Jeudi, une délégation norvégienne emmenée par l’ambassadeur et le ministre de l’Alimentation a dégusté chez Cérès 3 variétés de fenalår, un jambon d’agneau séché, et autres produits rares.

Depuis  le siège de Paris par les Vikings en 887, on ne les  voyait plus trop par ici. En fait, ils n’ont pas renoncé à nous conquérir. Ils nous attaquent maintenant par la gourmandise, chez Cérès, dans le passage du 103 Boulevard Jean Jaurès.

La Norvège chez Cérès

Monsieur Jon Georg DALE, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, l’ambassadeur de Norvège en France, Monsieur Rolf Einar FIFE, et la directrice de l’office du tourisme, ont répondu à l’invitation des frères Gkotzaridis, pour une dégustation de fenalår, un jambon d’agneau séché, de pains croustillants norvégiens parfumés et de fromage des chèvres des Iles Lofoten.

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Dégustation au sommet pour le Ministre et l’Ambassadeur

Artémis et Léandros Gkotzaridis, les patrons de Cérès, ont à cœur d’être au plus près des producteurs des denrées présentées dans leur magasin. Près dites-vous ? Avec un fromage des Iles Lofoten ? Eh bien oui, les fermiers, Marielle de Roos et Hugo Vink, étaient venus du cercle polaire avec leur très goûteux fromage.
D’abord, on croirait un fromage banal de Hollande. Ne vous  fiez pas à son aspect bénin !  Artémis le tranche finement, et la lamelle dégage un parfum moelleux qui tapisse le palais. C’est vraiment un chèvre très accentué, à la consistance veloutée. Si vous voulez passer à la ferme, pour des vacances fraîches, saines et sportives, faites un tour sur le site lofoten gardsysteri.

Le fenalår, un produit rare et recherché

Mais, ne nous égarons pas, nous étions venus pour  le fenalår : C’est auprès de « Meat-me » qu’Artemis et Léandros ont trouvé le partenaire qui sélectionne pour eux ces gigots séchés aux goûts inimitables. Cette tradition de mouton séché est repérée par les historiens à partir de 1554 en Norvège. Peut-être des recettes rapportées de leurs aventures en Europe du sud par les Vikings !

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Trois recettes de fenalår proposées par Meat Me chez Cérès

Ce jeudi étaient présentées trois recettes, trois produits, trois goûts très différents, mais une merveilleuse  senteur de mouton, presque de suint. D’abord, jambon au naturel, de Bjorli Fjellmat, salé et séché 9 mois, brut et rugueux des montagnes… Et une variété plus épicée, de Gilde,vieillie pareillement, et enfin, une délicate recette de gigot mariné puis séché, de Tind, plus subtile, discrète et plus longue en bouche, avec une touche de romarin…
Le Fenalår est détaillé en tranches fines dans le magasin, au prix de 15 € les 100g. On peut le consommer sur du pain. J’ai idée, qu’il agrémenterait bien des salades vertes, avec, éventuellement des lamelles de fromage et des rondelles de pommes vertes, ou des salades d’avocats, ou de champignons. Il pourrait être servi avec des œufs brouillés, des asperges, des pommes de terre et des oignons… Les Norvégiens l’agrémentent aussi de leur douce sauce sûre. Une version en sachet sous vide est prévue pour bientôt.

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Des producteurs fiers de pouvoir présenter ces produits dans un établissement français !

Une indication géographique protégée

Une appellation : Indication Géographique Protégée  (IGP) a été récemment définie en Norvège, qui garantit officiellement l’origine des produits qui ont une histoire et une tradition dans leur terroir. Toutes la production de Fenalår de Norvège est ainsi certifiée. Sous l’impulsion du gouvernement norvégien, un consortium de 9 producteurs, présidé par Per Berg (Gilde) s’est fédéré pour promouvoir le Fenalår. Ils ont engagé des investissements pour développer leurs productions et leurs exportations. Et les voici arrivés à Boulogne Billancourt, escortés par les représentants de la nation norvégienne.

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Le pain croustillant norvégien, fort en goût et en texture !

Pour finir, pendant qu’Artémis faisait découvrir quelques saveurs bien françaises au ministre norvégien (foie gras aux figues confites, sauce aux truffes…), j’ai croqué quelques morceaux des pains croustillants au sel de mer, à l’avoine, au seigle et à l’épeautre, au romarin… Ces pains-biscottes ont une très grande présence en bouche, et on les servirait bien simplement vierges de toute garniture, en apéritif.
Dans un premier temps, on redoute que leur saveur musclée ne vampirise les produits qu’on servirait avec… On me prouva que non, que ces « craquantes mosaïques » savaient s’effacer devant plus goûteux qu’elles. Il faut dire que la démonstration me fut faite avec la sauce aux truffes, dont la force et la pénétration sont très exubérantes. Le crunchy et le crousty, avec leurs sonorités sous la dent, sont une part de la culture de ce pays.
Chez les Norvégiens, on allie le croquant et le cru, dans une tradition de naturel et de force… Par opposition au mou et au bouilli des peuples qui se laissent aller à une certaine décadence…

Vraiment, si vous passez devant Cérès, n’hésitez pas à découvrir ces terroirs venus d’ailleurs…

Agnès

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