der sandmanRien ne laisse supposer quand ce film commence, que le héros Benno, philatéliste professionnel, mélomane, tiré à 4 épingles, pédant, très sûr de lui et de ses choix puisse voir un grain de sable détraquer les rouages bien huilés de son existence !

Soudain, sa vie, ses certitudes, ses goûts et ses dégoûts sont mis à mal par des fuites intempestives de sable ! Benno a l’oreille musicale, il critique sa voisine du dessous, Sandra qui chante, non, hurle,  chaque soir un mauvais tango à tue tête mais qui plonge le héros dans un sommeil où des rêves contradictoires et très doux l’accouplent à cette voisine pourtant honnie. Au réveil, le trouble revient et son lit est rempli de grains de sable. D’ordinaire un homme qui va mal perd du sang, Benno perd du sable, et tente d’endiguer cette hémorragie, sans grand succès…Il n’a de cesse que de cacher ce malaise qui va croissant, et découvre que  son sable possède le pouvoir d’endormir ceux qui le respirent ! Ses rêves sont le positif de son existence vaniteuse et égoïste, et seul ce monde onirique le remet dans un état « normal »où on le voit heureux aux côtés de Sandra qui le comble de sa tendresse, le corps enrobé de celle-ci n’est plus repoussant et sa voix devenue soudain délicieuse, le charment complètement. Mais au réveil où la princesse redevient grenouille, l’hémorragie sableuse recommence.

Malgré toutes ses ruses, « l’ ensableur »   est découvert  mais il endort aussitôt ceux qui le démasquent pour tenter de reprendre sa dignité et son existence bâtie sur du sable et de fausses certitudes. Ne sachant plus à quelle médecine se vouer pour trouver de l’aide, il est seul et désemparé. Seul un charlatan lui donne la clef : le 9 qui résoudrait son problème ! Mais quid de ce 9 ? Il termine asphyxié, étouffé par les monticules de sable, perd ses membres, et sa vie s’enfuit, se dissout ! Jusqu’à ce qu’un dernier rêve lui fasse interpréter la 9ème de Beethoven avec en solo sur le fameux tango en patois zurichois, la finalement jolie Sandra, et Benno reprend corps et vie ! Réconciliation salvatrice de la grenouille et du maestro !

On ne rentre pas forcément dans la logique autodestructrice du héros ! Le schéma manichéen de Benno le bon versus  Benno le mauvais ne convainc pas ! Trop de sable tue le sable ! Ce film se laisse regarder mais le marchand de sable a toutes ses chances de passer chez vous beaucoup  plus tôt que la fin du film !

Essayez cependant de garder un œil ouvert jusqu’à la fin !