Le 21 mai dernier, le jury s’est réuni pour sélectionner les cabinets d’architecture candidats pour l’édification du futur lycée, place Jules Guesde. 5 équipes, sur 259 participantes, ont été retenues pour cette première phase.

C’est un petit lycée qui ouvrira ses portes sur la place Jules Guesde, à la rentrée 2017. Il sera en effet d’une capacité d’accueil de 800 places, bien loin des établissements de 1200 places que la Région construit actuellement. « Ceci est dû à l’exiguïté de la parcelle » explique Judith Shan, conseillère régionale PS.
En effet, le lycée aura une surface au sol de 4 700m², deux parcelles adjacentes qui auraient dû lui être adjointes étant finalement destinées, l’une à une pépinière d’entreprises, l’autre à du logement aidé. En conséquence, le bâtiment devrait s’élever sur 5 étages, et avoir une cour très réduite.

La sauvegarde du patrimoine architectural

Cette contrainte spatiale n’est pas la seule : les équipements sportifs boulonnais étant saturés, le Conseil Régional prend également à sa charge l’édification d’un gymnase sur le site. Dernier élément, et non des moindres : pour une fois, le patrimoine architectural de la ville est pris en compte ! La fameuse porte d’entrée des usines Renault place Jules Guesde, aujourd’hui étayée comme un décor de théâtre, marquera désormais l’entrée du lycée.

La place Jules Guesde du temps des usines sera bientôt le lieu de rendez-vous des lycéens, sous l'égide du majestueux portique

La place Jules Guesde du temps des usines sera bientôt le lieu de rendez-vous des lycéens, sous l’égide du majestueux portique

Sur 246 candidatures recevables, 5 équipes ont été autorisées à concourir à la deuxième phase du projet. Un jury de 13 personnes – parmi lesquelles des élus régionaux de toutes tendances, des architectes indépendants, un représentant du rectorat, Judith Shan et Gauthier Mougin, maire-adjoint à l’Urbanisme -, a retenu les cabinets suivants :

  • François Leclerc, déjà en charge de la révision générale du PLU de la ville, et par ailleurs architecte du lycée Jean Moulin à Rosny-sous-Bois (93) et du lycée Guillaume Apollinaire à Thiais (94)
  • Atelier 2/3/4 Pierre Bolze, connu à Boulogne-Billancourt pour le groupe scolaire Maître Jacques – déjà en espace contraint ! – et par ailleurs architecte du lycée International de Noisy-le-Grand (étude en cours)
  • Rudy Ricciotti, qui a conçu le nouveau stade Jean Bouin, mais  pas encore de lycée en Ile de France
  • Bruno Mader
  •  Mikou Design Studio

Le sacrifice de la filière L

En termes de programmation, les 21 classes devraient offrir les options suivantes : des formations générales de second cycle préparant au BAC (S option SVT, sciences de l’ingénieur et ES), 2 baccalauréats technologiques (sciences physiques et chimiques de laboratoire, activités de biotechnologies), et une formation post-bac.

Judith Shan, conseillère régionale PS de Boulogne

Judith Shan, conseillère régionale PS de Boulogne

« Sur ce point la Région avait suivi le programme du rectorat en proposant un BTS relié aux classes prépa BCPST de Prévert. Ce programme avait été ensuite modifié à la demande de Madame Pécresse alors Ministre de l’enseignement supérieur, qui appuyait la création de « classes passerelles ». Il est en train d’être redéfini par le rectorat en fonction des besoins de places » précise Judith Shan. Pour mémoire, la classe passerelle, ou CPES, est une année de transition entre le lycée et les études supérieures, ouverte à des bacheliers éligibles à une bourse d’études. Elle est conçue pour conforter leurs bases et leur assurer les meilleures chances de réussite dans la poursuite de leurs études. C’est la nature de cette formation qui a occasionné un long blocage entre le maire, Pierre-Christophe Baguet, et la Région. D’après Judith Shan, un tel retard n’avait pas lieu d’être : « Ce lycée étant de taille très modeste, la question du post-bac n’aurait jamais dû être un élément figeant pour la construction du bâtiment dont le budget d’investissement avait été validé dès 2009. Ce dernier est de 22 875 000 € HT, hors coût du foncier supporté par la Ville. »

Mais, quelle que soit la formation post-bac assurée par le futur lycée, elle se fait au détriment de la première et de la terminale L… Ce qui signifie qu’en l’état, un élève de seconde générale scolarisé dans le secteur et désireux de poursuivre un cursus littéraire devra s’inscrire à Jacques Prévert (pourtant déjà fléché scientifique !) en première !
Une situation qui ne satisfait par la conseillère régionale : « Sur 21 divisions, si une classe est réservée au post bac, en montée pédagogique, cela supprime 2 divisions. Or 19 divisions pour 3 années de lycée c’est 7 classes de seconde et 6 de première et terminale » explique-t-elle. « Je trouve dommage que le manque de place lui ait conféré une vocation scientifique en voulant créer des classes de niveau supérieur, et ne lui permette pas de présenter toutes les séries généralistes pour les lycéens… L’important c’est qu’un lycée accueille prioritairement les lycéens ! »

Le jury se réunira pour une deuxième phase au début de 2015.