Trois questions orales ont été posées lors de ce qui ressemblait fort au dernier conseil du mandat. Elles ont été précédées de deux vœux.

Une place pour Mandela

Deux semaines à peine après le décès de Nelson Mandela, l’heure était encore à l’émotion. C’est elle qui a conduit le conseil à observer une minute de silence en sa mémoire, avant que le groupe @lternance ne soumette son vœu à l’assemblée.

jean-michel tisseyre

jean-michel tisseyre

C’est Jean-Michel Tisseyre qui a demandé que l’on baptise du nom de Mandela l’actuelle Grand Place de Boulogne. Le maire s’est dit d’accord sur le principe, tout en soulignant la difficulté de l’opération : faut-il envisager une dénomination symbolique, ou bien inscrire ce changement de nom au cadastre ? Cette seconde éventualité contraindrait beaucoup d’habitants et de commerçants à des démarches administratives. D’où la proposition de Pierre-Christophe Baguet de glisser ce nom à la Commission des noms, qui devrait se réunir en janvier. Jean-Pierre Fourcade (UPBB) a salué de son côté une bonne intention, tout en jugeant prématuré d’adopter la décision le soir même. Il a proposé que l’on donne le nom de Mandela à une nouvelle école ou à une nouvelle rue. Justement, on cherche un nom pour la future école de la biodiversité, sur le Trapèze…
Pour la petite histoire, d’autres communes ont été beaucoup plus empressées, de Paris à Puteaux, les dénominations symboliques ont plu. Nous verrons si le choix plus mûri de Boulogne en sera plus durable.

Contre le redécoupage des cantons

Le projet de redécoupage

Le projet de redécoupage

Le vœu suivant était présenté par le maire, et concernait le projet de redécoupage des cantons du 92, prévu par la loi sur le nouveau mode de scrutin des conseillers départementaux (mai 2013). En pratique, la ville perdrait un canton sur trois, et verrait la carte des circonscriptions sensiblement redessinée : les cantons nord-ouest et nord-est seraient fusionnés, tandis que le canton sud absorberait Sèvres. Dans son vœu, Pierre-Christophe Baguet a fait valoir l’incohérence géographique (un canton à cheval sur le fleuve) et la disproportion des administrés : si le canton nord compte 67 000 habitants, le canton sud revu en compterait actuellement 69 000, ceci sans prendre en considération les nouveaux habitants du Trapèze.
Les élus de la droite et du centre ont validé le vœu à l’unanimité, Jean-Pierre Fourcade recommandant toutefois que le texte fût revu afin que l’on ne demande pas la modification de la loi mais, plus réalistement, de son décret d’application. Les élus d’@lternance en revanche ont voté contre, le secrétaire de section commentant sur Twitter « on oublie que les cantons éliront désormais deux Conseillers Généraux. »
Depuis, le 8 janvier, le Conseil Général a également émis un avis négatif sur le projet.

L’état de l’hébergement d’urgence

Martine Even

Martine Even

Martine Even (@lternance) a ensuite posé la première question orale, au sujet de l’hébergement d’urgence. D’après l’élue, les structures sont trop peu nombreuses et ne peuvent faire face à des situations dramatiques.
Léon Sebbag, adjoint en charge des Affaires sociales, a commencé par répondre que la Ville avait plus de places que ce que prévoit la loi du 25 mars 2009 : 144 contre 111 obligatoires.
A celles-ci devraient bientôt s’adjoindre 29 places sur le Trapèze, et la perspective de transformer les actuels foyers de travailleurs migrants, qui perdent de leur vocation première, en résidences sociales, ce qui représenterait 739 places.

Un non-événement ?

marie-laure godin

marie-laure godin

Jean-Michel Tisseyre a de nouveau pris la parole pour interroger l’exécutif sur le contenu d’un tract signé du syndicat autonome de la Ville, dénonçant les mauvaises relations au sein de la mairie et pour certains salariés, de mauvaises conditions de travail. Sévère, Monsieur Tisseyre a ajouté que si ce qui était relaté dans le tract était avéré, cela lui donnait « la nausée. »
Marie-Laure Godin, adjointe en charge des Affaires générales, a choisi de traiter le sujet par le mépris, en « s’étonn[ant] qu’une telle attention soit portée à ce document. » Elle a ajouté qu’aucun syndicat n’aurait été réellement associé à ce tract.

L’état du commissariat

jonathan papillon

jonathan papillon

Avec la piscine, le commissariat est l’un des plus vigoureux marronniers des chamailleries municipales. Probablement inspiré par une question posée par le député Solère à l’Assemblée nationale, Jonathan Papillon, délégué aux Anciens Combattants, s’est enquis de l’avancée du projet de rénovation du commissariat.
Ceci a permis au maire de retracer l’historique du dossier depuis… 1985 : le projet de rénovation, qui aurait conduit à construire un nouveau bâtiment sur la parcelle adjacente, aurait été abandonné en 2005 car il concentrait trop de choses. D’où la répartition mise en œuvre depuis, avec les ASVP au-dessus du Carré Belle-Feuille et la police municipale à la mairie. D’où, également, la relance des ministres de l’Intérieur successifs, ayant abouti à un accord financier et à la désignation d’un architecte en décembre 2012. On en est alors venu à la motivation de la question : faire savoir que la délibération de mars 2012 avait été la première sur le sujet.
Mais tandis que la balle passe ainsi d’un camp à l’autre, le problème demeure : faute de crédits au Ministère, et malgré l’implication du nouveau préfet, le dossier piétine. En ces heures électorales, on n’a donc pas fini d’en entendre parler.