Sans surprise, le conseil communautaire a voté le retrait de Vélizy de GPSO. Mais derrière le consensus affiché perçaient bien des regrets.

C’est la première fois que Pascal Thevenot, maire de Vélizy élu vice-président de GPSO en avril dernier, s’exprimait sur le sujet en conseil. Le 21 mai précédent, il avait fait approuver par son conseil municipal le retrait de Vélizy de GPSO, que la commune n’avait rejoint que le 1er janvier 2014.

Pascal Thevenot, maire de Vélizy et vice-président de GPSO

Pascal Thevenot, maire de Vélizy et vice-président de GPSO

« Nous nous retirons à cause de la Métropole du Grand Paris, qui n’est pas adaptée aux caractéristiques urbaines de la commune » a-t-il expliqué. Avec une grande sobriété, il a tenu à préciser que cette décision n’était pas hostile à GPSO, mais bien à un projet de Métropole qui menacerait l’équilibre urbain et financier de sa ville. Une prise de parole synthétique, qui a contrasté avec les réactions.
Marc Mossé (PS, Meudon) a regretté un choix qui « [n’allait] pas dans l’intérêt des habitants, ni du développement économique du territoire. Il y avait de la cohérence à rejoindre GPSO, et je ne pense pas que le projet de Métropole du Grand Paris justifie cette décision. » Pour l’élu d’opposition, c’est un facteur de politique locale qui aurait primé : « Nous savons tous ici qu’il existe des clivages au sein de l’UMP » a-t-il ajouté, faisant allusion à la bataille que se sont livrée dans les Yvelines Valérie Pécresse et Joël Loison, le précédent maire de Vélizy.
En conclusion Monsieur Mossé a rappelé que Vélizy aurait bénéficié d’un siège au conseil de la Métropole, « qui lui aurait permis de prendre part à quelque chose d’intéressant. »
Didier Blanchard (DVD, Vélizy), qui avait voté en son temps l’adhésion de sa commune à GPSO, a tenu à remercier les élus qui l’avaient accueilli, et notamment Denis Badré, le vice-président en charge des Finances, ainsi que ses services. « Le contexte géopolitique change, a-t-il souligné, GPSO pèsera de tout son poids et a lieu d’être au sein de la Métropole. Je quitte GPSO avec un profond regret » a ajouté l’élu, en annonçant son intention de voter contre la délibération.

Denis Badré, vice-président de GPSO en charge des finances - source: blog du sénateur honoraire

Denis Badré, vice-président de GPSO en charge des finances – source : blog du sénateur honoraire

Thierry Besançon (DVG, Chaville) a rompu avec ce ton quelque peu compassé, pointant « un formidable aller-retour. » S’enflammant progressivement, il a lancé « Imaginons la même chose au niveau européen ! C’est une décision lourde, autour d’un projet commun de territoire. Vous partez alors que la loi n’est même pas encore votée. Le Grand Paris, vous l’avez rêvé, vous l’avez eu ! » a-t-il poursuivi, avant d’appeler à relativiser la loi qui s’annonce, et qui fait suite à toute une série de lois. Pour conclure, il a rappelé que son groupe s’était abstenu au conseil municipal de Chaville, lorsqu’il s’était agi de voter l’entrée de Vélizy, parce qu’il avait « flairé la manœuvre. » Il a annoncé son intention de s’abstenir de nouveau.
Denis Badré (UDI, Ville d’Avray), vice-président de GPSO en charge des Finances et du projet d’agglomération, et par là très impliqué dans la constitution de la communauté d’agglomération, a ensuite pris la parole. « Dans Grand Paris Seine Ouest, il y a Grand Paris… » a-t-il commencé par rappeler. « Depuis onze ans, nous observons toujours le même choix : une communauté marche si les communes y adhèrent librement. C’est pourquoi aujourd’hui il faut accepter ce retrait. L’adhésion de Vélizy a demandé un énorme travail, et son dénouement en demandera encore » a-t-il ajouté, avant d’appeler les élus de tous bords à « ne pas entraver le processus, » la délibération exigeant un vote à l’unanimité.
Hervé Marseille (UDI, Meudon), vice-président de GPSO, a souhaité clore le débat sur une note consensuelle. « Je respecte le suffrage universel et la légitimité des élus, » allusion à la campagne électorale des municipales, au cours de laquelle Monsieur Thevenot avait clairement affiché son projet. Revenant au motif invoqué, il a ajouté : « Il ne faut pas confondre Grand Paris et Métropole du Grand Paris, dont on ne sait pas ce que ce sera. » Il a conclu par une pique à destination des élus de gauche : « Il n’est pas anormal que les communes se posant des questions se retirent à la faveur d’un amendement socialiste, » allusion à l’amendement du député Carlos Da Silva, qui a ouvert ce délai de rétractation aux communes concernées par la Métropole.

Quelle que soit la raison profonde, le 31 décembre prochain devrait refermer cette parenthèse d’un an où Vélizy, commune des Yvelines, a fait partie d’un EPCI du 92. Demain soir, le conseil municipal de Boulogne-Billancourt devrait, à l’instar des conseils des 7 autres communes de GPSO, voter à son tour le retour aux pénates versaillais de notre voisin.