Fantasmes de Demoiselles au Carré Belle-Feuille, tout un programme !

Joués et chantés cet automne à Paris au Théâtre 14 et au Ranelagh, puis à Saint-Cloud aux 3 Pierrots, les délicieux [email protected] de Demoiselles de René de Obaldia seront sous les feux du Carré Belle Feuille ce samedi 28 janvier.
René de Obaldia s’est mis « dans la peau d’une cinquantaine de femmes. (sic) Femmes esseulées, cherchant ‘à corps perdu’, au moyen de petites annonces, l’homme de leur vie, l’âme sœur, le mâle absolu, l’oiseau rare, qui nous livrent leurs fantasmes plus ou moins avouables. »
En effet, quand le rideau s’ouvre, deux secrétaires (Brigitte Faure et Manon Landowski, comédienne chanteuse et danseuse bien connue des Boulonnais) s’installent dans leur bureau et nous dévoilent leurs fantasmes, leurs désirs, aux côtés de deux hommes (Laurent Conoir et Pierre Jacquemont) qui deviennent tour à tour cuisinier ou malabar, « homme qui articule, » officier ou « homme décati. » Une galerie de portraits succulents mise en scène par Pierre Jacquemont.
« Cette fantaisie théâtrale et musicale, enlevée par un quatuor de comédiens chanteurs et deux poly-instrumentistes, raconte le voyage nocturne de ces deux secrétaires en quête de l’âme sœur et de l’homme idéal… Au petit matin, il faut se rendre à l’évidence : le Prince charmant n’existe pas ! Mais votre voisin de bureau peut être l’homme de votre vie…. » En attendant de rencontrer l’âme sœur au beau milieu d’une réunion, dans l’ascenseur de votre entreprise, ou à la cantine, venez rêver et rire avec ces Fantasmes qui pourraient bien ressembler aux vôtres !

4 questions à Pierre Jacquemont

Pour quelles raisons l’écriture de René de Obaldia vous touche-t-elle particulièrement et pourquoi ces « Fantasmes de demoiselles » ont-ils retenu votre attention d’homme de théâtre ?

J’ai eu la chance de découvrir Obaldia enfant, de voir Michel Simon dans « Sassafras » Bernard Noël dans « L’air du large », Michel Bouquet dans « Klebs et Rosalie » … De grands acteurs au service d’un absurde qui demande une extrême conviction. Obaldia me faisait beaucoup rire. Avec les années, je me suis rendu compte qu’il était un auteur majeur du « nouveau Théâtre ». Ce qui me plaît en lui c’est « l’enfance de l’Art ». C’est un grand écrivain qui continue à jouer, qui plaisante en étant toujours au bord du désespoir en même temps. J’aime également beaucoup son immense culture, toutes les références avec lesquelles il joue, qui appartiennent à notre histoire, au catéchisme, à la philosophie… Et puis derrière l’humour et le rire il y a toujours une étrange mélancolie.

Comment avez-vous adapté ces poèmes pour la scène ?

Manon Landowski et Pierre Jacquemont dans Fantasmes de Demoiselles

Le pari était de créer une tension dramatique avec des poèmes qui n’ont pas de lien apparent entre eux mais un dénominateur commun : la quête d’un homme idéal, la frustration, le rêve qui envahit le réel. Comme le dit Brel « le prince charmant n’existe pas : c’est à l’amour de faire de l’homme qui passe un prince et de le rendre charmant. » J’ai donc imaginé que l’action se situerait dans un bureau, espace de refoulement, et que les deux femmes et les deux hommes s’évaderaient dans les fantasmes et seraient sans cesse rappelés à la réalité. Ils font eux aussi un voyage initiatique à travers la nuit. Comme nous sommes dans un « music-hall imaginaire » j’ai imaginé un happy end, mais personne n’est obligé d’y croire …

Dans quel univers visuel et sonore la troupe évolue-t-elle ?

Pour la scénographie, Michel Lebois a imaginé des bureaux qui roulent, se retournent, s’allument ! Les murs du bureau vont s’ouvrir pour laisser apparaître des visions… Il y a un côté « théâtre dans le théâtre » que j’aime beaucoup ! Pascal Sautelet joue avec la lumière : ombres, apparitions, traversée de la nuit, c’est un peu l’horloge du spectacle. Pour la musique, Lionel Privat qui est un merveilleux musicien a imaginé des chansons à la fois simples mélodiquement et subtiles dans l’harmonisation et l’arrangement, nous sommes toujours dans cette dualité d’Obaldia, c’est apparemment enfantin et en réalité très savant.

Heureux de jouer à Boulogne Billancourt ?

Oui ! Jouer au Carré Bellefeuille est pour moi un retour aux sources : j’y ai de bons souvenirs à l’époque où la salle s’appelait le TBB dans les années 80 avec ma compagnie « les Musicomédiens » où j’ai monté des Opéras-Bouffes d’Offenbach et pour l’année Mozart en 90 avec « le voyage de Mozart à Prague. » Dans les mêmes années j’y ai entendu et admiré Manon Landowski dans son tour de chant et cela correspond au début de notre fidèle collaboration sur « les Innocentines ». Il y aura pour elle une émotion toute particulière à retrouver cette salle si proche du conservatoire où elle a étudié et où sa mère était un professeur de piano très réputé. La figure de son père est aussi un symbole très fort pour tous les musiciens français ; c’est à lui que l’on doit auprès de Malraux la création d’un enseignement musical supérieur envié dans le monde qui irrigue tout le territoire national.

Enfin, il faut remercier la direction du Carré d’avoir été le premier partenaire de cette création des Fantasmes, nous avons répété au Carré tout le mois d’août pendant la fermeture estivale dans des conditions idéales de travail. Le lieu nous a porté chance ! Le spectacle a rencontré instantanément son public dès la première en septembre au Théâtre 14 à Paris. Nous attendons avec impatience le public boulonnais dans la joie et l’humour de la poésie Obaldienne.
Fantasmes de demoiselles par Boulogne-Billancourt-tv

[email protected] de Demoiselles samedi 28 janvier 2012 à 20h30 au Carré Belle-Feuille
« Femmes faites ou défaites cherchant l’âme-sœur », de René de Obaldia de l’Académie française
Avec Laurent Conoir, Pierre Jacquemont, Brigitte Faure et Manon Landowski accompagnés par Thierry Boulanger au piano et Stéphane Puc à l’accordéon, guitare et percussions.
Adaptation et Mise en Scène Pierre Jacquemont
Musique Lionel Privat.
Chorégraphie et collaboration artistique Sonia Enquin

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