Lors du dernier conseil municipal, Gauthier Mougin, maire-adjoint à l’urbanisme, a présenté le détail d’une grosse opération d’aménagement, autour du marché de Billancourt.

Monsieur Mougin a expliqué que le quartier Billancourt-Glacières, qui concentre de nombreux équipements et activités (Marché, Piscine-patinoire, square des Dominicaines, parc des Glacières, collège du Vieux Pont…), est également le point nodal entre la Ville telle que nous la connaissons et le nouveau quartier aménagé sur les terrains Renault. L’enjeu est donc lourd, puisqu’il s’agit d’assurer une articulation harmonieuse entre ce quartier dernier-cri et celui de Billancourt-Glacières, dans un espace qui devrait par ailleurs connaître de grands changements : le transfert du collège du Vieux Pont au nouvel établissement de l’avenue Edouard Vaillant va libérer un terrain considérable, tandis que l’arrivée de plusieurs milliers de nouveaux habitants appelle naturellement un développement des équipements sportifs et scolaires.

Périmètre placé en sursis à statuer par délibération du Conseil municipal du 12/11/09

Périmètre placé en sursis à statuer par délibération du Conseil municipal du 12/11/09

En bleu : le périmètre de sursis à statuer.

1 : L’emplacement du marché de Billancourt

2 : Le parc des Glacières, qui longe la piscine-patinoire, s’étend sur plus de 2 ha. Il abrite un terrain de football et des courts de tennis.

3 : Le square des Dominicaines accueille un pigeonnier…

4 : Le collège du Vieux Pont sera désaffecté à l’ouverture du nouvel établissement, avenue Edouard Vaillant. Son terrain sera alors restitué à la Ville par le Conseil Général.

5 : La piscine

6 : La patinoire

C’est probablement l’un des chantiers les plus importants des prochaines années pour Boulogne Billancourt en termes de reconfiguration urbaine, avec 6 objectifs très ambitieux :

  1. « Valoriser l’image du quartier » et l’intégrer au mieux à son environnement : le nouveau Billancourt bâti sur les terrains Renault et les axes Jaurès/Leclerc
  2. Réorganiser le schéma d’ensemble des espaces verts, qui encadrent les équipements sportifs
  3. « Accompagner le développement du marché de Billancourt, renforcer sa fonctionnalité, améliorer son image et repenser le stationnement à ses abords tout en assurant la pérennité du commerce environnant »
  4. Aménager le terrain libéré par le collège du Vieux Pont de Sèvres
  5. Essayer d’augmenter la capacité d’accueil des équipements sportifs existants, afin de répondre aux besoins de la nouvelle population.
  6. Repenser l’espace public pour le rendre plus cohérent et plus accueillant et « réorganiser le foncier afin d’en permettre la valorisation éventuelle ».

Pour venir à bout de tout cela, la Ville compte faire appel à trois équipes d’architectes-urbanistes, qui travailleront sur le même cahier des charges : à partir d’un diagnostic commun, chacune devra proposer son propre projet. En parallèle, il est prévu de consulter « l’ensemble des acteurs intéressés par l’aménagement du quartier ». Si Monsieur Mougin n’a pas détaillé ce dernier point, on peut imaginer qu’il faisait entre autres référence aux riverains et aux commerçants du marché de Billancourt.
Durant la menée de cette étude, le conseil municipal a décidé d’un sursis à statuer sur une partie de la zone (le périmètre tracé en bleu sur le plan ci-dessus) : cela signifie que cette zone est pour le moment « gelée », et qu’aucun permis de construire ou permis de réaliser des travaux susceptible de gêner la réalisation du futur aménagement ne sera accordé. Comme l’a rappelé Gauthier Mougin, en vertu de l’article L111-10 du code de l’Urbanisme, cette mesure de sursis est valable 10 ans. Si au bout de ce délai l’opération d’aménagement qui l’a motivée n’est pas engagée, la mesure de sursis à statuer tombera.

Le débat autour de cette délibération a été vif.

Le marché de Billancourt

Le marché de Billancourt

Le sort du marché de Billancourt a été abordé successivement par Jean-Pierre Fourcade (UPBB) et Jean-Michel Tisseyre (@lternance), tous deux rappelant qu’il s’agit du marché le plus dynamique et le plus fréquenté de la ville, et demandant au maire l’assurance que ce nouveau projet ne lui nuirait pas.

Le maire n’a pas exactement répondu à leurs attentes, mais il a souligné que la réfection du marché était indispensable, compte-tenu de son état de détérioration et par conséquent de son coût d’entretien croissant.

La question du sort du marché de Billancourt en a appelé une autre, de la part de Jean-Michel Tisseyre, sur le devenir du marché de l’avenue Pierre Grenier. Jehan Coquebert de Neuville (adjoint aux affaires économiques) ne s’est pas montré optimiste quant à l’avenir de ce marché qui peine à se maintenir. A noter que le cas du marché Pierre Grenier avait déjà été évoqué lors du conseil municipal de décembre 2008. A l’époque, Fatima Cardetas (UPBB) avait suggéré que le marché Pierre Grenier soit transféré dans une rue adjacente où il serait peut-être plus attractif. Sa proposition, malgré l’intérêt qu’elle avait suscité à l’époque, n’a apparemment pas été retenue.

L’autre objet du débat a porté sur les modalités de l’étude. Marie-Hélène Vouette (@lternance) s’est étonnée que la réflexion sur le schéma d’aménagement ne soit pas confiée à la commission Urbanisme du Conseil Economique et Social (CESL). Le maire lui a répondu que le CESL n’était pas conçu pour ce type de missions, qui requérait un travail de spécialistes. Insatisfait de cette réponse, le groupe @lternance a voté contre la délibération, suscitant l’émoi du maire.

Nous essaierons prochainement d’expliquer quelle est la différence entre « voter contre » et « ne pas prendre part au vote » en séance du Conseil municipal, à l’origine de cet échange assez vif.