Le conseil municipal du 6 mai dernier a été bref – à peine 19 points ! mais toujours aussi intéressant. Entre autres délibérations, retenons la renégociation d’un gros emprunt, l’avancement de l’aménagement du Trapèze, l’annulation d’un projet de crèche, et l’inscription de la Ville dans la course au Patrimoine mondial de l’Humanité ! Mais avant de revenir sur ces points, place aux questions orales.

Une fois n’est pas coutume, l’auteure de ces lignes était en avance au conseil municipal, comprendre à 18h50 pour une séance programmée à 19h. Ces quelques minutes de flottement tranchent étonnamment avec l’atmosphère de l’assemblée proprement dite : les élus arrivent au compte-goutte, d’un pas qui semble vouloir arrêter le temps, ils n’osent pas s’asseoir et feuillettent rêveusement leurs dossiers entre les allées. Certains se croient retardataires et rompent le rythme, avant de s’apercevoir que ce n’est pas le cas et de ralentir le pas.  Un élu à la méridionalité revendiquée claque la bise à tout ce qui bouge. Quant à la salle réservée au public, elle est peuplée de chaises vides, surpeuplée même quand on songe au petit nombre d’aficionados qui les occuperont progressivement.
Soudain tout s’accélère, le gros des troupes arrive et le maire à peine assis déclare la séance ouverte.

martine even

La première question, posée par Martine Even (@lternance), portait sur les difficultés d’inscription en colonies de vacances et centres de loisirs pour les vacances d’été. En cause, le court délai d’inscription (5 jours), la communication insuffisante qui contraint les parents à guetter l’ouverture des hostilités sur le site de la Ville, l’imperfection de l’inscription par Internet (un moment d’inattention et l’inscription peut ne pas être enregistrée, ou ne pas correspondre au choix de la famille, sans que le parent s’en aperçoive), et la délicate gestion des flux de parents préférant faire le déplacement à l’Hôtel de Ville.

guy-rené baroli

Guy Baroli, adjoint aux Affaires scolaires et à la Jeunesse, a confirmé à Madame Even que la municipalité tentait de limiter le recours aux catalogues sur papier. Il a expliqué que, jusqu’en 2008, la Ville éditait 9 000 de ces catalogues à chaque période de vacances (Toussaint, février, Pâques, grandes vacances), soit 36 000  par an. Désormais, si les catalogues sont toujours disponibles dans les lieux publics (permanences de quartier, centres de loisirs) et sur simple demande, c’est leur version numérique qui est privilégiée.
Il a ajouté que les délais d’inscription étaient délibérément courts, et avaient été avancés d’un mois par rapport à l’an dernier, afin de permettre aux familles qui n’auraient pas obtenu satisfaction de trouver d’autres solutions. En l’occurrence, sur le millier de places en séjours d’été, il a indiqué qu’il en restait un peu plus de 200, ce qui devrait permettre à chacun de passer de bonnes vacances. Il a estimé que les remous lors de l’inscription à la mairie avaient été vite apaisés, relativisant ainsi le mot de « bousculade » employé par Madame Even.

le château de Benais, destination historique des petits Boulonnais

Revenant sur le logiciel d’inscription en ligne, il a reconnu que les options de rectification du choix n’étaient pas au point, mais a annoncé que ce serait le cas pour les prochaines vacances de la Toussaint. Il a également évoqué des pistes pour améliorer la communication autour de l’ouverture des inscriptions : entre autres, l’inscription à la newsletter du site de la Ville, l’envoi de SMS, l’affichage à travers la ville et dans les écoles, et le BBI, toutes pistes qui seront testées à la rentrée prochaine.

agnès bauche

La question suivante, posée par Agnès Bauche (UPBB), portait sur le bilan financier de l’exposition Brigitte Bardot, les années insouciance, qui a animé les journées d’hiver de Boulogne Billancourt. Elle souhaitait connaître les recettes nettes (i.e : tous frais déduits) dégagées par la Ville dans cette opération, ainsi que les recettes nettes des différents partenaires.

pascal fournier

Il revenait bien-entendu à Pascal Fournier, adjoint à la Culture et ardent promoteur du projet, de répondre. C’est toujours un plaisir d’observer la complicité et la confiance qui unissent le maire à son adjoint à la Culture. Lorsque ce dernier prend la parole, le maire jubile d’une joie non feinte et communicative. Cette occasion n’a pas fait exception à la règle, Monsieur Baguet interrompant son adjoint au bout d’une phrase à peine pour s’exclamer : « Ah ! je vois que Monsieur Fournier est chaud !« . Nullement troublé par ce témoignage d’admiration, l’adjoint a repris tranquillement le fil de sa réponse. Réponse d’où il ressort que la première recette peut se chiffrer par équivalence : la couverture médiatique internationale dont a bénéficié l’exposition, avec bien sûr toujours mention de la ville de Boulogne Billancourt, aurait coûté plus d’un million et demi d’euros à notre commune si elle avait eu l’idée farfelue d’obtenir par elle-même quelques lignes dans tous ces médias.

Brigitte Bardot - CR DR Bob Zagury

Plus concrètement, l’exposition a attiré environ 87 300 visiteurs, dont 77 900 visiteurs payants. Or, selon les termes du contrat passé avec la société Akouna (organisatrice de l’événement), la Ville était intéressée à partir de la 50 000 ème entrée, sans compter le profit direct tiré des billets couplés exposition Bardot/musée des Années 30. Monsieur Fournier évalue l’ensemble de ces recettes à environ 44 500 euros, mais n’a pas précisé si cette estimation tenait compte notamment des frais de personnel impliqués par les heures supplémentaires (face au succès, les horaires d’ouverture ont en effet été élargis). Il a en revanche rappelé que la Ville avait dû débourser 100 000 euros en tant que coproductrice de l’exposition, auxquels se sont ajoutés environ 150 000 euros de frais de gardiennage.
Mais ce statut de co-producteur présente également des avantages, puisque la Ville sera intéressée à toute revente de l’exposition, à raison de 20 000 euros par revente. Or, une tournée de l’exposition est déjà prévue dans les villes suivantes : Saint-Tropez dès le mois de juin, Bruxelles, Genève, ainsi que plusieurs villes du Brésil et des Etats-Unis. La société Akouna compte elle aussi sur ces reventes pour combler son déficit sur l’opération.
Enfin, Monsieur Fournier a évoqué les recettes indirectes et non chiffrables dégagées par les hôtels et les restaurants de la Ville.

La question suivante ne présente pas beaucoup d’intérêt pour nous, qui lisons régulièrement l’e-bb et notamment ses pages municipales (…). Il s’agissait de démentir une information diffusée sur le site des Verts de Boulogne Billancourt, selon laquelle la Ville n’aurait toujours pas été remboursée des frais engagés pour prévenir la pandémie de grippe A de cet hiver. A la question de Pierre Deniziot (conseiller municipal délégué au Handicap), Frédéric Morand (conseiller délégué à la Santé) a donc répondu à peu près la même chose que lors du conseil municipal de mars, précisant que la Ville de Boulogne Billancourt avait au contraire compté parmi les premières remboursées.

marc fusina

C’est ensuite Marc Fusina (@lternance) qui a pris la parole pour traiter de l’épineux problème de la sécurité routière et du plan de circulation en ville. Il a rappelé que les « voies de transit », c’est-à-dire les grandes artères de la Ville (Route de la Reine, Avenue JB Clément, Avenue Edouard Vaillant…), qui permettent de relier Paris à la banlieue et sont donc massivement empruntées comme telles, sont traversées à des allures inconsidérées aux heures creuses, mettant en péril les paisibles piétons. De plus, a-t-il ajouté, certaines voies bien plus étroites sont également empruntées par de nombreux automobilistes afin d’échapper aux bouchons pendulaires, alors que certaines de ces petites rues, comme la rue du Transvaal, s’étendent à proximité d’établissements scolaires. Il a donc souhaité que la majorité, en concertation avec le Conseil Général et la communauté d’agglomération, s’empare de ce sujet, et contribue à la sécurité routière par l’établissement d’un nouveau plan de circulation qui rendrait plus difficile l’emprunt des petites rues communales par les grosses voitures venues d’ailleurs.

adèle ba

Cette question a donné l’occasion à Adèle Ba, conseillère municipale déléguée à la Sécurité routière, de prendre la parole pour la première fois en conseil municipal. D’une voix tremblant d’émotion, Madame Ba a réaffirmé « l’engagement ferme de la municipalité contre ce fléau » qu’est l’insécurité routière. Elle a expliqué que les premières actions avaient consisté à accroître le nombre de places de stationnement pour les deux roues et, afin de ralentir les chauffards, à multiplier les ralentisseurs. De fait, depuis 2008, le nombre de ralentisseurs maudits des automobilistes a presque été multiplié par 2 (266 en 2010 contre 141 en 2008).
Cependant, a-t-elle ajouté, il convient de maintenir l’équilibre entre fluidité et sécurité de la circulation. Nous avons appris à cette occasion que les ralentisseurs étaient notamment très nocifs à la circulation des SUBB, ces autobus gratuits qui sillonnent la Ville, et surtout à leurs passagers, l’un d’eux, suite à une chute provoquée par le passage sur un ralentisseur, s’étant même fracturé le bras ! Afin d’éviter d’autres incidents, la municipalité a décidé de réduire le nombre de tournées du SUBB de 41 par jour à 35, leur circuit étant ralenti. A sa suite, le maire a répété ses préoccupations quant au trafic du SUBB.
Par ailleurs, elle a expliqué que GPSO travaillait actuellement à sécuriser certaines voies ou certains tronçons, à commencer par les abords du futur collège sur l’avenue Edouard Vaillant. Un réseau de « liaisons douces » sur le finage de la communauté est également à l’étude : il s’agit non seulement de développer les pistes cyclables, mais également de faire en sorte que la chaussée soit mieux partagée entre ses différents usagers, avec une signalétique adaptée.
Mais quant à modifier le plan de circulation de la ville en lui-même (c’est-à-dire, notamment, le sens de circulation dans les différentes rues), Madame Ba s’est montrée très prudente, insistant sur la difficulté d’un tel exercice et ses conséquences imprévues. Ainsi, pour reprendre l’exemple de Monsieur Fusina qui suggérait d’inverser le sens de circulation de la rue du Transvaal pour que les automobilistes ne puissent plus l’emprunter à partir de l’avenue JB Clément et se cantonnent donc à/dans une artère complètement saturée, avec les mouvements d’humeur et les imprudences que l’on peut imaginer, la modification du plan de circulation pourrait produire des effets secondaires non souhaités, en déplaçant les problèmes de circulation et d’insécurité au lieu de les résoudre. Epineux problème, donc, dont le CESL s’est saisi. A suivre !

La dernière question posée par Jean-Michel Tisseyre (@lternance), portait sur l’organisation de la fête des voisins, le 28 mai, et sur l’assistance apportée par la Ville aux différentes résidences. Comme nous n’avons pas été capables de terminer cet article avant la tenue de ce moment de convivialité, à notre grand regret, nous passons vite sur cette question, et sur sa réponse par Vittorio Bacchetta (conseiller délégué à la démocratie de proximité). Celui-ci, abondant dans le sens de Monsieur Tisseyre, a souligné l’importance de cet événement, indiqué que les initiatives se multipliaient à travers la Ville depuis 3 ans, avec 75 résidences mobilisées cette année contre 20 en 2007, et précisé que les permanences de quartier étaient très investies dans le soutien à l’organisation de cette manifestation.
Ce phénomène national a un effet d’entraînement certain, mais à Boulogne Billancourt, nous avons encore plus de chance : tout au long de l’année, de vide-greniers en réveillons, les habitants ne sont jamais à court d’idées pour se retrouver entre voisins !