Le temps de partir -Xavier Devaud -encre sur papier 2010

Nef de l’espace Landoswki. Les portes s’ouvrent et se ferment. Certains viennent à la bibliothèque, d’autres au café ou au musée. D’autres encore traversent pour ne pas avoir froid. J’en fais partie. J’ai pris l’habitude de traverser ce hall imposant pour me réchauffer et surtout m’offrir ce plaisir de découvrir les artistes qui y sont exposés ;
Xavier Devaud ,
aujourd’hui, je découvre une âme, un homme, un enfant, un Autre. Un peintre. En m’approchant de ses dessins et de ses peintures, j’entre dans son univers, son monde : le sien, le mien, le nôtre.
Il dessine des corps. Des personnages, des histoires, des regards. Son trait est un est fil tendu entre lui et nous. Un fil sur lequel il marche comme un funambule. Un fil pour ne pas se perdre. Un trait pour dire qui il est, qui nous sommes, qui nous essayons d’être, qui nous devenons malgré nous.
Les corps se lient, s’étirent, se fondent. Comme si chaque personnage devait naître et renaître à l’infini. Comme une séquence de cinéma passée au ralenti, ou chaque mouvement se détache. Ici seul son trait décide. Xavier Devaud plonge dans nos doutes, nos errances, notre quête d’être et de devenir. Les corps communiquent. Ou ne communiquent pas. Il leur donne leur chance. Joue. Se cache. Revient dans la lumière. Comme un jeu de miroir avec nos vies. Un jeu des apparences.
Comme un psychanalyste écoute, analyse, reformule, plonge dans l’abime des êtres, le trait de Xavier Devaud révèle sur la feuille blanche ou sur la toile les méandres du moi. L’infiniment grand côtoie l’infiniment petit. La fusion. La peur. La solitude.
Comme un papillon, Xavier Devaud tourne autour de ses toiles et de ses dessins.

Genèse Xavier Devaud huile

Xavier Devaud sonde le regard que portent les autres sur sa création. Fine silhouette noire, joyeuse, sautillante. Il regarde les autres décrypter ce qu’il révèle sur lui et sur eux.
Puis vient l’heure de l’improvisation, du plaisir de créer devant ce « public ». Comme sur une scène de théâtre. Accompagné d’un slameur, d’une soprano ou d’un chanteur africain, il dessine, avec précision et rapidité, une nouvelle fresque de personnages qui devant nous naissent et déjà tâtonnent, s’émeuvent, se cherchent et se fondent.

Bio express

Xavier Devaud

Xavier est né à Paris en septembre 1971 et passe son enfance à Boulogne-Billancourt. Fils unique, il se passionne pour le dessin dès l’âge de dix ans. A quatorze ans, il suit ses premiers cours de dessin au centre culturel George-Gorse à Boulogne et y apprend le dessin académique. Il ne quittera plus ses pinceaux et ses crayons. Autodidacte, il n’a de cesse d’apprendre, passe des heures entières au Louvre à faire des croquis, et petit à petit s’initie, auprès de peintres, aux différentes techniques dont celle du glacis. A vingt ans, il se tourne vers le théâtre et la danse. L’enfance s’éloigne, mais Xavier reste proche de cet univers. En enseignant le théâtre à des enfants de primaire ou en s’occupant de jeunes enfants pour Solidarité Enfants Sida. De cette dernière expérience souvent violente où il côtoie la misère et la mort, Xavier garde à la fois une écoute de l’autre et une blessure qui – peut-être, le guide vers un art où le corps se révèle et nous révèle.
Si ses maitres sont Raphaël, Goya, Le Caravage ou Greco, Xavier Devaud se sent proche de l’univers d’Egon Schiele ou de Francis Bacon. « Je peins pour me rencontrer moi-même et pour rencontrer l’autre. » Travail sur soi, sur l’autre, sur la solitude. Avec ses pinceaux ou avec ses doigts, Xavier travaille la matière sur des toiles souvent monumentales. Ses préférées, Exil IV, qu’il aime pour son intensité, ou encore Roussalka, portrait de femme.

Roussalka Xavier Devaud - huile sur toile 2009

Après une première exposition à Sancerre en 2009, Xavier expose en mars 2010 au Salon du dessin contemporain de Paris « Chic dessin » et après l’actuelle exposition à l’espace Landowski (jusqu’au 13 mars), il exposera à la galerie Libertine de Bruxelles (du 14 avril au 8 mai).

Exposition Xavier Devaud
Peinture et dessin
Jusqu’au, 13 mars 2011
Nef de l’espace Landowski, entrée libre.
Du lundi au dimanche de 8h à 21h
Performances dimanche 6 février à 16h et mercredi 23 février à 16h.
28, avenue André-Morizet
92100 Boulogne-Billancourt

M° Marcel-Sembat (ligne 9)

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