Si vous n’avez pas encore lu les faits divers de 1837 qui annonce un crime abominable, vous avez la possibilité de vous rattraper !

Non, il ne s’agit pas de la dernière saison de Bones, ou d’un nouveau numéro d’ « enquête exclusive, » mais bien d’une pièce de théâtre qui a lieu en TOP, en ce moment.

L’affaire de la rue de Lourcine, vaudeville d’Eugène Labiche, ouvre la nouvelle saison du TOP avec brio, tant par sa mise en scène, ses décors que par le jeu brillant des acteurs. Et si l’histoire semble « banale » c’est bien la réflexion autour de la nature humaine qui fait débat.

Une histoire sinistre ?

Le scénario de la pièce est simple. Le personnage principal, Lenglumé, riche financier parisien, se réveille d’une soirée bien arrosée aux côtés d’un parfait inconnu, Mistingue, chef de cuisine. Réfléchissant au trou noir de la nuit précédente, « lacune de leur existence, » l’un réalise avoir perdu un parapluie vert, tandis que l’autre aurait égaré un mouchoir portant ses initiales.

Au moment du déjeuner, Madame Lenglumé lit un fait divers qui ne laisse pas les deux hommes indifférents : une jeune charbonnière a été assassinée rue de Lourcine. Les indices : un parapluie vert et un mouchoir marqué de deux lettres : J.M.

La réaction des deux compères est à découvrir sur scène…

L'affaire de la rue de Lourcine - Crédit photo Aude Rodenbour

L’affaire de la rue de Lourcine – Crédit photo Aude Rodenbour

Une pièce absurde…

Absurde ? Oui, avec ce vaudeville, on est tout à fait dans ce style théâtral du XXème siècle. La caractéristique, dont les figures emblématiques sont Ionesco ou Beckett, est qu’il ne s’agit ni réellement de comique ou de drame.

Ici, on pourrait dire que la mise en scène comique accentue même le sentiment dramatique que l’on porte aux deux personnages principaux, qui s’embourbent dans une situation qu’ils ont créée d’eux-mêmes. S’en dégage une sorte de « pitié » pour ces deux malheureux.

Le fait d’avoir introduit la musique dans la pièce accentue aussi un sentiment de malaise dans le public, lui, témoin d’un malentendu aux proportions croissantes.

On peut aussi qualifier la pièce d’absurde au sens courant du terme pour d’autres raisons émanant du quiproquo de la pièce. Mais pour en juger, il faudra aller la voir…

Un vaudeville à réfléchir

Un vaudeville est une  comédie sans intentions psychologiques ni morales, fondée sur un comique de situations. (Wikipédia)

On retrouve cette définition dans la mise en scène, excellemment montée. Le décor est original et l’eau a toute sa place dans une pièce où l’alcool est omniprésent dès la première scène ! Voilà donc une pièce comique par les situations physiques exprimées sur scène.

Pourtant, si les intentions ne sont peut-être ni psychologiques, ni morales, on assiste tout de même à une satire sociale. La nature humaine est montrée du doigt, et on comprend à quel point les plus gros problèmes sont souvent créés de toute pièce.

Si à l’origine, Eugène Labiche se moque de la bêtise des bourgeois de son époque, il semblerait qu’au delà des statuts sociaux, la problématique reste d’actualité.

Pour conclure, il s’agit là d’une pièce résolument moderne, avec une vraie « patte absurde. » C’est un atout, car le style est bien retranscrit, sans vulgarité. De plus, après l’avoir vue, on peut se vanter de ne jamais avoir vu une pièce comme celle-ci. La richesse de la mise en scène de Yann Dacosta en témoigne. Enfin, c’est l’ambiguïté qui touche : la situation, les actions, les tabous.

Envie d’élucider cette affaire ? L’enquête prend part au TOP, jusqu’au 12 octobre prochain.

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Perrine

Responsable éditorial & social media strategist
Boulogne Billancourt, c'est ma ville de coeur et d'adoption. Amoureuse de son dynamisme, j'aime parcourir ses rues pour découvrir les nouvelles initiatives. Pour l'e-bb, j'interviewe et je teste pour vous ! Retrouvez-moi sur Google +