Après avoir passé en revue les questions orales et les premières délibérations, on en finit avec le conseil municipal du 12 mai. Au programme, l’extension du règlement par chèque emploi-service, l’horodatage dans les crèches, le nom de la nouvelle médiathèque et une subvention de lancement pour Cirque en chantier.

Extension du chèque emploi-service

Marie-Anne Bouée

La délibération n°10, présentée par Marie-Anne Bouée, l’adjointe à la Famille, portait sur l’extension d’emploi des chèques emploi-service. Depuis 2007, on a pu régler avec ceux-ci, progressivement, les séjours en crèche, jardin d’éveil et jardin d’enfants, puis les heures d’études à l’école primaire et de garde après la classe en maternelle. Il s’agit désormais de pouvoir utiliser ces chèques pour payer les journées en centres de loisirs des enfants de moins de 6 ans, le mercredi et durant les vacances scolaires.
Martine Even (@lternance) en a profité pour relancer le maire sur la question du règlement des séjours par chèque-vacances, censée être à l’étude depuis plusieurs mois. Le maire lui a répondu que la compatibilité de ce mode de paiement avec la recette municipale n’était pas encore assurée, et donc, de fait, le règlement par chèque-vacances n’est toujours pas possible.
Jean-Pierre Fourcade (UPBB), de son côté, a annoncé que son groupe ne prendrait pas part au vote sur cette question, au motif que quatre ans après sa mise en vigueur pour ces services, le règlement par chèque emploi-service concerne à peine 1 % des usagers, alors que la procédure est plus lourde que si l’on paie par chèque simplex ou en espèces. Ce à quoi le maire a opposé qu’il s’agissait d’une évolution législative à suivre. Par ailleurs, a-t-il insisté, de plus en plus d’entreprises délivrent des chèques emploi-service à leurs salariés, ce qui devrait conduire à une augmentation de l’usage. Et, quoi qu’il en soit, a-t-il ajouté, c’est déjà une mesure utile pour 1 % des usagers, donc ça vaut la peine.

Horodatage dans les crèches

Judith Shan

La délibération n°11, toujours présentée par Marie-Anne Bouée, portait sur la passation d’une convention avec la CAF des Hauts de Seine pour la mise en place d’un horodatage dans les crèches, afin d’optimiser la gestion des places. Ce système devrait coûter environ 60 000 euros HT, dont la CAF paierait un peu moins de la moitié.
Madame Bouée a précisé que l’horodatage était utilisé depuis l’année dernière dans les jardins d’éveil et avait amélioré le taux d’occupation de 74 % à 88 %.
Judith Shan (PS) s’est inquiétée d’un possible phénomène de surbooking avec ce système. Madame Bouée l’a rassurée, expliquant qu’il s’agissait simplement d’améliorer le taux de remplissage, grâce à des données collectées à la journée ou à la semaine. Ainsi, les directeurs de crèches devraient pouvoir satisfaire davantage de demandes.

Une subvention de lancement à Cirque en chantier

pascal fournier

La délibération n°13, présentée par Pascal Fournier encore adjoint à la Culture, visait à aider le lancement de l’opération Cirque en chantier par le versement d’une subvention de 150 000 euros. L’enjeu, a-t-il rappelé, est de faire vivre l’île et de permettre « son appropriation par les Boulonnais  » en attendant son aménagement définitif. Dans cette perspective, plusieurs structures éphémères doivent être mises en place : le jardin, inauguré l’an dernier, le cirque, donc, et à la rentrée, un restaurant et, symboliquement, le pavillon d’information de la SAEM, en attendant l’installation du lieu de mémoire des usines Renault. Cirque en chantier a également pour mission de préfigurer Le Globe, la cité des cirques conçue par Madona Bouglione et appelée à occuper durablement l’Ile Seguin.

agnès bauche

Suite a cet exposé, Agnès Bauche (UPBB) a pris longuement la parole, s’interrogeant sur le bien-fondé du montage administratif et financier, sur l’identité des contractants, et sur l’avenir de la structure. Après avoir salué le retour d’un cirque à Boulogne Billancourt depuis l’expérience heureuse de 2005, elle a ajouté : « Avec Pentimento, nous aurons du tulle, des funambules et du blanc de céruse, je m’en réjouis. Le problème, c’est que ce blanc, qui maquille le visage des artistes, on le retrouve en maints points de cette convention, du numéro SIRET au relevé d’identité bancaire de l’association, en passant par les termes de l’accord. »
Madame Bauche a d’abord voulu suivre le fil des négociations depuis l’automne précédent, rappelant les dates suivantes : signature d’un protocole d’accord avec Madona Bouglione en octobre, lancement de la création de la société Le Globe en décembre, signature d’une convention en mars, création de l’association Cirque en chantier fin avril, signature d’un bail avec la SAEM et signature d’une nouvelle convention, avec versement de subvention, ce soir-là : « avec quelles personnes physiques et morales avez-vous passé ces accords, quelle est la constante dans cet enchaînement ? » a-t-elle demandé, pointant la diversité de ces structures.
S’attardant ensuite sur les statuts, elle a souligné que le conseil d’administration et l’assemblée générale étaient confondus, et comportaient deux membres en tout et pour tout, ajoutant : « Le cirque, ce sont des artistes entreprenants, mais qui en l’occurrence ont tellement conscience d’être des artistes et non des gestionnaires, qu’ils ont pris soin de décréter leur totale irresponsabilité dans les présents statuts. » Indépendamment de ce point, elle a réagi à la jeunesse de la structure Cirque en chantier, créée en avril seulement, demandant pourquoi le maire n’avait pas traité avec une autre structure associative de Madona Bouglione créée en 2007, Bâtisseurs d’éphémère, qui elle aurait pu, de fait, produire des comptes et des rapports d’activité. De manière plus anecdotique, elle a voulu savoir pourquoi les litiges éventuels se régleraient au tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

les contorsionnistes du cirque du soleil - CR cirque du soleil

Enfin, rappelant qu’en 2005, le Cirque du Soleil était venu à Boulogne Billancourt sans versement de subvention aucun, sur un terrain mis à disposition par Renault, avait remporté un immense succès et créé des emplois, elle a voulu comprendre pourquoi, pour le faire revenir, il était nécessaire d’en passer par un montage aussi compliqué. Elle s’est demandé quel était l’intérêt de l’opération pour la Ville qui verse la subvention et pour la SAEM, qui met gracieusement à disposition de Cirque en chantier le terrain que l’association louera ensuite au Cirque du Soleil. Elle s’est également interrogée sur les suites, la convention présentée au vote ce soir-là devant expirer en décembre 2011 : « Aurons-nous à verser une subvention identique l’an prochain dans le cadre d’une deuxième convention ? » a-t-elle demandé.

jean-michel tisseyre

Jean-Michel Tisseyre (@lternance) a ensuite pris la parole assez sévèrement : « Cette initiative transpire la précipitation » a-t-il estimé, ajoutant que l’absence de précisions pouvait « donner l’impression de faire un chèque en blanc  ». Enfin, tout en souhaitant le meilleur accueil au cirque tunisien qui devait présenter Sarkha, il a souligné le montant élevé des billets, justifiant par là l’abstention de son groupe sur cette délibération.

gérard askinazi

Gérard Askinazi (UPBB), de son côté, a surpris tout le monde en annonçant que les places de spectacles étaient déjà en vente sur le site de la FNAC, alors que la délibération visant à verser une subvention qui correspond au quart du budget prévisionnel de l’association n’avait pas été encore approuvée.
Revenant sur ledit budget prévisionnel, Judith Shan (PS) a demandé aux conseillers généraux si la subvention de 50 000 euros émanant du département qui figurait dans le tableau avait déjà été votée. Elle a également demandé si la tenue de spectacles le soir aurait une incidence sur les horaires de fermeture du jardin, et notamment de sa liaison avec le T2.
Guillaume Gardillou (UMP) a quant à lui expliqué au maire que certains points mis en avant par Agnès Bauche (le RIB et le n° SIRET) demandaient des éclaircissements avant le vote. Dans le cas contraire, a-t-il annoncé, il voterait contre.
Enfin, Jean-Pierre Fourcade (UPBB) a annoncé que son groupe voterait contre la délibération, la venue du Cirque du Soleil en 2005 ayant fait la preuve que l’on pouvait accueillir des spectacles de cirque de qualité en ville sans verser de subventions.

pierre-christophe baguet

Après avoir signalé à Agnès Bauche qu’elle avait parlé deux fois plus que le temps réglementaire, le maire, Pierre-Christophe Baguet, s’est lancé dans une longue réponse parfois un peu difficile à suivre. Il a d’abord affirmé que tout était clair, contrôlé et sûr, et que les comptes de l’association avaient été validés par un commissaire aux comptes. Petite erreur de langage puisque, s’agissant d’une association à peine créée, sans passif et sans actif, on ne dispose que d’un budget prévisionnel.
Il a de nouveau expliqué ensuite que ce projet devait préfigurer la Cité des cirques, équipement en dur de 14 000 m² construit sous la houlette de Madona Bouglione. Il a reconnu que tous deux avaient eu recours à des « structures intermédiaires » afin de tenir le calendrier (signature de protocole, « bail de préfiguration »…etc.). D’après ses dires, il semble que le cahier des charges de la Cité des cirques soit bien avancé, mais la seule personne physique à qui il ait eu affaire est Madona Bouglione, laquelle n’est pas membre du conseil d’administration de Cirque en chantier. Il a expliqué qu’on ne pouvait installer un cirque dans n’importe quelles conditions, et que l’association aurait notamment à damer le sol, une opération coûteuse qui justifie le versement de la subvention.
Quant au Cirque du Soleil, il était d’après lui nécessaire d’en passer par un tel protocole, car il s’agit d’un cirque itinérant. C’était apparemment le moyen d’assurer sa présence récurrente, à chaque fin d’année pendant 3 ans, sur l’Ile Seguin. Un peu échauffé par toutes ces questions et mises en doute, il a ajouté « n’allez pas chercher midi à 14h, il y a des choses simples, dans la vie !  » Il a toutefois regretté « la précipitation malheureuse » avec laquelle les places ont été mises en vente sur Internet, tout en estimant d’une part qu’une mise en vente par la FNAC était « une garantie de sérieux », et d’autre part que l’on pouvait le comprendre, pour un spectacle programmé un mois plus tard seulement.
En ce qui concerne le tribunal de Cergy-Pontoise, il s’agit d’une conséquence de la réforme de la carte judiciaire.
À l’adresse de Madame Shan, il a répondu à la place des trois conseillers généraux présents pour indiquer qu’ils feraient de leur mieux pour obtenir une subvention. Il lui a par ailleurs confirmé que les horaires du jardin vers le T2 seraient adaptés, le Cirque du Soleil en ayant fait une condition de sa venue.
Enfin, il s’est engagé à ce que les centres de loisirs et une association boulonnaise spécialisée dans le cirque puissent prendre part à Cirque en chantier.

La délibération a finalement été approuvée par la seule majorité, UPBB votant contre, @lternance et les trois élus indépendants de l’époque (Judith Shan, Guillaume Gardillou et Thierry Solère) s’abstenant.

Le nom de la nouvelle médiathèque

La délibération n°14 enfin, présentée par Pascal Fournier, devait lever le mystère sur le nom de la nouvelle médiathèque, après les débats du conseil municipal de mars.
Résultat des courses, annoncé d’une voix un peu lasse par l’adjoint dont l’entrée en matière fut « Délibération, saison 2 », la médiathèque s’appellera… Médiathèque du Trapèze, c’est-à-dire exactement le nom proposé lors du conseil municipal précédent. Arguments avancés en faveur de cette dénomination : la mémoire du lieu, le jour où, visuellement, le « trapèze » ne sera plus qu’un souvenir incorporé au reste de la ville, et «  l’identité visuelle » de l’édifice. Pour mémoire, l’e-bb avait mené une petite enquête auprès des riverains, qui ne manquaient pas d’idées pour désigner leur médiathèque : Médiathèque Rives de Seine, pour faire écho à la plupart des dénominations du quartier, et au nom du quartier lui-même ; Médiathèque Seguin, dans le même esprit ; Médiathèque Robert Doisneau, en correspondance avec le groupe scolaire bâti à une rue de là.
Judith Shan (PS) a fait part de sa déception : tout à fait d’accord avec le principe selon lequel la toponymie des bâtiments devait faciliter leur localisation, elle a estimé être en présence d’un contre-exemple, « trapèze » étant appelé à ne plus signifier grand-chose pour les habitants. Elle a regretté qu’on n’ait pas plutôt donné à cette médiathèque le nom de l’un des axes qui y mène, ou encore le nom du groupe scolaire tout proche, ce qui aurait permis « d’établir une passerelle entre enseignement et culture.  »

De guerre lasse, cependant, tout le conseil a adopté la délibération.