Dimanche 20 septembre a eu lieu Créagames, la remise des prix du Concours international de créateurs de jeux de société de Boulogne-Billancourt initié par le CNJ il y a 34 ans. Quatre jeux extraordinaires ont reçu le prestigieux prix.

Créagames 2015 : une très grande édition

Un rayonnement international

Chaque année, le Centre national du Jeu organise un concours de créateurs parmi les plus cotés au monde. La plupart des prototypes distingués au cours de cette compétition sont édités par la suite et connaissent une distribution internationale. Au cours d’un événement dédié, Créagames, quatre jeux sont distingués.

Le maire, Pierre-Christophe Baguet, accompagné de Ségolène Missoffe et Claude Rocher, félicite les lauréats

Le maire, Pierre-Christophe Baguet, accompagné de Ségolène Missoffe et Claude Rocher, félicite les lauréats

Pour sa 34ème édition, le concours a attiré 106 candidats – « de 11 à 70 ans et de 11 nationalités différentes » a précisé Erwan Berthou, responsable du concours – inscrits en l’espace de 8 jours. Après une pré-sélection drastique par une équipe de testeurs, ces passionnés capables de reconnaître au premier coup de dés le jeu original, dix prototypes ont atteint la finale, dont quatre jeux étrangers (Australie, Belgique, Brésil, Italie).
L’attractivité et le rayonnement du concours se confirment donc d’année en année, à la grande satisfaction du CNJ et de ses partenaires, au premier rang desquels la ville de Boulogne-Billancourt. « Boulogne est une ville-monde, » a déclaré le maire, Pierre-Christophe Baguet, venu récompenser les lauréats, avant de souligner l’importance du jeu à tous les âges de la vie : « En jouant on apprend à se connaître soi-même et à connaître les autres. On apprend à respecter des règles, qui sont au fondement du vivre-ensemble. Le jeu est aussi un vecteur d’imagination, de créativité et d’innovation pour tous » a-t-il affirmé, en félicitant Marine Granger, directrice du CNJ et instigatrice du concours, pour sa perspicacité.

Une compétition serrée

Un jury d’experts a testé les 10 jeux finalistes. « Ils ont pris leur pied en jouant, c’est bon signe ! » commentait Marine Granger, avant la proclamation des résultats.
Et de fait, les huit jurés, représentatifs du monde du jeu (presse, illustration, création, enseignement, commerce, centres ludiques), ont eu du mal à trancher. Marilyne Aquino, Frédérique Bédouin, Farid Ben Salem, Lucie-Marie Chapuis, David Denis, Philippe Keyaerts, Martin Vidberg et Tom Werneck ont évalué les jeux trois jours durant. « Ça a été un week-end formidable, et pour le jury, il n’y a pas eu d’évidence » a témoigné Farid Ben Salem, Game designer et enseignant Game Design.
« Sur l’ensemble, il y avait une trentaine de jeux vraiment très bons » confiait Erwan Berthou, « mais la loi du concours nous a contraints à n’en retenir que dix pour la finale. »

Marine Granger, Erwan Berthou et Antoine Sarrasin, du CNJ, encadrent les finalistes, qui ont le jury à leurs pieds...

Marine Granger, Erwan Berthou et Antoine Sarrazin, du CNJ, encadrent les finalistes, qui ont le jury à leurs pieds…

Les jeux lauréats

Cette grande qualité se doublait d’une variété des mécanismes et des propositions tout à fait réjouissante.

Les lauréats et le jury

Les lauréats et le jury

Ainsi, le Jeu du 13, créé par Alain Patat, directeur de MJC dans le civil et qui n’en revenait pas : « Un jeu auquel on peut jouer avec plaisir avec des personnes aux compétences très inégales » a expliqué Farid Ben Salem. Un jeu de société qui s’inspire… de la pétanque, et repose sur l’adresse et la stratégie. Ce sont les jeunes pour qui il l’avait créé qui ont poussé Alain Patat à concourir.
Autre lauréat, Matthieu Lanvin, créateur confirmé, qui présentait cette année le Space Odysheep, un jeu de plateau où l’enjeu consiste à mener des moutons de l’espace à bon port. « Le jeu n’est pas encore parfait, il reste à préciser le lien entre le mécanisme et le public ciblé, mais il apporte un nouvel accent à sa catégorie » a estimé Tom Werneck, auteur de jeux de société et cofondateur du Spiel en Allemagne.

Les quatre jeux primés, de gauche à droite : Space Odysheep, Chicago, Bulbe et le Jeu du 13

Les quatre jeux primés, de gauche à droite : Space Odysheep, Chicago, Bulbe et le Jeu du 13

Le troisième jeu primé, Bulbe, se classe dans la catégorie des jeux abstraits. Conçu par Fabien Tanguy, il consiste à dépouiller l’adversaire de son stock de boules prises dans un bulbe de verre, le tout sur un plateau en bois assez évocateur… Le créateur a d’ailleurs rendu hommage à l’éditeur Gigamic, dont les jeux abstraits l’ont toujours inspiré. « C’est un jeu aux mécanismes inattendus, qui sert une réflexion vraiment surprenante » a salué Martin Vidberg, dessinateur de presse et auteur de BD.
Enfin, si le dernier jeu primé s’inscrivait dans un imaginaire très concret – la Prohibition dans les années 30 -, Chicago c’est son nom, de l’Australien Phil Walker Harding conjugue le charme de ses références et « un mécanisme très épuré, sans aucune perte de temps dans les règles du jeu » a estimé David Denis, directeur de la Maison pour tous de Rivery.

Palmares

Palmares

On a quant à nous aussi beaucoup aimé Palmares, du Brésilien Rodrigo Rego. Pour son premier jeu, ce jeune créateur s’est plongé dans l’histoire du Brésil et plus précisément de la cité marronne de Palmares, où durant deux siècles les esclaves fugitifs ont trouvé refuge. Plusieurs fois assaillie et détruite, Palmares s’est toujours reconstituée, tant était forte la conviction des marrons, rappelée en exergue du jeu : « Seuls ceux qui ont peur de la mort restent des esclaves. » Combinant l’action simultanée, une part d’enchères à l’aveugle et une part de coopération entre joueurs, Palmares vous met dans la peau d’un chef marron qui doit préserver son village. L’auteur s’en explique dans cette vidéo enregistrée pour le concours.

Un concours soutenu par les éditeurs

Des visiteurs essaient l'un des prototypes

Des visiteurs essaient l’un des prototypes

Le président du CNJ, Antoine Sarrazin, l’a rappelé : les temps sont durs. Il a remercié le maire de Boulogne-Billancourt de continuer à soutenir, dans un contexte financier difficile, ce prestigieux concours de créateurs. Et le maire s’est joint à lui pour remercier les éditeurs de jeux, présents lors de la remise des prix, qui soutiennent également le concours : Asmodée, Cocktail Games, Days of Wonder, Funforge, Gigamic,Iello, Libellud, Ludonaute et Matagot.

Cette année encore, Créagames était largement ouvert aux visiteurs, qui ont pu essayer les prototypes, échanger avec les créateurs, jouer à des jeux nouvellement édités et même créer des jeux lors d’ateliers animés par des pros. Ne manquez pas cette manifestation l’an prochain !