Le conseil du 30 mars s’est ouvert dans un climat tendu qui a baigné la totalité des débats. L’ordre du jour était varié, du vote du budget à la dénomination de la nouvelle médiathèque, en passant par la préparation des JO et des mesures d’urbanisme. Mais, avant de revenir sur ces points, nous abordons les deux questions orales.

L'art déco selon Ruhlmann - CR. Château de Gourdon

En fait, ce sont trois, et non pas deux questions orales qui auraient dû être posées ce soir-là.

dorothée pineau

Mais, comme Dorothée Pineau (UPBB), a adressé sa question au maire le mardi matin au lieu du lundi soir comme le prévoit le règlement intérieur, celui-ci a estimé qu’il n’avait pas le temps de préparer la réponse. Si l’on a bien compris, la question devait porter sur une importante vente aux enchères de mobilier Ruhlmann, dont le musée des années 30 possède déjà quelques pièces. Madame Pineau voulait savoir si la Ville s’était portée acquéreur. Apparemment, la Ville n’en a pas eu le temps.

martine even

La première vraie question, donc, posée par Martine Even (@lternance), portait sur le terrain occupé par le collège du Vieux Pont, désaffecté depuis l’ouverture cet automne du collège Jacqueline Auriol. Madame Even voulait savoir ce qui allait advenir des locaux.

guy-rené baroli

Guy Baroli, l’adjoint en charge des Affaires scolaires, lui a rappelé que ce terrain faisait partie du périmètre d’études dessiné en novembre 2009, et confié à l’examen sagace de trois cabinets d’ubanisme. L’objectif à terme est de réaménager totalement le « quartier-charnière » de Billancourt-Glacières, situé entre le nouveau quartier du Trapèze et le Centre-Ville. En attendant, les locaux du collège sont conservés car ils pourraient accueillir les écoliers de maternelle et de primaire de l’école Billancourt entre 2013 et 2015. Il est en effet prévu de refaire totalement cette jolie école 3ème République, inaugurée en pleine guerre*, afin de la mettre aux normes énergétiques et d’accessibilité, et d’optimiser les surfaces (nous en reparlerons).

Judith Shan

La seconde question, posée, par Judith Shan (PS), a fait l’objet d’un débat en amont, Marc Fusina (@lternance), lui contestant le droit de la poser tant que le règlement intérieur n’aurait pas été révisé : « Ce n’est juridiquement pas recevable, » a-t-il déclaré. Le maire a invoqué en retour l’article L2121-19 du code général des collectivités territoriales qui stipule que les conseillers municipaux ont le droit de poser des questions orales en séance, le règlement intérieur fixant les modalités. Rosaline Laureau (UPBB) a alors fait savoir que son groupe était prêt à prendre à son compte la question de Judith Shan, si cela pouvait lui permettre de la poser.
Pierre-Christophe Baguet s’est alors exclamé que son intervention « tombait à pic, » compte-tenu de la nature de la question, mais que ce geste était inutile. Comme président de l’assemblée, il a en effet reconnu à la conseillère municipale le droit de poser la question en son nom propre.

Cette fameuse question était donc la suivante : au vu de la multiplication des révisions simplifiées du PLU, qui allaient parfois jusqu’à ne porter que sur une parcelle de terrain, Madame Shan s’interrogeait sur l’existence d’un projet d’urbanisme d’ensemble poursuivi par la majorité.

gauthier mougin

Gauthier Mougin, le maire-adjoint à l’Urbanisme, a tout d’abord tenu à affirmer que la majorité municipale avait bel et bien une vision d’urbanisme globale, qui consiste à réguler la densité de la ville et à améliorer les équipements publics. Il a informé l’assemblée qu’une révision générale du PLU était d’ailleurs en cours. Mais, selon lui, un Plan local d’urbanisme doit être « un document évolutif, » ce qui explique les quatre révisions simplifiées en cours :

  • Sur le terrain du CAT, vendu à GPSO afin de faciliter une opération immobilière sur une double parcelle, la parcelle du CAT et la parcelle qui la jouxte ;
  • Sur l’île Seguin, afin de rendre possible la mise en œuvre du projet Nouvel ;
  • Sur le parc des Glacières en vue d’y aménager un club de tennis ;
  • Sur la parcelle avenue du Général Leclerc / rue des Quatre Cheminées, afin de faciliter une opération immobilière et de sécuriser (sic) la place Marcel Sembat.

Ces révisions simplifiées témoignent, d’après Monsieur Mougin, d’une vision dynamique de l’aménagement urbain. En effet, a-t-il rappelé, une révision générale demande quatre ans de travail, alors que les révisions simplifiées sont beaucoup plus rapides. Ainsi, depuis 3 ans, ce sont déjà 3 révisions simplifiées qui ont abouti, ce dont il se félicite, alors qu’une seule avait été lancée entre 2004 et 2008.
En ce qui concerne la révision générale, il en a profité pour préciser le calendrier : le Plan d’aménagement et de développement durable (PADD) serait présenté au conseil municipal en mai 2011 et serait proposé au débat en octobre. Quant au plan local d’urbanisme (PLU), il serait présenté au conseil municipal en juillet 2012, pour être adopté à l’automne suivant.
Il semble que sur la conception et l’emploi du PLU et des révisions simplifiées, il existe un réel désaccord entre la majorité et les oppositions, ces dernières considérant les révisions simplifiées comme un morcellement du territoire en contradiction avec la vision globale portée par le PLU, alors que la majorité voit dans ces révisions simplifiées une preuve de dynamisme.

pierre-christophe baguet

Pour finir, Pierre-Christophe Baguet a conclu qu’en politique, il fallait de la cohérence et éviter les polémiques. A cet égard, a-t-il ajouté, il ne peut que constater que le groupe UPBB avait « changé d’angle d’attaque » : le rapport de la Chambre régionale des comptes et les notations annuelles de Standard and Poors lui donnant quitus de sa gestion, Monsieur Baguet interprète les mises en cause dont il se sent l’objet sur l’aménagement du territoire comme le nouveau thème de prédilection de l’opposition.
C’est une vision des choses que la prise en compte du calendrier des décisions permettrait peut-être de pondérer.

* Ce qui fait dire à un ancien enseignant de l’établissement qu’il fut un temps où la République française plaçait visiblement l’éducation au haut de ses priorités.