Entre l’Assemblée nationale et une réunion publique à Rueil-Malmaison pour… les départementales justement, Thierry Solère, conseiller général sortant, non-candidat à sa réélection et député UMP de Boulogne-Billancourt a bien voulu répondre à nos questions sur les élections de dimanche.

e-bb : Pourquoi ne pas se représenter ?
Thierry Solère : J’ai été 11 ans conseiller général, et je suis vice-président sortant du Conseil général des Hauts de Seine en charge du Développement économique. Député UMP de Boulogne-Billancourt, j’ai voté avec conviction la loi sur le non-cumul des mandats, qui interdira dès 2017 aux parlementaires de faire partie d’un exécutif local (maire / maire-adjoint de commune ou président / vice-président de Conseil départemental ou régional). En ne me représentant pas au Conseil général, je mets donc mes actes en conformité avec mes convictions.

Thierry Solère, vice-président du Conseil Général, ne se représente pas

Thierry Solère, vice-président du Conseil Général, ne se représente pas

Je suis en outre peu convaincu quant au mille-feuilles administratif que la réforme en cours est en train d’épaissir : on rajoute des feuilles à une organisation qui est déjà complexe ! Pensez donc qu’il y a désormais la commune, la communauté d’agglomération, le département, la métropole et la région. C’est intenable : c’est plus coûteux et l’action est moins lisible. C’est normal que les gens ne comprennent pas le rôle dédié à chacun.
Enfin, il y a un combat cette année qui mérite tous les efforts de l’UMP : la reconquête de la Région Ile-de-France aux côtés de Valérie Pécresse pour mettre fin à 17 ans de gestion socialiste calamiteuse.

e-bb : Comment voter pour des représentants dont le mandat n’est pas encore défini par la loi ?
Thierry Solère : C’est une incongruité que nous n’avons cessé de rappeler, au groupe UMP, durant le débat sur la loi NOTRe. Le déconomètre fonctionne à plein tubes au niveau du gouvernement. Nicolas Sarkozy avait mis en place la première moitié d’une réforme avec le conseiller territorial. Le Gouvernement aurait pu se contenter de compléter cette réforme sans esprit partisan ni redécoupage territorial qui frise parfois à l’absurde. C’est ce qu’il a pourtant choisi de faire, et ce sans même tenir un calendrier législatif sérieux. Voilà ce qui explique cette situation qui n’est pas bonne pour la démocratie locale.

e-bb : Une récente analyse des décodeurs du journal Le Monde montre que les départementales, c’est un peu la fête des cumulards. Qu’en pensez-vous ?
Thierry Solère : Le cumul des mandats est un poison de la démocratie française. Tant que nous n’avons pas réglé le problème du mille feuilles administratif, il est logique que les maires et leurs équipes municipales souhaitent être représentés au sein des Conseils départementaux.
Ainsi à Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet et ses adjoints représentent l’UMP à l’occasion de ces élections départementales.

e-bb : Quels sont les enjeux de cette élection pour la commune et ses habitants ?
Thierry Solère : D’abord il y a la compétence sociale. Le Conseil départemental se voit déléguer par l’État la mise en oeuvre de beaucoup de politiques sociales et de versement d’allocations, comme le RSA. C’est un peu le « guichet de proximité » des prestations sociales.

La pause de la première pierre de la cité musicale, en juillet 2014

La pause de la première pierre de la cité musicale, en juillet 2014

Ensuite, il y a l’éducation et la culture, et concernant Boulogne, ces dernières années, j’ai mené avec Patrick Devedjian la rénovation du Collège Bartholdi et choisi d’implanter la Cité Musicale sur l’Ile Seguin. Il y a également le Patrimoine, et je pense que la rénovation et le développement du musée-jardin Albert Kahn, qui devient un lieu touristique majeur du département, illustre bien notre action pour Boulogne-Billancourt.
A l’avenir, le conseil départemental aura tout de même à répondre au besoin d’un cinquième collège pour la ville. Il finalisera les travaux de la Cité Musicale et lancera la rénovation du musée-jardin Albert Kahn.

e-bb : Quels messages souhaitez-vous adresser aux électeurs à 72 heures du premier tour ?
Thierry Solère : D’abord, il ne faut pas s’abstenir !
J’appelle tous les électeurs de Boulogne-Billancourt à voter massivement pour les candidats UMP qui, comme ils l’ont toujours fait au Conseil général des Hauts-de-Seine, ne cèderont pas à la facilité socialiste des hausses d’impôts perpétuelles.

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