Ne pas pouvoir agir, c’est énervant. Ne pas pouvoir agir d’année en année c’est exaspérant ! Alors aujourd’hui je râle parce que trop c’est trop.

Vous pensiez envoyer vos enfants au collège  pour qu’ils fassent prospérer leurs cellules grises et apprennent à penser le monde ? Que nenni ! Il s’agit en réalité d’un site d’entraînement de commando pour aguerrir leurs muscles et leur capacité de résistance.

Rituel du matin : 8 kg sur le dos et en route ! 8 kg ! ! Quand on a 11 ans et que l’on mesure 1m50 ?

Quel travailleur accepterait des conditions de travail de ce type ? Quel médecin du travail délivrerait les yeux fermés un certificat d’aptitude ? Quelle médecine du travail ne ferait pas immédiatement une note demandant que des conditions adaptées soient mises en œuvre ?  Hélas, nos enfants ne sont pas syndiqués et ne constituent pas une force d’opposition…

Ils sont jeunes, inquiets, disciplinés et ne veulent pas se faire remarquer. Alors ils ont mal au dos et se préparent une scoliose que l’on soignera à grand renfort de spécialistes lorsqu’ils seront adultes. Et se demandent ce qu’ils ont bien pu faire pour aller en camp de redressement – un paradoxe si l’on songe que le poids du cartable leur tord le dos …

C’est la faute à personne, parait-il ? Et bien moi je dis que c’est la faute de tous dans ces cas-là. Et donc de moi aussi. Et ça m’énerve encore plus !

Et au-delà de la faute, peut-on arriver à être collectivement intelligent pour que cela change ?

Les professeurs peuvent demander des feuilles au lieu de cahiers : les enfants savent gérer des collections de Pokemon alors avec un petit cours de méthode et un peu de suivi on peut les amener à gérer des feuilles de cours !

Les manuels peuvent être fragmentés en plusieurs manuels dans l’année au lieu d’un – sans oser imaginer que le numérique puisse rendre tout cela obsolète.

Les casiers peuvent être généralisés … Il y a tant de choses à faire ! Certains départements sont plus attentifs que d’autres –  le collège dépend du département -, d’autres moins. L’Éducation Nationale se préoccupe peut-être du sujet mais cela n’est pas arrivé à ma connaissance. Les associations de parents n’en font pas un combat prioritaire. Et donc cela continuera.

Voilà j’ai râlé mon impuissance et c’est tout ce que je peux faire. Si quelqu’un me lit et peut agir cela aura au moins été utile.

Et pour être honnête je dois saluer l’effort du collège Landowski à Boulogne Billancourt, qui fournit un jeu de livres à chaque enfant de sixième à laisser à la maison, un autre jeu restant en classe. Si cette approche pouvait se généraliser, le dos des enfants y gagnerait certainement …