Comme l’an dernier, Christine Bruneau et Vincent Graffin ont présenté à deux voix leur rapport sur l’action de la Ville pour le développement durable. Très diversifiées, les actions menées étaient parfois difficiles à cerner pour le vulgaire.

En matière de circulation, la Ville a donc encouragé le transport alternatif avec Autolib’ et le développement des pistes cyclables sur les grands axes, selon le schéma adopté par GPSO. Au plan municipal, Christine Bruneau a souligné que 8 % de la flotte était électrique.

Le Trapèze, vaste périmètre de logements neufs et premier éco-quartier de France.

Le Trapèze, vaste périmètre de logements neufs et premier éco-quartier de France.

Au niveau des bâtiments, la Ville a d’abord travaillé l’isolation des équipements publics, avec un certain succès. Les bâtiments concernés auraient réduit leur consommation énergétique de 10 %. Des opérations de sensibilisation ont été menées, telles « Faites le plein d’énergie » et « Coach pour une copro. » Un conseiller tient une permanence mensuelle pour aider les habitants à réduire leur consommation. Christine Bruneau a également rappelé que le Trapèze constituait le premier éco-quartier de France, avec certains immeubles à près de 80 % à énergie positive.
En matière de réduction des déchets, la Ville a deux cibles : les grosses copropriétés et les artisans et commerçants. Elle a lancé un plan de prévention de la production de déchets et mis sur place des foyers témoins et des écoles témoins (Maître Jacques et Jean Guillon). Des composteurs ont été installés dans plusieurs copropriétés. Un label éco-défi va être instauré pour les commerçants et artisans. Une « académie des foyers témoins » accompagne les volontaires dans leur action quotidienne.
Au plan strictement environnemental, Boulogne s’inscrit dans la trame verte et bleue de GPSO, qui repère les lieux de vie de la faune à protéger. Vincent Graffin a également relevé la création de nouveaux espaces verts (pas encore très verts, à vrai dire, si l’on en juge par le revêtement du nouveau square de la rue Thiers). Enfin, le développement durable prend également en compte « l’épanouissement humain, » qui se traduit en l’occurrence par un plan de prévention du bruit à la source, 85 % de taux d’accessibilité aux espaces publics et le schéma d’orientation des sports de plein air.

En résumé, la ville a une démarche pro-active pour ce qui dépend d’elle : les cantines, les fournitures et les équipements publics. Elle conduit aussi des actions structurelles en aménageant des pistes cyclables ou en dressant des diagnostics acoustiques. Mais pour le reste, elle ne peut que mettre des outils à la disposition des habitants volontaires.
Et pour les oppositions, c’est insuffisant.

éric vincent

éric vincent

Eric Vincent (UPBB) et Jean-Michel Tisseyre (@lternance) ont tous deux regretté l’absence d’indicateurs et de mesures précises permettant d’apprécier les objectifs et les effets de ces actions. Eric Vincent a par ailleurs regretté que la Ville ne promeuve ni ne soutienne la formation aux métiers des énergies renouvelables et de la gestion collective, qui sont pour lui des métiers d’avenir. Concernant les espaces verts, enfin, il a ironisé sur le « succès du développement durable » qui avait consisté à abattre les arbres du parc des Glacières pour les remplacer par des grilles. De son côté, Jean-Michel Tisseyre a jugé que les entreprises étaient les grandes absentes de l’action municipale, l’informant de l’existence d’outils comme la RSE (responsabilité sociale entreprise) et la norme ISO 26000, qui permet aux organisations d’adopter une dynamique en matière de développement durable.

guillaume gardillou

guillaume gardillou

Guillaume Gardillou (UPBB) et Agnès Bauche (indépendante) se sont inquiétés de la question des déchets, l’un alarmé par la récente loi sur le Grand Paris qui fait du traitement des déchets une de ses compétences, l’autre pour déplorer l’abandon de la collecte pneumatique des déchets sur le Trapèze, au programme de la précédente municipalité et point fort de l’éco-quartier d’Issy-les-Moulineaux. Agnès Bauche a également exprimé sa crainte que l’installation des terrains de sport sur le parc de Billancourt ne déséquilibre l’éco-quartier, dénoncé la suppression des bancs publics qui pour elle font partie de « l’épanouissement humain » et regretté que nombre d’actions demeurent au stade symbolique. Elle a pris l’exemple des menus dans les cantines, mettant en balance un repas bio hebdomadaire contre des cahiers des charges pour les appels d’offres imposant des produits issus de l’agriculture raisonnée.

Christine Bruneau et Vincent Graffin ont défendu le « fourre-tout » dénoncé par Jean-Michel Tisseyre, au nom de la dimension humaine du développement durable. Autrement, a estimé Madame Bruneau, « on passe à côté d’une grande histoire. » Monsieur Graffin a par ailleurs certifié que toutes ces actions se référaient à l’agenda 21 établi par GPSO.
Les cantines seraient sur le point de s’inscrire dans la logique défendue par Agnès Bauche, et la formation pour les ménages serait très présente dans le processus. Mais ce n’est probablement pas ce qu’Eric Vincent entendait par « métiers des énergies renouvelables et de la gestion collective. » Le Boulogne Business Club travaillerait de près avec les entreprises membres sur le développement durable. Pour le Grand Paris, nul ne sait ce qui adviendra des déchets.

pierre-christophe baguet

pierre-christophe baguet

Concernant la collecte pneumatique des déchets, Pierre-Christophe Baguet a tenu à répondre lui-même, en s’emportant contre l’équipe précédente. D’après lui, ce sont en effet ses prédécesseurs qui ont empêché l’installation de la collecte pneumatique, en délivrant des permis de construire trop tôt, bloquant les lourds travaux nécessaires en sous-sol. L’an dernier, alors qu’Agnès Bauche, à la même occasion, le titillait déjà sur le sujet, on avait eu une autre réponse : la collecte pneumatique ne serait pas si durable que ça. On attend le bilan au Fort d’Issy…
Sensible sur la question du parc des Glacières, Pierre-Christophe Baguet a enfin rétorqué avec une certaine virulence à Eric Vincent que l’on avait planté plus d’arbres qu’on n’en avait abattu. 156 de plus exactement.
Mais personne ne peut contester qu’on y a aussi élevé des grilles qui n’y étaient pas.

A suivre : le budget.