Quatre questions orales d’un grand intérêt ont ouvert le conseil municipal du 10 juin dernier : l’avenir du CNJ, la politique menée pour maintenir la propreté en ville, le développement de centres de compost dans les rues, et les modalités d’implantation des antennes-relais.

catherine klein

La première question, posée par Catherine Klein (UPBB), portait sur l’avenir du Centre national du Jeu, suite aux rumeurs de plus en plus insistantes qui le déclaraient condamné. Rappelant les activités et la fréquentation actuelles de l’association, ainsi que l’ambition reconnue des projets liés à l’implantation du CNJ dans un bâtiment du Trapèze conçu pour lui (cf. l’entretien de l’e-bb avec Arnaud Bracchetti), elle a terminé par ces mots : « Monsieur le député-maire, pouvez-vous nous confirmer que le Centre National du Jeu verra bien le jour sur le Trapèze, dans le respect du projet initial ? »

pascal fournier

La réponse est venue du maire-adjoint à la Culture, Pascal Fournier, lequel, grand amateur de jeux de mots devant le Conseil municipal, était tout indiqué pour se jouer des subtilités de la question. Il a annoncé la modification du projet, la moitié de la surface du nouveau bâtiment étant désormais destinée à remplacer la bibliothèque de la rue de Clamart (400 m²) en développant sur 550 m² les activités d’une médiathèque. Le reste des locaux disponibles se répartirait en 580 m² pour le CNJ et 300 m² « mixtes » (CNJ + médiathèque), où des animations et des expositions pourraient être proposées aux 18 000 habitants du Trapèze. Il a précisé que le CNJ conserverait ses espaces d’entrepôt pour la collection de jeux au sous-sol du Centre Georges Gorse (du moins, tant que celui-ci ne sera pas vendu, une idée récurrente ces derniers mois), ainsi que ses salles de jeu rue Yves Kermen, ce qui finalement constituerait un véritable agrandissement pour l’association (300 m² supplémentaires).

Pour justifier cette redistribution des tâches et des surfaces, Monsieur Fournier a avancé une double explication, extrinsèque et intrinsèque : d’une part, comme collectivité locale, la Ville a l’obligation d’entretenir et de soutenir les activités de lecture menées par les bibliothèques, l’une des priorités fixées par le Ministère de la Culture. D’autre part, à l’heure actuelle, le Trapèze ne compte pas d’équipement culturel ou sportif remarquable, à l’exception de « quelques gymnases mal dimensionnés« , insuffisants pour satisfaire une population « équivalente à celle de la ville de Chaville« , a insisté Monsieur Fournier.

Le futur Centre National du Jeu

Dernier point, plus litigieux, le coût de l’opération : en termes d’investissement, acquérir sur le Trapèze un bâtiment neuf de cette surface en VEFA* serait revenu à la Ville à 7,4 millions d’euros, y compris le coût de l’aménagement intérieur. Une dépense que le maire et son adjoint jugent excessive pour le seul CNJ, en période de rigueur.
Au plan du fonctionnement, Monsieur Fournier a énuméré les chiffres et les dépenses avec la dextérité d’un joueur de bonneteau : de subvention en coûts de personnel, en passant par la mise à disposition de salles, l’addition était impressionnante, pas moins de 890 000 euros par an !
Le maire a confirmé que, pour beau que soit le projet, la Ville n’avait pas les moyens de le financer.
Oui, mais… le président du Centre national du Jeu, joint quelques jours plus tard, a proposé une autre lecture de ce gros chiffre, qui correspondrait selon lui au total du coût de fonctionnement du CNJ sur le Trapèze. D’après lui, le maire-adjoint aurait ici été victime d’un malentendu, confondant la part de la Ville avec le montant total des charges. Il a expliqué que le plan de financement du futur CNJ avait bien pris en compte les contraintes financières de la Ville, et bien compris qu’elle ne saurait débourser autant pour cet établissement. Les ressources devaient donc se répartir entre la subvention conséquente que Boulogne Billancourt verse déjà au CNJ (presque les deux tiers de la somme) et, pour plus du tiers (273 000 euros), émaner de sources extra-municipales.

A suivre ?

* VEFA : vente en l’état futur d’achèvement, c’est-à-dire que l’on achète le projet sur plans et qu’on laisse le vendeur s’occuper du reste – de la maîtrise d’ouvrage notamment -, jusqu’à entrer en possession des lieux à la livraison du bâtiment.