Tableau 002 Comment s’assurer que les risques de prêter de l’argent ne sont pas excessifs ?  Comment  évaluer la  solvabilité des emprunteurs de manière objective ? Comment se fier à un produit financier ?  

En obtenant les informations  adéquates.

L’information économique et financière et son traitement jouent donc un rôle essentiel dans le bon   fonctionnement des marchés financiers. Les informations et les analyses fournies doivent être accessibles, fiables et sincères, car elles conditionnent les choix d’investissement et c’est sur ces éléments que les détenteurs de fonds, les épargnants, les banques, les entreprises et les agents économiques en général, décident d’acheter ou de vendre des actions, de privilégier telle ou telle catégorie de placements, de prêter de l’argent…

Si les grandes institutions financières ont de tout temps eu des spécialistes chargés de  l’évaluation des risques, la complexité croissante  des instruments financiers et l’ampleur des prêts ont logiquement débouché sur la création d’agences spécialisées. De producteurs de statistiques et d’études, ces agences ont progressivement été amenées à « noter » les emprunteurs en appréciant le risque de solvabilité financière d’une entreprise, d’un Etat, d’une collectivité locale (communes, départements, régions), d’une opération financière ou encore d’un instrument financier.

Les agences de notation évaluent précisément le risque de non remboursement de ses dettes par  l’émetteur (notation de signature), c’est pourquoi on parle aussi de « qualité de signature », et mesurent le risque attaché aux titres émis par les émetteurs (notation de titres financiers). Même si chaque agence de notation financière possède son propre système de notation, les échelles tant pour les notes à long terme et que pour les notes à court terme sont assez similaires.  Le tableau qui figure à la fin de l’article propose une revue des différentes notes  des trois principales agences.

En améliorant la transparence et la sécurité des marchés de crédit, le rôle des agences de notation est devenu incontournable tant pour les émetteurs que pour les investisseurs. Leurs notations ont un impact important sur la vie financière des grands agents économiques et des conséquences directes sur le coût des emprunts et sur le cours des actions.

Si dans les années 80, on dénombrait 7 agences de notation ; les fusions avaient ramené leur nombre à 3 au milieu des années 90.  Depuis le début des années 2000, pour assurer une meilleure concurrence, la Security and Exchange Cmmission (SEC), qui a un pouvoir de régulation, a « accrédité » de nouvelles agences et elles sont actuellement dix a être agréées aux USA (5 américaines, une canadienne, deux japonaises, une britannique…). Même si le nombre total d’agences de notations financières est de 65, les trois plus anciennes représentent plus de 80 % du  marché du rating, ce sont :

  • Standard & Poor’s*, fondée en 1860 aux Etats-Unis (c’est l’agence  qui note la ville de Boulogne Billancourt)
  • Moody’s, fondée en 1900 auxEtats-Unis,
  • Fitch Ratings, fondée en 1913 aux Etats-Unis, désormais contrôlée par le  Groupe français FIMALAC.

 

Les agences de notation sont des entreprises indépendantes qui ne sont pas soumises à des contrôles. Pendant un demi-siècle, les investisseurs, utilisateurs de notes, versaient des honoraires pour connaître les notations. Désormais, les émetteurs paient la notation des instruments de dettes qu’ils émettent et éventuellement achètent des services supplémentaires aux agences de notation.

Depuis la crise des subprimes, les agences de notation sont au cœur de nombreux débats sur :

  • leur indépendance en matière d’appréciation alors qu’elles sont très souvent rémunérées par ceux qu’elles notent.
  • leur difficulté à évaluer correctement certaines opérations financières de plus en plus complexes.

Elles sont parfois « accusées » de provoquer des difficultés excessives lorsqu’elles abaissent la notation d’une entreprise, ou à l’inverse de trop retarder à l’abaissement de note,  comme dans le cas d’Enron.

Elles portent aussi une part de responsabilité dans la crise actuelle en ayant trop bien noté les opérations financières développées sur les crédits hypothécaires, favorisant une sous-évaluation du risque et la formation d’une bulle spéculative, et en n’assumant pas leur rôle d’avertisseur. Toutes ces raisons ont amené les pouvoirs publics à ébaucher des réformes pour mieux garantir la qualité et l’indépendance de jugement de ceux qui  produisent, traitent et diffusent l’information financière.

Principales notations financières

Moody’s

Standard & Poor’s

Fitch Ratings

Commentaire

Long terme

Court terme

Long terme

Court terme

Long Terme

Court terme

Aaa

P-1

AAA

A-1+

AAA

F1+

Prime. Sécurité maximale.

Aa1

AA+

AA+

High Grade. Qualité haute ou bonne.

Aa2

AA

AA

Aa3

AA-

AA-

A1

A+

A-1

A+

F1

Upper Medium Grade. Qualité moyenne.

A2

A

A

A3

P-2

A-

A-2

A-

F2

Baa1

BBB+

BBB+

Lower Medium Grade. Qualité moyenne inférieure.

Baa2

P-3

BBB

A-3

BBB

F3

Baa3

BBB-

BBB-

Ba1

Not Prime

BB+

B

BB+

B

Non Investment Grade. Spéculatif.

Ba2

BB

BB

Ba3

BB-

BB-

B1

B+

B+

Hautement spéculatif.

B2

B

B

B3

B-

B-

Caa

CCC+

C

CCC

C

Risque substantiel. En mauvaise condition.

Ca

CCC

Extrêmement spéculatif.

C

CCC-

Peut être en défaut.

/

D

D

DDD

D

En défaut.

DD

D

Source Wikipedia

 

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steph

Boulonnais depuis bientôt 35 ans, j'y ai fait venir ma femme qui ne quitterait plus la ville pour un empire. Avec elle nous avons déménagé deux fois à BB et donné le jour à deux enfants, eux aussi boulonnais. et nous venons d'y prendre notre retraite. Conseiller de mon quartier depuis 2003, j'essaye de participer le plus possible à la vie de BB. La rencontre avec mes complices de l'e-bb me permet de vous faire bénéficier de tous nos bons plans et de notre passion pour cette ville. Si vous croisez un homme aux cheveux blancs tiré par un chien encore plus blanc, il y a de forte chance pour que ce soit moi.