J’ai rencontré Frédérique Moradpour, coach professionnelle boulonnaise, à un moment où il apparaissait de plus en plus clairement que mon futur au sein de mon entreprise était compromis .

Frédérique Moradpour coach boulonnaise

Cela faisait maintenant un an que ma position était précaire, et bien qu’ayant réussi à tirer parti de l’instabilité ambiante, la situation ne pouvait perdurer et risquait de se finir à mon désavantage.
Ainsi, quand l’occasion me fut donnée de rencontrer Frédérique pour en faire un portrait dans l’e-bb, je répondis à mon interlocutrice que j’en serais ravie, et ajoutais, légèrement goguenarde, que cela tombait bien compte tenu de ma situation.
Je ne me doutais alors pas des conséquences de ma boutade.
Frédérique Moradpour a découvert le coaching au travers de son activité professionnelle, exercée dans le monde de l’événementiel. Profitant d’un accompagnement dans le cadre d’un repositionnement, elle a pu apprécier la puissance de la démarche et a décidé d’approfondir cette voie. Elle la décline aujourd’hui de deux manières : en l’intégrant dans les évènements qu’elle continue d’organiser, et en coachant les particuliers dans leur processus de transition professionnelle. Dans ce cadre, sa motivation est claire, et sonne comme une vocation ou une profession de foi : elle veut aider son prochain en mettant à son service sa propre expérience. Avec une passion pour une catégorie particulière, celle des surdoués, dont elle m’explique les caractéristiques, qui au-delà de la fascination qu’elles peuvent susciter, constituent parfois une source de difficultés dans le monde professionnel.
Une fois ses motivations explicitées, Frédérique m’explique les modalités pour devenir coach. Tout d’abord, l’apprentissage méthodologique. Celui-ci ne m’étonne pas : chaque métier nécessite une formation. En revanche, le coaching se distingue par l’existence de nombreuses techniques. Frédérique m’explique s’être formée à deux d’entre elles, une orientée vers l’individuel, l’autre vers le coaching en équipe. Elle me parle aussi du coaching dans l’espace, technique que j’expérimenterai avec elle. Au-delà de cet aspect méthodologique, le coach se doit d’être au clair avec lui-même. Il doit donc se connaitre, ce qui passe souvent par une analyse. Puis, il doit se soumettre à une obligation déontologique consistant à se faire superviser.
Contrairement donc à l’idée véhiculée par le fort développement de cette profession au cours des dernières années, devenir coach dans le domaine de l’accompagnement professionnel ne s’improvise pas. La similitude avec la psychanalyse semblant patente, je demande à Frédérique comment ces deux pratiques se différencient. La réponse est limpide : la psychanalyse s’intéresse au « pourquoi », le coaching au « comment ». Et quand je lui demande pourquoi le choix de l’un plutôt que l’autre, pas d’hésitation là non plus : Frédérique, dont l’objectif est clairement d’aider autrui, souhaite le faire dans le domaine dans lequel elle est la plus crédible, à savoir la sphère professionnelle.
Après la théorie, place à la pratique : pour me permettre d’appréhender au mieux son travail, Frédérique m’invite à expérimenter une séance de coaching, avec moi en cobaye. Ca, ce n’était pas prévu, mais, après tout, pourquoi pas ?
Quelques jours après notre première rencontre, Frederique et moi nous retrouvons donc pour ma séance. A elle de prendre la main sur notre échange.
En terme de préparation et d’entrée en matière, Frederique me demande d’expliciter un objectif a moyen terme. Je lui explique de manière plus détaillée ma situation professionnelle, et les options qui se présentent à moi : continuer dans ma société actuelle si l’occasion m’en est donnée, chercher un autre travail, ou lancer ma propre activité de conseil vis-à-vis des dirigeants de PME. Mon objectif est simple : m’aider à me positionner vis-à-vis de ces options, étant entendu que la première ne dépend pas de moi, que la deuxième s’inscrit dans un contexte économique difficile, et que la troisième constitue une prise de risque mais peut-être aussi une opportunité de remplir un rêve d’entrepreneuriat.
La séance commence. Le rôle de Frédérique est de proposer un cadre de réflexion, une structure au travers de la parole et de l’espace. Ce dernier élément, innovant pour moi au regard d’expériences précédentes, passe par une représentation de chacune des options via des objets que je dois choisir, leur positionnement relatif dans la pièce et le mien par rapport à chacun d’entre eux. Je choisis une facture pour représenter mon poste actuel, une autre pour un autre emploi, et un appareil photo que je positionne près de la fenêtre pour exprimer l’envol vers l’entrepreneuriat.

Le cheminement de la transition professionnelle

Le cheminement de la transition professionnelle
La séance sera l’occasion aussi de verbaliser mes aspirations et mes motivations en terme d’activité professionnelle. Elle permettra de réfléchir sur le sens que je veux lui donner et sur les éléments qui m’importent à ce stade de ma carrière. Au-delà du travail sur les options, c’est cet aspect qui m’aura finalement le plus apporté. En effet, la définition d’une grille de lecture est le reflet de sa propre personnalité a un moment donné. A ce titre, il constitue une forme de vérité qui n’appartient qu’à soi et que l’on contrôle entièrement.
Peu de temps après notre séance, au cours de mon entretien annuel d’évaluation, je serai informée que mon poste est supprimé. Malgré de nombreux éloges, l’heure du départ a sonné.
Depuis, alors que chaque jour est une page blanche, je repense à la grille d’analyse définie lors de cette session avec Frédérique. En filigrane de mes réflexions, elle les accompagne et m’aide à définir ma future carrière professionnelle en restant au plus proche de ma vérité actuelle.
Mais ceci est une autre histoire…