Jeudi 12h, 27° à l’ombre, en plein milieu du Trapèze Est, c’est à dire de nulle part ; une grande étendue plane, des véhicules de chantier, et tout au bout, une tente blanche, un grand trou et des grues. C’est là ! Là que demain s’élèvera une petit immeuble dédié à des adultes présentant un handicap mental, un immeuble conçu pour eux, pour qu’ils vivent en ville, comme vous, comme moi, avec les autres.

Ça a l’air de rien … 35 places .. et c’est énorme ; le résultat de 15 ans de travail, de volonté sans faille, d’efforts soutenus de tous les acteurs : Conseil régional, Ville, Département, Associations associées entre elles … pour 35 places ! Je suis à la fois émerveillée par l’énergie mise en œuvre pour la cause et désarçonnée par le nombre – 35 personnes, c’est si peu en soi et cela semble tant pour toutes ces personnes.

Le handicap mental peut permettre de vivre une vie sociale, de travailler, de voter. C’est une affaire d’organisation et de moyens mis en oeuvre pour arriver au résultat : vivre seul est impossible, vivre en groupe organisé par des professionnels est possible et souhaitable. Le petit immeuble sera conçu pour permettre cela : une vie en groupe pour tout ce qui fait le quotidien, une intimité dans les chambres aménageables à son goût et un encadrement permettant de sortir et de participer à la vie de la ville.

Signataires attendus

Signataires attendus

« Une fondation de cœur et de pierre », c’est par cette jolie expression que Madame La Farge, présidente de l’association Les Papillons Blancs des Rives de Seine a commencé son discours ; elle a ensuite parlé du handicap mental, de la formidable solidarité rencontrée tout au long de ces quinze longues années, du bonheur qu’il y avait à aboutir, là, maintenant, pour commencer à ériger sur de solides fondations. Les hommes politiques en vue – Messieurs Baguet, Devedjian, Santini, … – se sont exprimés à la tribune à sa suite, puis tous ont rejoint le lieu de la cérémonie de la pose de la première pierre. D’un côté les casques de chantier et une table pour signer le document qui sera enfermé dans un rouleau de cuivre et scellé dans la maçonnerie du bâtiment ; de l’autre un petit muret symbolique, une bassine pleine de ciment, une truelle. Au-dessus une tente pour protéger du soleil et derrière, le trou creusé pour les fondations. L’un après l’autre, les officiels ont pris la truelle, enfoui un peu plus le rouleau contenant les signatures. Un sourire, une plaisanterie, de la camaraderie, quelques photos, et l’affaire est jouée.

Ce projet confortera la présence des Papillons Blancs déjà bien implantés sur le territoire de GPSO mais sans répondre encore à toutes les demandes. Le budget d’investissement de 9, 5M€ issu d’une volonté consensuelle des décideurs est partagé par l’Etat, les promoteurs, l’ Immobilière 3F, la Région. La ville de Boulogne-Billancourt intervient pour la somme de 500 000 € et le Département qui s’engage à hauteur de 800 000 € apportera également son soutien au budget de fonctionnement global de 2,15 M€ dès l‘inauguration prévue en 2014.

Pierre Deniziot, conseiller municipal délégué »Handicap, Dépendance et Accessibilité », ne quitte pas un grand sourire ; ce projet lui tenait très à cœur et il l’a vu aboutir. Une très bonne chose de faite – et le plaisir de la partager, avec tous ceux qui ont œuvré pour que cela se réalise.

Dans 2 ans, des personnes emménageront ; elles seront choisies par l’association et viendront des Hauts de Seine. Et elles vivront dans la ville, comme vous, comme moi, tout simplement.