Mercredi soir, le conseil municipal de la nouvelle mandature s’est réuni pour la 3ème fois. Un gros conseil de près de 4 heures et 42 délibérations….

L’entente cordiale…

Chloé Jaillard

Chloé Jaillard

Le conseil a débuté par quelques mises au point plus ou moins musclées : Chloé Jaillard (PS) a commencé par s’inquiéter de la tenue des commissions permanentes (Finances, Affaires sociales et Travaux), qui précèdent en théorie de 3 jours tout conseil municipal. Le maire lui a répondu que lesdites commissions n’étaient pas obligatoires et qu’il avait envisagé de les supprimer, l’opposition pour qui elles seraient organisées n’ayant pas été très assidue ces deux dernières années. Aux cris de protestation du groupe PS, il a précisé « pas votre groupe. » Tout ça pour dire qu’elles se réuniront de nouveau en octobre prochain.

pierre-mathieu duhamel

pierre-mathieu duhamel

On a ensuite assisté à plusieurs passes d’armes entre Pierre-Mathieu Duhamel et Pierre-Christophe Baguet : ce dernier a reproché à son adversaire d’avoir fait déposer un recours contre son élection par l’un de ses colistiers, puis Monsieur Duhamel s’est plaint de n’avoir pu faire récupérer par procuration son dossier auprès des services municipaux. Sujet sensible apparemment (on a appris par la suite que l’affaire était parue dans Le Parisien), auquel le maire a répondu en expliquant que ces mesures très contraignantes étaient la conséquence d’un problème causé cet été par un de ses colistiers. On se souvient que Jean-Michel Cohen avait déclaré ne pas avoir reçu son dossier en juillet dernier. Ce à quoi Pierre-Mathieu Duhamel, invoquant un article du code général des collectivités territoriales, a demandé à ce que désormais le dossier lui soit communiqué par mail. La tension n’est pas retombée, et Pierre-Christophe Baguet a fini par lâcher : « Si vous êtes venu au conseil pour aboyer, on va regretter vos précédentes absences ! »

vincent guibert

vincent guibert

Une provisoire accalmie a été apportée par Vincent Guibert (PS), qui a rappelé sous les applaudissements le vœu d’apaisement du maire lors du conseil d’investiture. Il a ensuite demandé au maire que la gauche soit représentée dans tous les groupes de travail et commissions de 5 membres et plus, en appliquant « la proportionnelle aveugle. » Las ! Pierre-Christophe Baguet a justifié son refus par ce dicton : « Ce qui compte en amour, ce sont les preuves d’amour. » Parce que la confiance n’aurait pas été respectée par les précédents élus d’opposition, notamment, a-t-il laissé entendre, le devoir de réserve imposé aux administrateurs de la SAEM, l’opposition ne sera représentée que lorsque c’est obligatoire. Autrement dit, pour la première fois depuis plusieurs mandats, elle sera absente des conseils d’école, collège, lycée et fac, des syndicats intercommunaux et de la SAEM. Par ailleurs, plus tard dans la soirée, les oppositions ont également été tenues de réduire à 2 chacune (contre les 3 qu’elles proposaient) les candidats à la Commission Communale des Impôts directs, qui comprend 32 candidats en tout. Comme Pierre-Mathieu Duhamel protestait avec virulence, le maire a perdu patience : « Arrêtez de me casser les pieds ! »

L’opposition est donc représentée à la portion congrue : sauf erreur, Pierre Gaborit au règlement intérieur, Chloé Jaillard et Isabelle Weill au CCAS, Caroline Pajot suppléée par Judith Shan pour les places en crèche, Judith Shan et Caroline Pajot à la caisse des écoles, Vincent Guibert et Fatima Cardetas à la commission des noms de rue.

Publication des délégations

C’était l’objet de toutes les interrogations ces dernières semaines : quelles allaient être les délégations des élus de la majorité ? Judith Shan (PS) a fini par poser la question. Réponse : tout ceci sera publié dans le prochain BBI. Mais le maire a accepté d’en lire la liste au conseil. Notre prise de notes frénétique n’aura pas suffi, voici donc une partie des délégations des adjoints, celles des 22 conseillers municipaux délégués attendront un support papier…

  • 20 des 21 adjoints

    20 des 21 adjoints

    Gauthier Mougin – Premier adjoint et Urbanisme

  • Marie-Laure Godin – Ressources humaines et politique de la ville
  • Pascal Louap – Éducation et quartier 2
  • Béatrice Belliard – Sécurité
  • Marc Fusina – Sport
  • Michel Amar – Affaires générales
  • Marie-Anne Bouée – Petite enfance
  • Léon Sebbag – Logement et quartier 1
  • Ségolène Missoffe – Culture
  • Frédéric Delaitre – quartier 4
  • Jeanne Defranoux – Égalité hommes/femmes ou droit des femmes
  • Isaure de Beauval – Affaires sociales
  • Bertrand-Pierre Galey – Espaces verts
  • Christine Lavarde – Finances
  • Philippe Tellini – Entreprises et emploi
  • Pierre Deniziot – Handicap
  • Sylvie Rougnon – Marchés et quartier 5
  • Jean-Claude Marquez – Numérique

Certains adjoints ont des délégations complémentaires, et nous n’avons pu noter pour Christine Bruneau, Sandy Vétillart et Frédéric Morand. Mais comme, a priori, il manque le développement durable, deux quartiers et la santé… Nombre oblige, les indemnités seront vraisemblablement inférieures à celles du précédent mandat : environ 2200 euros mensuels – contre 2700 auparavant – pour les adjoints, et une somme encore inconnue pour les conseillers délégués.

Le CRACL

Gauthier Mougin

Gauthier Mougin

Préalablement à la présentation de ce compte-rendu très attendu de la gestion de la SAEM, Gauthier Mougin a présenté une première délibération sur la prorogation de la SAEM. En effet, celle-ci aurait dû se dissoudre en avril 2019, mais elle sera finalement maintenue jusqu’en 2023. Plusieurs raisons à cela : des retards dus à la conjoncture économique, à la difficile négociation avec les locataires du Pont de Sèvres, à des « actions politiques » et à des revirements du gouvernement.

Puis est venu le CRACL tant attendu. Pour la majorité, tout est extrêmement positif : le Trapèze Ouest est presque achevé, le Trapèze Est bien amorcé (école, maison d’église, plusieurs immeubles), l’espace Forum a ouvert en 2013, la rénovation des tours General Electrics avance et la Ville a obtenu le label Eco-quartier. Au plan comptable, Monsieur Mougin est également serein, soulignant que la SAEM pourrait emprunter bien davantage sans problème. Pour l’heure, la trésorerie est positive car il a fallu mobiliser toute une ligne de trésorerie pour obtenir des conditions de prêts plus intéressantes. A l’issue de l’opération, la SAEM prévoit d’avoir à rembourser 150 millions d’euros.

Chloé Jaillard (PS) a trouvé trois ombres au tableau :

  1. Elle a estimé le retard réel non pas à 4 ans mais à 9, puisque la SAEM devrait percevoir des charges foncières jusqu’en 2022, contre 2013 initialement.
  2. Elle a, comme Martine Even en son temps, dénoncé le déséquilibre bureaux/logements, avec un ratio passé de 1,7m² de logements pour 1m² de bureaux prévu en 2004 à 1,15m² pour 1m² en 2014, ce sans faire entrer dans le calcul la surface des bureaux de General Electrics. D’après elle, ceci ne pourra qu’aggraver la question des flux domicile-travail, dont elle souhaiterait d’ailleurs l’estimation et le suivi.
  3. Elle s’est enfin montrée réservée sur le volet financier, estimant que la Ville en soi avait dû débourser entre 2008 et 2014 15 millions d’euros de plus que prévu, et que la SAEM avait quant à elle creusé sa dette de 47 millions d’euros dans la même période.
pierre laurencin

pierre laurencin

A sa suite, Pierre Laurencin (DVD) a posé deux questions : comment expliquer l’augmentation inscrite au budget prévisionnel de 20 millions d’euros de charges foncières ? Et qui, in fine, supportera les risques de l’opération consolidée ?

Judith Shan, enfin, s’est inquiétée de l’avenir du bâtiment 57 Métal et des deux passerelles prévues pour rallier l’Ile Seguin, a suggéré que le terrain réservé au nouveau collège soit aménagé en jardins partagés d’ici le début des travaux, a rappelé l’opposition de son groupe à l’installation d’un terrain de sport de 55 par 70m sur le parc de Billancourt, et a conclu en annonçant que le jury de concours pour le futur lycée se réunirait le 20 mai, et que la Ville était conviée à y envoyer un représentant.

Gauthier Mougin a répondu point par point à Chloé Jaillard :

  1. la future Cité musicale de l'Ile Seguin

    la future Cité musicale de l’Ile Seguin

    « Tous les retards sont explicables » a-t-il commencé, et aucun n’est dû à la gestion de la SAEM, mais à des facteurs externes, tels le report de l’aménagement du Grand Paris Express décidé par le gouvernement. Et de relativiser : « Nous avons 5 ans de retard, mais on construit pour plusieurs siècles. S’il n’y avait que ça de perdu, ce ne serait pas grave ! » En ligne de mire, les recours déposés contre les révisions simplifiées du PLU par différentes associations, dont Pierre Gaborit est l’avocat. « On aurait pu se passer de ces impedimenta juridiques ! » s’est fâché l’adjoint à l’Urbanisme.

  2. Les bureaux trouvent preneurs à Boulogne, et la Ville ne veut pas accueillir davantage d’habitants dans un espace contraint. La meilleure option serait d’améliorer les réseaux de transport pour fluidifier les trajets domicile-travail.
  3. Claude Vasconi est à l'honneur sur ce timbre de 1987

    Claude Vasconi est à l’honneur sur ce timbre de 1987

    La trésorerie de la SAEM doit en effet « faire face à des trous, » en raison du décalage entre l’aménagement des deux parties du Trapèze. Pierre-Christophe Baguet a d’ailleurs pressé des promoteurs réticents d’engager plus tôt que prévu les chantiers sur le Trapèze Est, afin de limiter ce trou. Lequel devrait donc se résorber en fin d’opération.

A Pierre Laurencin, il a expliqué que la prévision de 20 millions d’euros de recettes en charges foncières procédait d’une revalorisation des m² de foncier sur l’Ile Seguin. A présent que la Ville et la SAEM ont une vision précise de l’aménagement des pointes – cité musicale et R4 – il leur est plus facile d’ajuster le reste.

pierre-christophe baguet

pierre-christophe baguet

Pierre-Christophe Baguet a complété ces réponses : les 15 millions d’euros déboursés par la Ville correspondent à l’augmentation des travaux de l’opération ANRU sur le Pont de Sèvres, qui n’avaient pas été prévus par la convention. Concernant l’opération d’aménagement globale, c’est la SAEM qui sera responsable in fine, la Ville n’étant qu’un actionnaire. Le maire présentera l’avenant qui précise cette situation à l’occasion. Quant au 57 Métal, la situation est pour l’instant bloquée, puisque la Ville s’est opposée au permis de démolir, et a fortiori au permis de construire une tour déposé par le fonds d’investissement propriétaire. Le soudain argument d’une pollution du terrain apparaîtrait comme une nouvelle carte jouée par l’investisseur pour avoir raison du bâtiment. Concernant les passerelles, le coût est un frein, mais le Conseil Général y tient, donc à suivre. Par ailleurs, il ne souhaite pas installer de jardins provisoires, ou quoi que ce soit de provisoire sur le terrain du futur collège, qui pour l’heure est toujours occupé par un vieux parking en béton de Renault. Enfin, il a remercié Judith Shan pour son invitation du 20 mai.

Le compte administratif

Si vous en êtes arrivés à ce point de l’article, c’est que vous êtes très courageux ! En résumé, donc : le compte administratif, présenté par la nouvelle adjointe aux Finances Christine Lavarde, est tout à fait excellent, et permet de dégager un auto-financement de 18,5 millions d’euros. Ce dans un contexte difficile où les recettes diminuent (réduction des dotations de l’État, effort fiscal consenti auprès des familles) et où les dépenses augmentent (péréquation en hausse, matières premières et énergie également, SMIC également…).

christine lavarde

christine lavarde

Madame Lavarde en a profité pour mettre en perspective tout le précédent mandat, et a démontré que les dépenses d’investissement s’étaient élevées à 72 millions d’euros en moyenne, contre 53 millions durant le mandat antérieur. Elle a également accédé à une demande de Chloé Jaillard lors du précédent conseil : présenter un endettement consolidé. Celui-ci aurait diminué de 500 euros par habitant durant le mandat. En retour, Madame Jaillard a remercié, tout en regrettant le choix de l’unité par habitant, alors que l’investissement consolidé était présenté de manière massive. Elle s’est cependant félicitée de n’avoir pas, comme il le lui avait été reproché, « additionné des choux-fleurs et des carottes. » Un commentaire mutin qui n’a pas plu au maire, lequel l’a invitée à changer de ton.

Moyennant quoi, le compte administratif a été approuvé par toute la majorité, qui a marqué son assentiment par des applaudissements.

Prochain conseil le 3 juillet à 18h30.