Le conseil municipal du 12 mai dernier s’est déroulé dans une atmosphère un peu spéciale : la veille, la presse locale avait annoncé que le premier adjoint, Thierry Solère, avait été démissionné, ce qui avait causé la démission d’un autre adjoint, Guillaume Gardillou. Le mois précédent, Catherine Klein avait annoncé son retour dans le groupe UPBB. Conséquence certaine de ces coups d’éclat, une fois n’est pas coutume, la salle du conseil était pleine de monde. Les amateurs de sensations fortes, ou les simples curieux, en ont été pour leurs frais : la séance s’est déroulée dans un calme olympien, aux antipodes de l’ambiance électrique du mois de mars. Pas une allusion à la nouvelle composition du conseil n’a été faite, et les jours suivants n’ont pas été plus instructifs : qui sera le nouveau premier adjoint ? Aujourd’hui encore, mystère.

En ouvrant la séance, le maire a adressé les félicitations du conseil municipal à Raphaël Labrunye, conseiller délégué au patrimoine municipal, devenu papa d’une quatrième petite fille, et à Dorothée Pineau (UPBB), nommée Conseiller d’État quelques jours plus tôt.

Judith Shan

La première question, posée par Judith Shan (PS), portait sur l’information des élus. En commission comme au conseil municipal, les élus demandent des précisions diverses sur les sujets qu’ils ont à traiter. Le maire – ou le rapporteur – ayant rarement la réponse sous la main, la formule consacrée est  : « On vous répondra. » Mais, d’après Madame Shan, les réponses se font attendre. Elle voulait donc savoir quelle démarche adopter pour obtenir des réponses.
Surpris, le maire a rappelé la procédure : soit on répond sur le coup, soit le rapporteur donne en séance les réponses aux questions posées en commission, soit, dans le cas de questions nécessitant des recherches supplémentaires, il suffit de demander au service des assemblées, à l’issue du conseil, de se charger de la question. Examinant l’historique des questions posées par Judith Shan depuis le début de l’année, le maire reconnaît avoir failli une seule fois, Daniel Janicot, le président de l’Agence pour la Vallée de la Culture ne lui ayant pas fourni le rapport d’activité demandé.

agnès bauche

Agnès Bauche (UPBB) a posé la deuxième question, sur l’avenir de l’association Boulogne Billancourt Aide aux victimes (BBAV). Cette association propose un accompagnement juridique à toute personne s’estimant victime d’un préjudice. Elle traite une centaine de cas par an. Compétence communautaire oblige, son financement dépend depuis l’an dernier de GPSO, qui a réduit sa subvention d’un tiers cette année. Madame Bauche voulait savoir si la ville pouvait pallier ce manque, qui menace la structure, ou bien, s’adressant, en la personne de Pierre-Christophe Baguet, au président de GPSO, si une structure communautaire proposant le même service était prévue.

philippe tellini

Philippe Tellini, adjoint à la Sécurité, a commencé par rappeler l’historique de cette association créée en 1989. Jusqu’en 2001, son fonctionnement était cofinancé par la Ville et par le ministère de la Justice, puis uniquement par la Ville. En 2006, la communauté d’agglomération Val de Seine a pris le relais et, depuis 2010, l’association est du ressort de GPSO. A plusieurs reprises (2008, 2009, 2010), des subventions complémentaires ont été versées, à titre exceptionnel. Ce serait le montant de ces subventions qui serait soustrait aujourd’hui. Le projet aujourd’hui consiste à installer au 35 rue Paul Bert, où BBAV a ses locaux, toute une plate-forme d’accès au droit, regroupant donc BBAV, les permanences du conciliateur de justice et de l’écrivain public, l’association tutélaire de Boulogne Billancourt, des avocats conseil, un délégué du Défenseur des Droits, ainsi que l’agence départementale d’information sur le logement (ADIL92).

marc fusina

La troisième question a été posée par Marc Fusina (@lternance), au sujet du projet de privatisation du service d’enlèvement des ordures ménagères. Ce sujet agite la ville depuis des mois. Évoqué au conseil communautaire de décembre 2010, il a de nouveau été abordé au conseil communautaire de janvier, où Bernard Jasserand, élu de Meudon, alerté par des employés municipaux, avait posé une question sur leur devenir. A son tour, ce soir, Monsieur Fusina s’est enquis des mesures d’accompagnement social prévues, tout en s’interrogeant sur le bien-fondé de la privatisation. Il a estimé en effet que le service de tri sélectif, déjà délégué, n’apportait pas toute satisfaction.

béatrice belliard

Béatrice Belliard, adjointe en charge de la Propreté, a répété ce que Pierre-Christophe Baguet avait déclaré en conseil communautaire : les communautés Arc de Seine et Val de Seine avaient chacune passé des marchés pour la collecte des ordures ménagères. Leur fusion dans GPSO implique une harmonisation de ce domaine aussi (rappelons que c’est la communauté d’agglomération qui touche la taxe d’enlèvement des ordures ménagères). Boulogne Billancourt a décidé de profiter de ce que le marché d’Arc de Seine arrive à échéance à la fin de l’année pour privatiser ce service municipal. D’après Madame Belliard, cette décision est motivée par trois difficultés :

  • Difficulté de recruter des chauffeurs ayant leur permis poids-lourd ;
  • Vétusté des locaux du centre technique municipal ;
  • Usure des camions de collecte.

Comme le maire, elle a expliqué que tous les agents avaient été reçus, ensemble puis individuellement, par la direction des ressources humaines de GPSO. Les perspectives sont les suivantes : certains agents pourraient être recrutés par l’entreprise bénéficiaire du marché, d’autres être redéployés au service d’enlèvement des encombrants, d’autres enfin préparer leur reconversion professionnelle.

catherine klein

L’avant-dernière question, posée par Catherine Klein (UPBB), portait sur le calendrier de la rénovation du Pont de Sèvres. Rappelant que le projet avait déjà dix ans, s’inquiétant des difficultés financières traversées par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), Madame Klein a demandé des précisions, au nom des habitants. Par ailleurs, elle a rappelé que la loi De Robien de 2004 prescrivait des normes de sécurité pour les ascenseurs, avec un calendrier de mise aux normes contraignant, de 2011 à 2018. Elle voulait savoir ce qu’il en était des ascenseurs du Pont de Sèvres dans ce contexte.

sylvie rougnon

Sylvie Rougnon, conseillère déléguée au quartier, a expliqué que la convention passée avec l’ANRU en juillet 2008, devait démarrer avant juillet 2013. La maîtrise d’ouvrage des espaces publics a été confiée à la SAEM Val de Seine, tandis que Paris Habitat, bailleur des HLM du Pont de Sèvres, s’occupe des quelque 1250 logements. Aujourd’hui, le programme serait entré dans sa phase opérationnelle, avec la construction de la passerelle qui relie le Forum au Trapèze et le lancement de la réhabilitation de 800 logements. Par la suite, d’autres opérations sur les espaces publics seront engagées, sur le Forum Haut et le mail, notamment. Elle s’est montrée rassurante sur l’engagement de l’ANRU, racontant que le comité de pilotage réuni en avril ne laissait aucun doute quant à la motivation des partenaires. Elle a enfin précisé qu’un protocole d’accord avait été passé entre les parties concernées pour le transfert de la dalle et les parkings souterrains. Quant aux ascenseurs, le maire a remercié Madame Rougnon d’avoir relancé le préfet sur le sujet.

jean-michel tisseyre

La dernière question, posée par Jean-Michel Tisseyre (@lternance), portait sur la vidéo-surveillance. Épinglée par la Chambre régionale des comptes pour son coût dispendieux, cette politique fait également débat au sein du conseil quant à son efficacité. Dans ce sens, Monsieur Tisseyre voulait savoir combien de caméras étaient opérationnelles sur l’ensemble du parc, combien d’infractions elles avaient permis d’élucider, et comment la surveillance était menée.
C’est de nouveau l’adjoint à la Sécurité, Philippe Tellini, qui a répondu. Il a expliqué que la majorité actuelle gérait une situation amorcée en 2004, qu’il s’agissait d’améliorer. De nouvelles études, lancées en 2008, ont abouti à la publication d’un marché public au début du mois de mai. Il a rappelé que les six premières caméras, installées en 2005, n’ont jamais donné satisfaction et que la Ville, d’ailleurs, refusait de régler le solde des travaux au fournisseur. Les cinq caméras installées en 2008 aux abords du Parc des Princes, en accord avec la Préfecture de Police, fonctionnent bien, et les cinq caméras installées dans la résidence du Jour et de la Nuit entre 2009 et 2010 ont permis de lutter contre un trafic de drogue, conduisant à des interpellations et des incarcérations.
Encouragé par ces résultats, il compte porter le nombre de caméras de 16 à… 61 à partir de la rentrée prochaine. Conséquence sur la surveillance : si, jusqu’à présent, les policiers municipaux y jetaient un œil ponctuellement, tenant les enregistrements à la disposition de la police judiciaire, à partir de la rentrée, le service sera réorganisé afin d’assurer une veille aux horaires d’ouverture de la police municipale.