Les coquelicots des tranchées, sacré aux Molière 2015 et au festival off d’Avignon 2014, conclut sa tournée triomphale au Carré Belle-Feuille les 15 et 16 décembre prochains. La pièce retrace la vie d’une famille française durant la guerre de 1914-18. Elle est labellisée par la Mission Centenaire.

Les coquelicots des tranchées : la guerre au quotidien

L’histoire d’une famille ordinaire

Le 11 novembre 1913, Gertrud Lesage fête son anniversaire en famille sur son exploitation agricole. Les personnages ignorent qu’ils vivent ensemble leurs derniers moments de paix. Quelques mois plus tard, la guerre est déclarée, et les premiers hommes sont mobilisés. Hector, le fils de Gertrud, est du lot, bientôt rejoint par Honoré et Jules Coron, ses ouvriers agricoles. Augusta, la sœur d’Hector, s’est quant à elle engagée comme infirmière.

Coquelicots des tranchées

Au cœur des tranchées, la peur, le désarroi et la mort – CR P. Evrard

Sur l’exploitation restent les femmes, les enfants et les vieillards. Le travail se réorganise, et si les lettres du front maintiennent un lien, elles cachent tout de la réalité des combats. De permission en tragédie, cette réalité force pourtant la porte et les esprits des personnages, tandis qu’en contre-point, quelques scènes d’état-major proposent une autre vision des choses. Bientôt, un prisonnier allemand est affecté aux travaux agricoles, pour remplacer les bras manquants…
Le 11 novembre 1918, la famille décimée réconforte la doyenne dont c’est l’anniversaire. Mais la vieille femme, usée à vif par deux guerres, reste sombre : « L’armistice n’est pas la paix, c’est une trêve. Et la trêve dure ce que durent les coquelicots dans un champ de blé. »

Une fresque historique

Coquelicots des tranchées

Augusta, infirmière de campagne – CR P. Evrard

Pour raconter cette histoire, 12 comédiens investissent la scène, interprétant une cinquantaine de personnages. Aux familles Coron et Lesage s’ajoutent les poilus ordinaires, les élégantes Parisiennes, les figures martiales de Joffre ou du galant Nivelle… Les personnages fictifs, pris dans la grande histoire, laissent une trace sanglante, de Verdun au Chemin des Dames.
La pièce alterne les scènes à la ferme, dans les tranchées, les hôpitaux de campagne, les salons parisiens ou au QG des généraux. La reconstitution est saisissante, grâce aux remarquables costumes de Virginie Houdinière.

L’engagement d’une équipe artistique

Écrit par par George-Marie Jolidon et Xavier Lemaire, qui signe également la mise en scène, Les coquelicots des tranchées est une pièce engagée à plus d’un titre.

Les souvenirs personnels

Coquelicots des tranchées

Vincent Viotti est Nivelle

A l’heure du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, on n’a plus que des témoins indirects. George-Marie Jolidon et Xavier Lemaire ont convoqué le souvenir de leurs grands-parents pour aborder le sujet.
« Depuis ma plus tendre enfance je suis traversé par la guerre de 14. En effet un de mes grands-pères avait deux salles entières de sa maison consacré à cette guerre. Une de mes grands-­mères me racontait souvent l’histoire de son père ayant fui la Lorraine et  qui a été nettoyeur de tranchées durant la grande guerre » raconte Xavier Lemaire.
« Pacifiste convaincue, descendante d’un soldat qui a ‘fait Verdun’, j’ai voulu, avec Les  Coquelicots des tranchées, rendre hommage à cet aïeul inconnu et à ses camarades de misère » témoigne George-Marie Jolidon. Elle ajoute : « J’ai voulu donner la parole à ceux qui ont sacrifié leur vie pour nous permettre de vivre la nôtre. C’est l’honneur du théâtre de donner à entendre les voix de ces acteurs anonymes qui ont fait l’Histoire. Ceux­‐là même qui nous ont légué la liberté pour héritage. »

Le soutien de la production

Écrire et monter une pièce pour douze comédiens est aujourd’hui une gageure. A ceci s’ajoutait la difficulté de l’argument : représenter quatre ans de guerre en deux heures. Mais ce « pari fou » a su séduire le producteur, Thibaud Houdinière. Lui aussi cultive la mémoire de cette guerre : « Comme beaucoup, j’ai un arrière‐grand‐père qui a combattu à Verdun. Il y a perdu son bras gauche alors qu’il était gaucher – comme je le suis aussi. Lorsqu’il m’a conté son  histoire, j’avais  huit  ans. Je l’ai vu pleurer, il a marqué en moi l’envie un jour de lui rendre hommage. »
La pluie d’éloges et de récompenses tombée sur Les coquelicots des tranchées lui a donné raison : prix du public au off du Festival d’Avignon, Molière 2015 du meilleur spectacle, label de la Mission Centenaire, la pièce fait l’unanimité.

Un message pacifiste

Les coquelicots des tranchées n’est pas que la chronique d’une famille comme les autres prise dans la tourmente de la guerre. Les auteurs ont eu à cœur d’y glisser un message d’espoir et de fraternité, qui donne envie de croire en un monde meilleur.

Les coquelicots des tranchées au Carré Belle-Feuille

Coquelicots des tranchées

La famille dans l’attente – photo du plateau Les Larrons

Le Carré Belle-Feuille ne devait accueillir qu’une seule représentation des Coquelicots des tranchées. Devant le succès, une seconde représentation exceptionnelle est programmée le 16 décembre.
Pour marquer la fin de la tournée et permettre au plus grand nombre d’assister au spectacle, le Carré Belle-Feuille vous propose les places à 16,50 euros au lieu de 28, si vous réservez sur place ou par téléphone (01 55 18 54 00) avec le code « e-bb » du mardi au samedi, de 13h à 19h.

Les coquelicots des tranchées
Mardi 15 (complet) et mercredi 16 décembre à 20h30
Carré Belle-Feuille, 60 rue de la Belle-Feuille, 92100 Boulogne-Billancourt