Tous les deux mois, Marine, Marion et Jonathan organisent un afterwork pour les entrepreneurs boulonnais. L’occasion de se serrer les coudes et de développer son réseau.

Un mercredi soir de fin d’été, en mezzanine du restaurant Ô 2 scènes, au bord de la Seine musicale. Une trentaine de personnes décompressent autour d’un verre après le boulot. L’ambiance est à la franche camaraderie, on passe d’un groupe à l’autre avec la même bonne humeur. Hommes et femmes, trentenaires, quadra ou quinquagénaires, ils ont un point commun : tous sont entrepreneurs à Boulogne-Billancourt.

La variété des entrepreneurs boulonnais

« Ce que ces apéros démontrent, c’est qu’il y a un monde derrière les stéréotypes » commente Jonathan Gotheil, l’un des organisateurs et fondateur de Monsieur J. « Un entrepreneur aujourd’hui n’est pas forcément un startuper, il n’est pas forcément jeune… et ce n’est pas forcément un homme ! » Dans la salle se retrouvent des avocats, des courtiers en travaux, des pros du digital, des communicants, des consultants, des créateurs… 

Un monde en vérité, et une réalité : tous ces entrepreneurs boulonnais ont en partage le même genre de parcours.
Souvent issus du salariat, ils ont eu envie de franchir le pas et de créer leur propre boîte. Pour certains, le raisonnement varie : de jeunes diplômés estiment parfois plus facile de se lancer que de trouver un poste de salarié. Le déclic ? Une lassitude de structure, une idée à défendre et à développer, et surtout le goût du challenge. Parce qu’un entrepreneur, on ne le souligne pas assez, est avant tout quelqu’un… d’entreprenant. 

Entrepreneurs boulonnais

Marion, Marine et Jonathan organisent tous les deux mois un afterwork pour les entrepreneurs boulonnais

Un réseau de proximité

A la tête de son activité, l’aventure commence, faite d’embûches et de chausse-trappes. On peut être un expert dans son métier et se perdre dans les formalités. On peut avoir une volonté de fer, et se trouver tenaillé par le doute. Conçus comme un réseau de proximité, les apéros des entrepreneurs boulonnais permettent à chacun d’échanger expériences, mésaventures et bons tuyaux.

« L’idée m’est venue en janvier dernier » raconte Marine Benady, de Benady Conseil. « J’étais persuadée qu’il y avait un vivier d’entrepreneurs à Boulogne, mais je ne les rencontrais pas. Je me suis dit : ‘Provoquons les choses’. » Un message lancé sur une page Facebook locale et le premier apéro s’organise. C’est un tel succès que les participants en redemandent. Depuis, tous les deux mois, Marine, Jonathan et Marion Chatelard, psychologue à Boulogne, programment une nouvelle rencontre dans un lieu différent.

Le format est plébiscité par les participants, qui prennent plaisir à se retrouver et à développer leur réseau. « Il y a une tendance au local en ce moment, une recherche de communauté. C’est particulièrement vrai pour les entrepreneurs. En ce qui me concerne, je suis heureuse du côté ouvert des Entrepreneurs boulonnais, et de la variété des profils. On y trouve de la proximité, mais aussi de l’entraide : lorsque j’en ai l’occasion, c’est à un participant avec qui j’ai un bon feeling que je ferai appel pour un projet » témoigne Aude Lanier, de Speakid.

Jonathan renchérit : « On se sent moins isolé, mais incidemment, ces rencontres changent aussi notre rapport à la ville. Un entrepreneur travaille beaucoup, il manque de temps pour s’engager dans d’autres activités. Typiquement, c’est ma femme qui m’a signalé le premier apéro, je ne l’avais pas vu passer ! Ces apéros entrepreneurs boulonnais ont donc aussi une dimension humaine. J’y ai trouvé un partenaire de course à pied par exemple… »

Entrepreneurs boulonnais

Courtage en travaux, théâtre d’entreprise, consultant RH, portage salarial, droit des affaires… les profils varient

Un mouvement qui prend de l’ampleur

De rendez-vous en rendez-vous, l’événement se structure. Depuis la rentrée, chaque apéro est marqué par un ou plusieurs pitches, des exposés brefs sur un sujet susceptible d’intéresser tout le monde. Cette fois-là, ça s’annonçait ardu : une obligation légale contraint désormais les sociétés commerciales à déclarer l’identité du bénéficiaire effectif de la société. Et l’échéance est proche : faute d’avoir accompli la démarche au 1er avril prochain, les contrevenants sont passibles de poursuites avec amendes salées… Tous concernés, aucun des participants n’était au courant de cette petite nouveauté. De l’intérêt de compter dans l’assistance les associées de BALV avocats, spécialisées dans l’accompagnement des entreprises !

Les entrepreneurs boulonnais se sont également rapprochés d’un réseau plus vaste, développé dans plusieurs villes de France comme à l’étranger. Gabriel Halioui, ingénieur passionné par entrepreneuriat, représentait ce soir-là les Drink entrepreneurs, un concept proche développé à Paris. Si le format est un peu différent (un apéro par mois, chaque fois dans un arrondissement différent, avec par conséquent un turn-over plus important), l’esprit est le même. « Nous intervenons également dans les écoles pour pousser les jeunes vers l’entreprise » explique-t-il.

Créatifs et enthousiastes, les trois organisateurs des apéros Entrepreneurs boulonnais fourmillent de nouvelles idées. Prenez déjà date : le prochain afterwork est programmé pour le 16 novembre. Rejoignez leur groupe pour les détails.