et des amateurs de rollers, l’ensemble donnant l’impression que la Ville ne faisait pas montre d’une « réelle conviction » sur ces problèmes de déplacement.
Au-delà de ce bilan peu amène, Monsieur Tisseyre, rappelant que la réduction des gaz à effet de serre était un « enjeu important » pour la ville, a souhaité savoir quelle politique serait menée par l’exécutif en matière de déplacement en ville.

Une des affiches exposées lors de la journée de la mobilité

A cette question, c’est de nouveau Christine Bruneau qui a répondu.
Revenant sur le bilan de la journée, l’adjointe s’est dite « prête à concéder qu’une importante fête religieuse a pu contribuer à donner l’impression qu’il y avait moins de monde [que l’année dernière] » (sic). En revanche, elle a affirmé que les moyens de communication n’avaient pas varié par rapport à l’année précédente.
Sur le fond, elle a tenu à rappeler que la politique du déplacement était désormais une compétence communautaire, relevant donc de GPSO, sous l’autorité d’Hervé Marseille. Jean-Michel Tisseyre, tout comme elle, siègent d’ailleurs à la commission Transport de la communauté d’agglomération. Cela étant dit, bien consciente de la responsabilité de la Ville dans la lutte contre le réchauffement climatique, Madame Bruneau a expliqué que Boulogne Billancourt comme GPSO étaient engagées dans l’élaboration d’un Agenda 21 local ainsi que d’un Plan Climat-Energie territorial. Parmi les points au programme, la « mobilité durable » figure en bonne place.

christine bruneau

Il s’agit :

  • d’améliorer « l’intermodalité, » c’est-à-dire l’articulation des différents modes de transport,
  • d’améliorer l’accès aux transports en commun sur le territoire : dans le périmètre de GPSO, la communauté d’agglomération a obtenu une délégation du STIF. Au-delà de ce périmètre, il s’agit de peser dans la balance pour obtenir une desserte d’Arc Express, ou de tout autre projet de transport en lien avec le Grand Paris.
  • de réfléchir à un plan de circulations douces (dont le schéma directeur est à l’étude),
  • et de sensibiliser les habitants aux enjeux environnementaux de la mobilité.

A cet égard, le programme d’action devrait être adopté par GPSO au premier trimestre 2011. D’ores et déjà, d’après Madame Bruneau, le volontarisme de Boulogne Billancourt pour l’installation de stations Vélib’ et, prochainement, Autolib’, atteste la détermination de la municipalité sur ce sujet. En dernier lieu, l’élue a tenu à rappeler que la Ville était également partie-prenante dans les plans de déplacement entreprise, citant son partenariat « exemplaire » avec TF1.

marc fusina

Dans le même ordre d’idées, la dernière question orale, posée par Marc Fusina (@lternance), portait sur l’aménagement des pistes cyclables à double sens dans les zones 30. Cette disposition est en effet devenue une contrainte légale, depuis la parution du décret portant sur la modification du Code de la route, en juillet 2008. L’élu y voit une mesure de sécurité, qui permettra à tous les usagers de mieux se voir, et donc de mieux appréhender leur conduite.
Or, a-t-il constaté, « depuis le nouveau mandat, pas un mètre de piste cyclable n’a été construit. »
La question était donc de savoir quand la ville de Boulogne Billancourt entreprendrait de se mettre en conformité avec le Code.

thierry solère

Ce n’est pas la conseillère déléguée à la Sécurité routière qui a répondu, mais le premier adjoint. Ce dernier a insisté sur toute l’attention que porte la majorité municipale aux questions de sécurité routière et à la réduction de la vitesse. C’est d’ailleurs en vertu du fameux décret que la ville a multiplié le nombre de zones 30 sur son finage.
Cependant, a-t-il ajouté, il a été délibérément décidé de ne pas appliquer cette mesure à Boulogne Billancourt, compte-tenu du profil des zones 30 : des voies souvent étroites, flanquées d’espaces de stationnement, qui pourraient en réalité représenter un danger pour des cyclistes circulant à double sens, compte-tenu des manœuvres et des ouvertures de portière côté chaussée. La solution consisterait à supprimer une partie des places de stationnement, mais cela engendrerait d’autres problèmes auprès des riverains. D’où l’option du statu quo, entérinée par un arrêté municipal paru fin septembre.

A suivre…