Musique, musiques...

Dans le cadre de la quinzaine d’échange Erasmus au Conservatoire à Rayonnement Régional,  un concours international de composition était organisé. Trois catégories étaient ouvertes : Musique instrumentale, Musique de chambre et  Musique pour un orchestre de débutants.

C’est bien connu, la musique contemporaine n’attire pas les foules et l’assemblée n’était pas très importante cet après-midi du Mercredi 6 avril. C’est pourtant bien dommage, car le CRR et son Directeur Alain Louvier nous donnaient l’occasion de passer un moment tout à la fois plein de fraîcheur et très intéressant à l’écoute des finalistes.

Arrivé, une fois n’est pas coutume, en avance, j’ai pu assister à la fin de la répétition d’une des deux œuvres d’orchestre sélectionnées pour l’audition finale. Je me suis régalé et j’ai pu constater que les jeunes artistes demeurent les mêmes à travers les générations : quelques bavardages discrets, trois mâchoires occupées par leur chewing-gum, coups d’œil en coin, démarrages ratés et au final la même passion partagée.

Il faut ici  rendre hommage au chef,  Pierre Calmelet, pour sa patience, sa fermeté et sa gestique précise dans la direction de la cinquantaine de jeunes musiciens. Les huit membres du jury, au sein duquel siégeaient Pascal Fournier, Maire Adjoint à la Culture et Alain Louvier, Directeur du CRR, ont ainsi pu auditionner une bonne partie de chacune des œuvres (l’orchestre n’avait malheureusement pas eu le temps de les répéter en entier) d’Etienne Planel  et de Vincent Gerboulet qui concouraient dans la catégorie Orchestre.

« Le coquillage de feu » d’Etienne Planel évoque tour à tour l’Asie, les musiques militaires et la musique française du début du 20ème siècle. « Pousse Poussin » de Vincent Gerboulet sous influence russe, fait immanquablement penser à Pierre et le Loup de Prokofiev ou à L’histoire du soldat de Stravinski. Aucun prix n’a été délivré dans cette catégorie mais une mention a été attribuée à Etienne Planel.

Tout de suite après dans la salle d’art lyrique, avait lieu, devant les mêmes auditeurs,  le concours de Musique de Chambre. Ce fut, disons-le d’emblée, une heure de très haute tenue tant par la variété et la qualité des œuvres que par le talent des interprètes.

Étaient en compétition :                                                                                                                                        
Un trio avec piano de
Kumi Iwasé dans lequel extrêmes aigus, harmoniques et contrastes des registres retiennent l’attention.
Une pièce pour flûte alto et harpe de Munisse Raynal qui nous fait entendre une flûte exploitée dans toute ses sonorités, y compris des sons soufflés, un alto qui fait vibrer son registre étendu et une harpe imperturbable d’harmonie.
Une trio pour clarinette, hautbois et basson de Hitari Kyama intitulé simplement « trio d’anches ». Cette pièce est  très enlevée et je suppose que le compositeur joue lui-même d’un de ces instruments tant la recherche de couleurs originales est au cœur de cette pièce.
Un trio avec flûte d’Aurélien Maestracci intitulé « scènes ». Les instrumentistes sont ici mis en scène et sollicitent leurs instruments du très piano au fortissimo, avec des pizzicati et des glissandos pour les cordes. Les interprètes vont jusqu’à taper du ou des pieds pour ponctuer les mouvements.

Après délibération le jury a partagé le Prix de la Ville de Boulogne-Billancourt pour la Musique de Chambre entre les œuvres de K. Iwasé et H. Kyama.
Le jury a également distingué  Facondo Lhomgart, un Argentin, pour une pièce pour violoncelle en lui attribuant le prix de la SACEM et a accordé deux mentions à deux autres compositeurs pour des compositions pour piano et pour flûte.

Au-delà du constat que la musique est bien vivante et qu’elle est bien servie par des jeunes de talent, il faut saluer le succès de ce concours qui a confronté 89 partitions et fait l’objet d’une participation internationale importante. Le jury qui comptait dans ses rangs des musiciens venus d’Italie et de Turquie a donc eu fort à faire pour départager les compositeurs en lice.

Rendez-vous au prochain concours qui je l’espère attirera une vaste foule pour apprécier les partitions des finalistes et les jeunes interprètes qui ont si bien préparé les auditions.

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steph

Boulonnais depuis bientôt 35 ans, j'y ai fait venir ma femme qui ne quitterait plus la ville pour un empire. Avec elle nous avons déménagé deux fois à BB et donné le jour à deux enfants, eux aussi boulonnais. et nous venons d'y prendre notre retraite. Conseiller de mon quartier depuis 2003, j'essaye de participer le plus possible à la vie de BB. La rencontre avec mes complices de l'e-bb me permet de vous faire bénéficier de tous nos bons plans et de notre passion pour cette ville. Si vous croisez un homme aux cheveux blancs tiré par un chien encore plus blanc, il y a de forte chance pour que ce soit moi.